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Tara se prépare au départ

A quelques semaines du départ de l'expédition Tara Océans, Romain Troublé, le directeur des opérations, revient sur les enjeux de cette mission de trois ans et sur les immenses attentes scientifiques soulevées par ce tour du monde des océans.

Eau  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Tara se prépare au départ
© F.Latreille - Tara Océans
   
Le voilier largue les amarres le 4 septembre. Après près de deux ans de préparation, le projet est fin prêt, l'équipe est sur le départ. Destination : un petit tour du monde des océans pendant 3 ans, avec à bord des scientifiques de tout bord ! C'est que l'aventure est ambitieuse : il s'agit d'étudier les planctons présents dans toutes les eaux du globe, afin de mieux comprendre l'écosystème marin et l'impact du changement climatique, de l'acidification des océans sur cette vie sous marine.
98 % de la biomasse des océans est constituée de micro organismes. On n'en connait pas 10 %. Le plancton a un rôle important, par la photosynthèse. A travers ce processus, l'océan assainit l'atmosphère, il y a un équilibre permanent entre atmosphère et océan. Pourtant on ne connait pas grand-chose de ces échanges. On s'achemine vers une acidification et un réchauffement des océans : quel est l'impact de l'augmentation de la température des océans, de l'augmentation du carbone dans l'atmosphère et les océans ? Notre objectif est de traverser le maximum d'océans et d'accumuler des échantillons pour pouvoir les comparer et comprendre au bout du voyage le fonctionnement des écosystèmes et pouvoir anticiper ce qui se passera plus tard, explique Romain Troublé.
De la Méditerranée à l'océan Arctique, en passant par la mer Rouge, le golfe persique, l'océan Indien, l'Atlantique et le Pacifique, ce sont près de 150.000 km de mer qui vont être parcourus et scrutés de près.

Un intérêt scientifique majeur

Tout une communauté de scientifiques va se relayer à bord de Tara pendant 3 ans. Océanologues, biologistes, microbiologistes, bactériologues… Ces collaborations vont permettre une approche multidisciplinaire. L'enjeu est de comprendre l'écosystème dans son ensemble.
Les attentes sont énormes : les données qui sortiront de ce projet à l'horizon un an, trois ans, dix ans… seront mises à disposition de tous les scientifiques intéressés. Il n'y a pas d'intérêt commercial.
La première année, une cinquantaine de scientifiques du monde entier embarqueront sur le voilier. A chaque escale, les chercheurs embarqués rencontreront les spécialistes des pays abordés.
Des technologies nouvelles et des instruments inédits pour explorer la diversité des formes et des génomes océaniques sont prévues à bord. Les moyens d'études sont exceptionnels et virus, méduses, larves de poissons, coraux… pourront être étudiés dans leur ensemble et surtout dans leurs interactions.
Mais l'aventure est également humaine. L'équipe souhaite sensibiliser le grand public autour d'un projet qui est sur la trace des expéditions du 18è siècle et qui n'existent plus. Alors que de nombreux jeunes se désintéressent de la science, nous voulons montrer la science d'aujourd'hui, loin du rat de laboratoire. Nous voulons aussi intéresser les gens à ce vaste bouillon de culture qu'est la mer.

Un nouveau statut : le fonds de dotation

Depuis, 5 ans, le voilier racheté par Etienne Bourgeois, réalise des expéditions scientifiques en faveur de l'environnement. La dernière en date : 18 mois de dérive sur la banquise.
Tara est devenu, en mai 2009, fonds de dotation, c'est-à-dire une structure à but non lucratif. Ce statut est très utilisé aux Etats-Unis. Il permet de financer la recherche par le privé.
Aujourd'hui, si le financement de la première année d'expédition est quasiment bouclé, les initiateurs du projet cherchent des fonds pour les deux autres années : nous faisons appel à des mécènes. Un club des partenaires a été créé : le club Tara. Les ministères nous suivent à travers des lettres de soutien. Chacun intervient à sa façon… À bon entendeur !

Réactions1 réaction à cet article

 
Si tous les colibris du monde, voulaient de donner

Monsieur Troublé, bonjour,
Professeur de biologie à la Tramontane (Antibes) au départ, je travaille actuellement au Burkina pour le PNUE. Heureusement un mécène aide à ce grand projet de reforestation en lisière du Sahel dont les marges désertiques fluctuent en fonction du climat. Là, le rechauffement de la terre a des effets dramatiques sur la vie des populations, des autochtones autant que les peuples nomades.
C'est une lettre d'encouragement que je vous envoie et espère que vos quêtes de savoir seront couronnées de succès et d'applications rapides.

Un colibri | 30 juillet 2009 à 08h52
 
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