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Journée mondiale de lutte contre la désertification : la terre se dégrade, au Nord comme au Sud

Si les pays du Nord sont loin de connaître la situation catastrophique des pays du Sud, chez eux aussi, les sols se dégradent sous la pression des activités humaines. Or cette ressource est indispensable pour nourrir la planète demain.

Biodiversité  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Journée mondiale de lutte contre la désertification : la terre se dégrade, au Nord comme au Sud
© Daniel BOITEAU
   
Le phénomène n'est pas nouveau. De tout temps, l'activité humaine (déforestation, agriculture, élevage…) a contribué à dégrader les sols, accentuant les phénomènes d'érosion naturelle et modifiant la composition chimique des sols. Les grandes famines des années 80 ont alerté la planète sur cette problématique, avant que celle-ci ne tombe à nouveau aux oubliettes. ''Au bout de dix ans, il y a eu un réel désintérêt pour le sujet. Le nombre de travaux et de chercheurs s'intéressant à ces questions a énormément diminué, analyse Richard Escadafal, président du Comité scientifique français de la désertification. Pourtant, comme pour la lutte contre le changement climatique ou contre l'érosion de la biodiversité, on a besoin de la science pour valider les méthodes à mettre en œuvre et informer les décideurs''.
Aujourd'hui, ''l'aggravation de la crise environnementale remet le sujet au cœur de l'actualité. On prend à nouveau conscience que les terres sont en cours de dégradation et qu'il y a un appauvrissement de leur fertilité, en Afrique mais aussi en Europe. On se rend compte que les terres cultivables sont rares, et la course actuelle pour l'accaparement des terres met en exergue ces enjeux''
. La menace d'un changement climatique global et les signes indicateurs de sécheresses à venir ont rendu plus aiguës encore ces préoccupations. Sécurité alimentaire, phénomènes extrêmes, perte de biodiversité ont en effet tous un dénominateur commun : les sols.

Europe : de la prise de conscience à l'inaction politique

L'Espagne, l'Italie et la Grèce sont classées par les Nations unies et l'Union européenne comme des régions à risque de désertification. Ces régions arides sont en effet plus fragiles que les autres et sont les premières à souffrir des nombreuses pressions, humaines et environnementales. L'irrigation intensive, l'industrialisation, l'agriculture, le tourisme, le climat, avec l'aggravation de phénomènes extrêmes (longues périodes de sécheresses, pluies intenses…), participent à la dégradation de ces sols. L'érosion s'intensifie alors que l'homme a souvent lui même déserté ces régions, abandonnant son rôle de structurateur du paysage. ''Si l'agriculture moderne surexploite les nappes et épuise les sols, pendant longtemps, l'agriculture a entretenu les paysages (cultures en terrasse…) et les écosystèmes cultivés ont rendus de nombreux services environnementaux (filtration de l'eau…)'', explique Richard Escadafal.
La désertification s'ajoute aux autres pressions pesant sur les sols. En Europe, selon France Nature Environnement, 50 % des sols seraient gravement touchés par la contamination, l'érosion, le tassement, l'urbanisation massive ou encore la désertification. La France n'est pas épargnée : 4 millions d'hectares seraient aujourd'hui appauvris par l'érosion.
S'il est difficile d'estimer les dégâts causés, il est aisé de lister la liste des services rendus par les sols en ''bonne santé'' : filtration de l'eau, production agricole, contribution aux écosystèmes… Dégradés, les sols perdent de leur efficacité : les rendements agricoles diminuent ou deviennent nuls, l'eau n'est plus filtrée et s'évapore, ruisselle…
''En Europe, contrairement aux pays africains où la situation est dramatique, ça ne va pas mettre en danger la vie en général. Cependant, la prise de conscience est là et l'Espagne ou la Turquie par exemple font de gros efforts de reboisement''.
Selon le projet européen MEDALUS, le retour à une végétation suffisante pour réduire de façon importante l'érosion des sols peut nécessiter 8 à 10 ans. Quant à l'amélioration du taux de remplissage des nappes phréatiques à la suite de la restauration des sols, elle pourrait demander 40 à 50 ans.
L'urgence écologique est reconnue par tous mais le sol reste encore le seul milieu à ne pas encore être protégé par un texte juridique, ni en droit européen, ni en droit français. Si la Commission européenne a décidé de s'attaquer à cette question en 2006 avec un projet de directive-cadre sur la protection des sols, l'initiative n'a pas abouti, rejetée par certains Etats membres dont la France. Malgré la volonté de la présidence actuelle espagnole de remettre le sujet sur l'agenda politique européen, le projet reste bloqué par une minorité d'Etats membres.

Afrique : les solutions existent mais manquent de soutien politique et financier

La désertification touche plus gravement les terres agricoles du continent africain, déjà constitué aux deux tiers par des déserts ou des terres arides. Pauvreté, mouvements de populations et insécurité alimentaire sont les conséquence dramatiques de ce phénomène qui, selon Richard Escadafal, n'est pas irrémédiable.
''En Afrique, la bonne santé des sols est une question de survie. Des essais à l'échelle locale de lutte contre la désertification ont eu de beaux succès. Il s'agit de relancer l'agriculture vivrière dans les campagnes, d'intensifier les modes de production, d'adapter les techniques, de réorganiser le système agricole et de s'appuyer sur les petits agriculteurs et les femmes, pour qu'ils s'approprient le sujet''.
La lutte contre la désertification souffre avant tout d'un manque d'engagement des politiques, au Nord comme au Sud. ''Il faut une réelle volonté politique et des moyens financiers conséquents pour généraliser ces expériences''.

Alors que 2010 a été désignée année internationale de la biodiversité, la convention des Nations unies sur la lutte contre la désertification a souhaité mettre cette question au coeur de la célébration de la journée internationale de lutte contre la désertification, le 17 juin.

Réactions8 réactions à cet article

 
Quelle action ?

Depuis le temps que l'on en parle. On doit juger au résultat.
Force est de constater que les profits sont plus importants que la vie...
Si c'est si révoltant, pourquoi ne nous révoltons pas?
Arrêtons de pleurnicher et ne cautionnons plus ce que nous ne voulons pas voir.
A qui cela profite-t-il?
Une journée pour se donner bonne conscience! Quelle indécence!
Que représente le marché mondial de l'armement? Conclusion : il n'y aura pas de changement de cap avec les dirigeants actuels, juste une petite journée pour pleurnicher. J'enrage...
François Mary-Vallée

voilaquivoila | 17 juin 2010 à 03h26
 
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L IRRESPONSABILTE ACCRUE DES INDIVIDUS

Il y a encore 50 ans,les hommes vivaient dans les campagnes, leurs lieux de naissance, leur zone d'enracinement...aujourd'hui, notament dans nos pays modernes, la formation et la spécialisation en ont fait "un oiseau léger avec de belles plumes mais sans tête". Il redevient nomades avec d'autres moyens beaucoup plus dangereux et néfastes pour l'environnement. Le citadin dans sa tour d'ivoir et de plus en plus marqué par des débats d'idées stériles et une virtualité accrue...Notre planéte est en effet trés ménacée surtout par le changement climatique qui va accroitre de réelles difficultés et un appauvrissement (voir érosion et dégats du Var)...Mais quelque part, on nous fait une histoire avec quelques habitants de la terre qui courent dérriére un ballon...Pour le reste, demain, on aura tout oublié...L'Homme moderne trés sollicité ressemble étrangement au liévre; "il perd sa mémoire en courant"...

Bertrand | 17 juin 2010 à 08h37
 
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Démographie

La principale cause de la désertification est la pression démographique humaine. Tant que la population humaine augmentera les besoins augmenteront et les dégats aussi. Il devient urgent que l'espèce humaine applique une démographie responsable.

René03 | 17 juin 2010 à 11h04
 
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dégradation et appovisement des sols

bonjour!
ces deux phénomènes connus dans les PAYS du sud et commence à montrer leur bouts du nez en Europe comme il est rappelé ci dessus
pour notre association un déut de solution réside dans le reboisement en Afrique puisque Géographiquement la région est située au Sud de l'europe précisement
en effet si en Europe on connait les innondations et les vents de sable comme cela a été le cas en Afrique (du nord de mémoire d'homme)que l'on se lamente pas si les effets de ces deux phénomènes se propage à grande vitesse en Europe et pas seulement l'Espagne, l'italie etc.
donc la question du reboisement devrait constituer la préoccupation mageure des politiques et des scientifiques pour retenir cette question dans leur programmes A+

DAOUD Alger | 17 juin 2010 à 17h25
 
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protection des sols -enjeu pour l'avenir de tous

En effet,les sols sont pollués depuis très longtemps
par les incessants déversements de nos déchets de toutes les activités humaines,industrielles,agricoles
et domestiques.Pour des raisons de santé-environnement
on est bien conscients que cela ne peut durer,car la
mémoire de cette accumulation que sont les sols n'est pas suffisamment prise en considération! Combien de décharges ,longtemps "sauvages" ont simplement été recouvertes de terre dite propre.
Des règlementations sévères ont été promulgués ,mais
régulièrement des catastrophes non prévues engendrent des pertes de biodiversité et sursaturation des sols se produisent.On essaye de
sauver les nappes ,mais les flux polluants continuent leur migration vers ce qu'on a de plus
précieux,l'EAU! Et pourtant ,les dégats dans le VAR
nous font penser le contraire : l'eau peux tuer si
en abondance ou polluée encore plus. Il est donc vital d'agir pour la protection de tout l'ecosystème.

arthur | 17 juin 2010 à 18h10
 
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Le phénomène de désertification

La désetification progresse particulièrement en Afrique pour deux raisons:
1)Le bois est une source d'énergie tant dans le monde rural que dans les centres urbains. Par conséquent, il y a accroissement de la déforestation.
2)Il n'existe pas de politique de planning familial.
Et partant, les paysans s'accaparent des zones réservées aux forêts afin d'y cultiver.

Ruyange | 18 juin 2010 à 08h17
 
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Les sols ont été des décharges pour déchets

Depuis 1973 jusau'en 2008,les déchets ménagers broyés ont été épandu dans les champs."Le boyage compostage" a été réalisé dans 6 usines en vendée et jusquà 66000T ont été épandu dans champs.sur 2kg de "compost" 900 g de plastiques , rasoirs , brosse à dents, CD, piles..700T sur une exploitation ( 18T de plastique à l'hectare) aux normes NFU 44051 au dire du syndicat mixte..;une analyse envoyée au labo IDAC à Nantes a révélé des taux x 4 à 10 en métaux lourds plus des micropolluants organiques!
La FEVE fédération écocitoyenne de Vendée a porté plainte pour pollution , tromperie sur la marchandise, falsification des produits agricoles.
Nous avons été débouté : " pas de pollution avérée!"
des tracts dient pourtant aux Sables d'Olonne que si vous jetez un sac plastique vous êtes passible d'amendes!
depuis fev 2009 ce procédé est interdit et le "compost" est considéré comme un déchet!
que faire au niveau de ces sols?
Dans le nouveau plan départemental de gestion des déchets ménagers on nous propose 5 usines de Tri mécano Biologique pour trier nos déchets et faire du" compost" qui ira sur les cultures alimentaires
a partir de notre poubelle grise ou les déchets ont séjourné au mions une semaine chez nous voir 4 semaines (si on a un composteur) et tourneront4 jours dans un trommel avec température et humudité.
seule la France et la Catalogne continue cette technique en vue de le mettre sur les cultures§Le sénat est contre ainsi que notre secrétaire d'état...mais la Vendée persiste dans son erreur!

dada | 18 juin 2010 à 08h27
 
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Re:L IRRESPONSABILTE ACCRUE DES INDIVIDUS

cela est d'autant plus vrai quand on interdit aux autochtones de la foret amazonienne de découper les "branchages" habituels pour leurs besoins domestiques parce qu'on a longtemps pratiquer la déforestation dans leur milieu naturel et qu'aujourd'hui on se rend compte non pas pour éviter la désertification mais pour sauver les apparences qu'il serrait peut-être temps d'aller couper ailleurs.

Duchesse | 30 juin 2010 à 11h39
 
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