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La dépense pour la protection de l'environnement est repartie à la hausse en 2010

Près de 46 milliards d'euros ont été dépensés en 2010 par l'Etat, les entreprises et les ménages pour les activités de protection de l'environnement. Parmi les secteurs en progression : les EnR, la qualité de l'air, les déchets et la biodiversité.

Gouvernance  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

La dépense liée aux activités de protection de l'environnement était en hausse de 3,1 % en 2010 par rapport à l'année précédente, pour atteindre près de 46 milliards d'euros. "Les dépenses de protection de l'environnement, bien que liées à l'activité économique, ont néanmoins assez bien résisté en 2009, dans un contexte de récession. En 2010, ces dépenses repartent à la hausse, de façon plus marquée que le PIB qui croît de 2,7 %", note le Commissariat général au développement durable (CGDD) dans son rapport annuel sur l'Economie de l'environnement, publié le 16 juillet. La raison ? "Les chocs conjoncturels ont pu être atténués du fait que certaines dépenses soient programmées sur plusieurs années ou contraintes par le calendrier, comme c'est le cas pour la mise aux normes des installations de traitement des eaux usées. Certains programmes pluriannuels et subventions des administrations publiques sont peu dépendants des aléas de l'activité économique", comme les aides des agences de l'eau, la gestion des parcs naturels régionaux ou les subventions pour les achats de produits plus respectueux de l'environnement.

En revanche, les investissements ont connu une baisse de 1,5 %, alors que dans l'ensemble de l'économie nationale, ceux-ci étaient en hausse de 2,5 % en 2010. "Cette baisse de la dépense en capital pour la protection de l'environnement, moins forte que l'année précédente, laisse pourtant penser que les effets de la crise économique pourront être ressentis pendant plusieurs années, malgré la bonne orientation des grands agrégats économiques", analyse le CGDD.

 
Eco-activités : plus de 450.000 emplois en 2010 En 2010, la production des éco-activités a enregistré une hausse de 8,5 % et avoisine 70 milliards d'euros. Cette progression est liée à la reprise des activités de récupération et au boom des énergies renouvelables. L'emploi environnemental a suivi cette tendance (+4,5 %), et représente 452.600 emplois en équivalents temps plein. Cependant, "le marché du travail des métiers environnementaux est moins dynamique qu'il a pu l'être par le passé, le nombre de demandes d'emploi progresse faiblement (0,7 %), celui des offres un peu plus (2,1 %), avec des hausses moins marquées que celles constatées tous métiers confondus".
 

La dépense des  ménages est en hausse de 4,8 % pour atteindre 12,5 milliards d'euros. Le financement des entreprises (16,6 Mds €), bien qu'en hausse de 1,8 %, ralentit par rapport aux années précédentes. Enfin, la dépense des administrations publiques est en hausse de 3,2 % (16,3 Mds €).

Déchets et eau : principaux postes de dépense

Les dépenses de gestion des eaux usées et des déchets restent majoritaires dans les dépenses de protection de l'environnement (60,7 %). Cependant, depuis le début des années 2000, ces deux secteurs voient leur part diminuer.

Pour la gestion des eaux usées, dont les dépenses ont baissé de 0,6 % en 2010, "cette tendance s'explique entre autres par la baisse de la dépense en capital d'assainissement collectif et dans une moindre mesure d'épuration des eaux industrielles".

En revanche, la dépense pour la gestion des déchets a accéléré en 2010 (5,8 %), "sa composante relative aux déchets municipaux, qui en représente presque les deux tiers (60,8 %), augmentant de 6,8 %". Le développement de la collecte sélective, associée à des modes de traitements plus complexes et plus coûteux, expliquerait cette tendance.

Forte hausse également (10,9 %) pour les dépenses de gestion et d'utilisation des ressources naturelles suivies (récupération/recyclage, prélèvement et distribution d'eau), atteignant 18,7 milliards d'euros en 2010. Pour le prélèvement et la distribution d'eau (13 Mds €), "la tendance observée depuis quelques années de diminution des quantités d'eau prélevées et consommées (par les ménages comme par les entreprises) se poursuit, tandis que le prix du service augmente de 3,5 %".

Quant aux activités de récupération, celles-ci ont bénéficié de la relance économique : "Plus que l'évolution des volumes collectés par les récupérateurs, c'est la volatilité des cours des matières premières secondaires et des déchets qui a déterminé les variations de la dépense courante de récupération depuis 2008".

Enfin, la gestion des déchets radioactifs est le domaine pour lequel le moins de dépenses sont réalisées, note le CGDD. "Malgré une progression de 5,7 % en 2010, les montants dépenses représentent moins de 2 % de l'ensemble des dépenses de protection de l'environnement".

Air, climat, énergie : hausse des dépenses

La dépense de protection de l'air augmente de 4,8 %, à un rythme moindre que l'année précédente. La baisse des investissements des entreprises entamée en 2009 s'est poursuivie en 2010, liée notamment à l'aboutissement de la procédure de mise aux normes des installations industrielles classées pour la protection de l'environnement (ICPE). En revanche, les dépenses en faveur des produits adaptés (agrocarburants, ventes de véhicules GPL…) connaissent une forte hausse. "Du point de vue de la protection de l'air, les ménages sont les premiers acquéreurs de produits adaptés et connexes, plus respectueux de l'environnement, tels les chaudières à condensation ou le GPL. Ils réalisent en effet 75,5 % des dépenses associées à l'acquisition de tels produits, en hausse de 22,9 % en 2010".

En 2010, les dépenses en énergies renouvelables ont augmenté de 18,7 % et sont estimées à près de 21 milliards d'euros. "Parmi les évolutions les plus notables, il convient de signaler la très forte progression des dépenses associées à la production d'électricité d'origine photovoltaïque qui font plus que doubler et la baisse des dépenses en pompes à chaleur".

Protection de la nature : l'effet Grenelle

Enfin, les dépenses de protection de la biodiversité et des paysages progressent à un rythme soutenu (6,8 %). "Ce domaine a pu bénéficier du contexte favorable créé par l'année internationale de la biodiversité et la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement qui fixe plusieurs objectifs afin de stopper la perte de la biodiversité à l'horizon 2010", estime le CGDD. Mais les dépenses en R&D, bien qu'en hausse de 2,4 %, progressent moins vite qu'en 2009 (12,2 % cette année-là). "La légère baisse des efforts consentis par les entreprises dans ce domaine est compensée par la hausse de la dépense des administrations publiques qui fait suite aux engagements pris dans le cadre du Grenelle".

La gestion des espaces verts urbains a entraîné une dépense de 3,4 milliards d'euros (+6,2 % depuis 2009).

Enfin, les dépenses de protection des sols et des eaux souterraines restent quant à elles relativement stables (1 %), après avoir chuté en 2009 (-9,5 %). "La reprise des investissements, fortement orientés à la baisse l'année précédente explique cette tendance. Le recul de la dépense courante vient pour l'essentiel de la baisse des transferts (en partie aux agriculteurs) destinés à la prévention des infiltrations polluantes. Le fait que la transition entre anciens et nouveaux dispositifs d'aide de l'Etat soit encore en cours en 2010 justifie ce tassement des dépenses".

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