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Deux études interrogent la pertinence de la méthode de validation des OGM

Risques  |    |  Dorothée LapercheActu-Environnement.com

"Le principe d'équivalence en substance est caduc, a estimé Christian Velot, président du conseil scientifique du Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique (Criigen), lors d'une rencontre organisée par l'association.
Ce concept est aujourd'hui utilisé pour valider et considérer comme sûrs des aliments OGM. L'idée est de comparer la composition des produits modifiés et produits traditionnels et de s'assurer que les variations observées ne dépassent pas celles retrouvées naturellement.
"Nous avons voulu démontrer les carences de ce principe car il ne prend en compte ni les conséquences de modifications métaboliques induites par la manipulation génétique, ni les résidus de pesticides", a pointé Christian Velot.

Des profils moléculaires différents

Pour cela, les scientifiques ont comparé les profils moléculaires d'un maïs OGM résistant au pesticide Round up et d'une plante traditionnelle. "La composition est différente, note Robin Mesnage auteur de l'étude. Certaines molécules comme la cadavérine et la putrescine ont des concentrations de 4 à 28 fois supérieures dans les OGM par rapport à des plantes non modifiées".
Toutefois, selon d'autres publications l'explication de la présence de ces composés ne serait pas encore tranchée. "Des études antérieures suggèrent que la cadavérine joue un rôle dans la réponse au stress, elles ont constaté une augmentation de leur contenu suite à l'exposition à la chaleur, à la sécheresse, aux sel et au stress oxydatif, indique une publication de Amy Lynn Jancewicz de l'Université du Wisconsin-Madison. Cependant, les données concernant le rôle de la cadavérine dans la réponse au stress demeurent contradictoires, certains systèmes végétaux montrant une tolérance accrue aux stress en sa présence, tandis que d'autres montrent une sensibilité plus importante".
"Cette technologie [de modification du génome] stresse la plante, suppose Gilles Eric Séralini, membre du conseil scientifique du Criigen. Elle est sur-stimulée pour fabriquer une grande quantité d'une substance nouvelle ".

Des perturbations métaboliques

Le Criigen a également présenté une seconde étude pour laquelle l'équipe a testé une exposition d'un champignon Aspergillus nidulans à des doses diluées de Round up pour lesquelles il n'y a pas d'effet macroscopique. Ils ont toutefois observé des perturbations du métabolisme énergétiques et respiratoire. "De telles perturbations pourraient affecter la composition [des plantes OGM] et ainsi remettre en cause la sécurité sanitaire des aliments [OGM], estime Christian Vélot. Une plante tolérante à un herbicide n'a pas le même vécu que sa contrepartie conventionnelle puisque la première est arrosée de l'herbicide qu'elle peut alors accumuler dans ses cellules. L'équivalence en substance ne tient pas compte des éventuels effets dus à la présence de l'herbicide et de ses résidus".
Reste désormais à réaliser de nouvelles études pour mieux connaître les impacts et les conséquences de ces différences et ces perturbations métaboliques.

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