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Actu-Environnement

Paris : inauguré le 5 décembre, le service Autolib' fait toujours débat

Concurrence aux modes de transport doux ou alternative à la voiture particulière, les avis divergent sur le dispositif d'autopartage Autolib'. Une solution d'effacement est étudiée afin d'éviter que les BlueCars pèsent sur la pointe électrique.

Transport  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
Paris : inauguré le 5 décembre, le service Autolib' fait toujours débat
   

Lundi 5 décembre, 250 BlueCars vont faire leur apparition dans les rues de la capitale et de la couronne parisienne. D'ici fin 2012, ce sont 3.000 véhicules électriques et plus de 1.100 stations de 6 places en moyenne qui seront déployés dans le cadre d'Autolib'. Six cents abonnés auraient déjà été séduits par le concept, selon le groupe Bolloré, choisi en 2010 par les pouvoirs publics pour développer ce projet. Le groupe mise sur 200.000 abonnés à terme.
Mais Autolib' ne fait toujours pas l'unanimité. De nombreuses voix s'élèvent pour dénoncer ce dispositif.

Concurrence aux modes de transport doux…

Dès la naissance du projet, les élus d'Europe écologie-Les Verts (EELV) ont fait part de leurs réticences : ce service pourrait encourager l'usage de la voiture. Si 46 communes franciliennes ont été séduites par Autolib', d'autres ont décidé de ne pas y participer, à l'instar de Montreuil (Seine-Saint-Denis), Champigny (Val-de-Marne) ou encore Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine). La crainte d'un report des transports en commun vers Autolib', les coûts de mise en œuvre de ce service ou encore l'impact environnemental sont avancés pour justifier leur non-participation. De nombreuses communes attendent également d'avoir un retour d'expérience pour se lancer ou non dans ce dispositif.

 
Une concurrence déloyale ? "La mairie se trompe de priorité budgétaire. En effet, pour des usages individuels ponctuels, il existe déjà de nombreuses possibilités : associations d'auto-partage, taxis, loueurs de voitures. Pourquoi la ville vient elle rajouter une offre supplémentaire ? Ceci ne recouvre aucune mission d'intérêt général ou de service public", estiment les Amis de la terre Paris.
L'Union des loueurs professionnels (Ulpro) a d'ailleurs déposé devant le tribunal administratif un recours contre Autolib' pour concurrence déloyale. La Fédération nationale des taxis indépendants (FNTI) réfléchirait également à un recours du même type.
 
Selon les Amis de la Terre Paris, Autolib' "ne favorise pas les transports collectifs et doux et compromet la nécessaire transition énergétique. Alors que Vélib' incitait les Parisiens à changer leurs modes de déplacement, Autolib' conforte l'usage du véhicule individuel".

Pour Claude Bascompte, président de l'association parisienne : "Au lieu d'investir dans ce service, la mairie de Paris devrait s'engager sur le déploiement des vraies alternatives à la voiture individuelle. Seuls la mise en place de transports collectifs performants et l'aménagement de voiries facilitant l'utilisation des modes de déplacements doux permettront de réduire la circulation automobile et lutter contre la pollution atmosphérique". Autolib' bénéficie de 250 millions d'euros de subventions (50.000 € par station) et de prêts publics.

… ou alternative à la voiture particulière ?

Le syndicat mixte Autolib' fait le pari inverse. Il estime que l'offre vient "en complément de l'utilisation des transports collectifs" et vise à terme "une réduction du parc privé d'automobiles de 22.500 véhicules, une libération de 18.000 places de stationnement et une réduction par an de 1.258.740.000 km parcourus soit une réduction annuelle des émissions de CO2 de 261.818 tonnes". Pour François Vauglin, élu PS du XIè arrondissement et conseiller de Paris, "l'arrivée d'Autolib permet de faciliter les déplacements de nos concitoyens tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre et les nuisances sonores, de créer des emplois et de réduire la fracture de mobilité subie par les foyers qui n'ont pas les moyens d'acheter une voiture". Cependant, l'élu parisien a soumis au Conseil de Paris un vœu relatif à la fourniture d'électricité d'Autolib'…

Effacer la consommation électrique des BlueCars

"Alors que l'ensemble des scénarios conjuguant sortie du nucléaire et réduction des émissions des gaz à effet de serre associées à l'énergie font de la réduction de la consommation énergétique un passage incontournable, le projet Autolib' ne participe pas à cette démarche. Au contraire, il encourage et participe au déploiement et à la montée en charge d'une filière industrielle de voitures électriques", regrettent les Amis de la terre Paris.

François Vauglin redoute également que les BlueCars pèsent sur la pointe électrique. Le 8 février dernier, le Conseil de Paris a adopté un vœu que l'élu lui avait soumis, demandant que "soit étudiée la capacité d'effacement des consommations électriques de pointe que pourra procurer le déploiement d'Autolib et des véhicules électriques des particuliers, notamment par stockage et restitution d'électricité par le réseau de batteries, ainsi que les bénéfices économiques et environnementaux potentiels" et que "la Ville demande au syndicat mixte Autolib d'étudier la mise en place d'un tel dispositif". Selon lui, les BlueCars disposent d'une capacité individuelle de stockage de 30 kWh, "leur ensemble constitue donc un potentiel de stockage électrique modeste par rapport aux consommations électriques parisiennes mais la capacité d'effacement peut être non négligeable". Une étude va être mise en place par ErDF, EDF, Bolloré et Autolib' afin d'observer, pendant 6 mois, le comportement des utilisateurs d'Autolib'. L'objectif : cerner les habitudes des franciliens et développer des logiciels de gestion intelligente de recharge des BlueCars. "De nombreuses recherches se penchent sur cette problématique. Une expérimentation à travers Autolib' serait une première  mise en œuvre à l'échelle industrielle de cette solution", se réjouit François Vauglin.

Réactions4 réactions à cet article

 

on croirait presque qu'aucune association de consommateur, de protection de l'environnement n'a été consultée sur ce projet... Encore une arnaque pour faire rentrer des gros sous auprès des industriels ?
Bolloré est loin d'être une société verte... Profit, quand tu nous tient !

Caroline | 02 décembre 2011 à 11h40
 
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Foutaises, combien ça coute au contribuable tout ce cirque ? Et la pollution dans la construction du mobilier et des voitures dans tout ça, elle est de combien ?

Jerome | 02 décembre 2011 à 18h59
 
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Dans diverses villes dans le monde il y a déjà des véhicules électriques et en France par exemple depuis longtemps à La Rochelle, Nice etc et 1 véhicule électrique permet dans la pratique de supprimer de 6 à 8 véhicules. Les transports en commun ne répondent pas systématiquement aux besoins des utilisateurs de ces véhicules, ni à certains trajets, ni à certains horaires (nuit, week-end etc), donc les 2 modes de transports peuvent êtres complémentaires. Les véhicules électriques peuvent être utiles à certaines professions ou situations, là où le transport en commun ne va pas pouvoir s'appliquer. Ces véhicules peuvent être rechargés par des stations solaires etc et être une source de revenus pour les communes. De plus c'est une manière de les tester pleinement en conditions intensives. C'est aussi une vitrine des véhicules électriques. La solution proposée par Blue Car est bien étudiée et si à terme elle permet d'aller au delà des 30 km de l'Ile de France, vue l'autonomie de 250 km des voitures, l'impact environemental n'est pas si mal. Il y a donc, il me semble, plus d'arguments positifs que négatifs à retenir et on ne peut pas dire que les transports en communs sont partout d'une telle qualité qu'il n'y a pas lieu de développer cette offre qui même à terme ne comportera pas tellement de véhicules comparé au parc parisien et qui cedendant pour une bonne part est complémentaire des transports en commun et devrait donc avoir un bilan global favorable comme dans les autres villes

Energie+ | 03 décembre 2011 à 00h09
 
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Comparer les transports en commun de Nice et de Paris !!!
Je vis sur Paris depuis seulement 2 ans et j'ai eu besoin d'une voiture 3 fois !
Entre les bus, les métros, les RER et maintenant les tramways, où a-t-on vraiment besoin d'une voiture ?
Pour ramener des choses lourdes et imposantes ? De plus en plus les magasins proposent des solutions de livraisons ou de locations de camionettes.

En dehors des heures de transports en commun ?
Noctilien et taxis sont disponibles, sans parler des Vélib', partenaires des sorties nocturnes.

Le but est de partager des véhicules pour qu'il y en ait moins ?
L'autopartage, ça ne leur dit rien à la Ville de Paris ?

Oui mais là c'est avec des véhicules électriques. les asso d'autopartage, si vous leur filer autant qu'à bolloré, elles vont en acheter des voitures électriques.

Je ne dis pas que c'est mal (il faut attendre de voir si ils arrivent à effacer la pointe électrique ou pas) mais qu'il y avait certainement bien mieux à faire, à commencer par la concertation avec les assos compétentes, histoire d'explorer le champ des possibles, sans les oeillères habituelles.

Tombour | 08 décembre 2011 à 12h03
 
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