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“Destisol : vers un outil d'optimisation de l'aménagement urbain”

Le projet de recherche Destisol vise l'élaboration d'une méthodologie pour prendre en compte les potentialités des sols dans la définition des programmes d'urbanisation. Explication de Gérald Fayolle, responsable de pôle sites et sols pollués, pour l'entreprise SCE, à l'initiative du projet.

Interview  |  Aménagement  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
   
“Destisol : vers un outil d'optimisation de l'aménagement urbain”
Gérald Fayolle
Responsable de pôle sites et sols pollués pour l’entreprise SCE
   

Actu-environnement : Quel est l'objectif du projet de recherche Destisol ?

Gérald Fayolle : L'outil Destisol, comme destinée des sols, sera dédié aux aménageurs. L'objectif est de les aider dans leur réflexion en matière de programmation urbaine sur des friches industrielles afin d'intégrer au mieux les éléments de développement durable liés aux sols et de faciliter la réalisation du projet sur les plans technique, réglementaire et financier.

Aujourd'hui, les architectes et urbanistes, qui veulent reconvertir ou réhabiliter une friche urbaine, intègrent dans leurs plans de composition urbaine, des données plutôt sociales : des besoins de mobilités, d'urbanisme etc. Ils ne prennent pas en considération les contraintes liées aux différentes composantes du sol : par exemple, la portance du sol, l'aspect de la biodiversité du sol, la filtration… Ces éléments sont intégrés dans les projets d'aménagement beaucoup plus tard, une fois que la programmation a été réalisée et acceptée. C'est seulement lorsque tout a été validé, notamment par les élus, que nous commençons à lancer les études techniques. A ce moment, nous pouvons nous rendre compte finalement que sur la zone où nous avions prévu de placer un parking, le terrain présente une belle biodiversité, qui aurait pu être valorisée dans le cadre d'une trame verte (parc) ou inversement l'emplacement prévu pour la crèche s'avère très pollué, sa construction n'est pas possible ou avec des coûts de dépollution très importants… L'objectif de cet outil est d'aider les professionnels à intégrer certains paramètres liés au sol très en amont de la programmation urbaine.

Dans l'ingénierie, nous disposons de beaucoup de spécialistes par domaine d'activité (environnement, géotechnique, risques sanitaires, hydraulique, paysage, énergie…). Ce qui manque aujourd'hui en France, ce sont des outils qui permettent aux maîtres d'ouvrage de synthétiser l'ensemble de ces données complexes dans une approche globale et de façon intégrée le plus en amont possible des projets.

AE : Concrètement, comment l'outil pourrait se mettre en place ?

GF : L'outil sera un guide reposant sur une méthodologie avec quelques tests préalables qui permettront à l'aménageur de tenir compte des principales fonctions et spécificités du sol afin de les intégrer dans ses démarches de programmation urbaine.

Il ne lèvera pas tous les doutes mais participera à une bonne compréhension, une bonne intégration des potentialités des sols.

Nous travaillons sur ce projet avec le Cerema, qui évalue les besoins des urbanistes en matière de programmation urbaine et l'Inra qui sera chargé de trouver des indicateurs pour évaluer rapidement un état du sol sur une friche industrielle. L'établissement public d'aménagement du Mantois Seine Aval (Epamsa) et l'établissement public foncier de Bretagne (EPF de Bretagne) participent également à ce projet apportant leur vision opérationnelle et des sites d'expérimentation.

Nous allons ensuite rassembler ces travaux et réaliser une matrice croisée pour sortir des indicateurs simples et fonctionnels, adaptés aux réflexions des aménageurs.

AE : Où en est le projet aujourd'hui ?

GF : Le projet de recherche est financé par l'Ademe dans le cadre de l'appel à projet Gesipol. Il a commencé en mai 2014. Pour l'instant, nous réalisons un état de l'art des fonctions et services éco-systémiques rendus par les sols ainsi que des indicateurs existants. L'Inra devrait publier d'ici mars ses premiers résultats. Le guide devrait aboutir d'ici un an à un an et demi.

Nous testerons notre méthode sur deux sites qui sont gérés de manière différente par deux acteurs : l'un par l'établissement public d'aménagement du Mantois Seine-Aval, qui a racheté le site et réalise l'ensemble de l'aménagement, et le second, l'établissement public foncier de Bretagne, qui a acquis la friche, la déconstruit, la dépollue et la revend ensuite.

Nous tenions à avoir, dans le cadre de ce projet, ces deux types de partenaires car leurs exigences ne sont pas les mêmes. Or, notre outil devra s'adapter à ces différentes attentes en matière de gestion foncière.

AE : Quelles difficultés rencontrez-vous dans le choix des indicateurs ?

GF : Il existe une multitude d'indicateurs et nous devons être vigilants dans notre choix. Pour l'instant, nous ne nous sommes pas donnés de limites : nous avons voulu faire un état de l'art exhaustif de ce qui existait. Nous les sélectionnerons en mettant en face à la fois les techniciens, les chercheurs, l'Inra et les opérationnels et en confrontant les points de vue de chacun.

AE : Quelle sera la diffusion de l'outil ?

GF : Comme le Cerema dispose d'une compétence avérée dans la réalisation de guides : ils seront en charge de la diffusion. La forme dépendra de la complexité de l'outil mais nous souhaitons rester relativement simples.

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