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Le développement des gaz verts décidera de la dynamique d'emploi dans la filière du gaz

Selon un rapport de l'Opco 2i avec le ministère du Travail, la filière du gaz pourrait compter 401 000 postes en 2030, deux fois plus qu'en 2021, en réduisant les importations et en misant sur le déploiement massif des gaz verts.

Energie  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com
Le développement des gaz verts décidera de la dynamique d'emploi dans la filière du gaz

La filière française du gaz peut presque doubler ses effectifs, si elle mise davantage sur les gaz verts d'ici à 2030. Tel est le message de l'étude prospective menée par l'Opérateur des compétences interindustrielles (Opco 2i) du ministère du Travail, dans le cadre de l'engagement de développement de l'emploi et des compétences (Edec) signé par la filière en septembre 2021. Parue en mai dernier, cette étude se présente à la fois comme un état des lieux de l'emploi dans la filière du gaz et de la chaleur (hors GNL, gaz naturel et GPL) et comme une estimation de son potentiel futur en fonction de trois scénarios prospectifs.

L'Opco 2i recense ainsi 231 400 salariés répartis sur 62 métiers au sein de la filière à la fin de l'année 2021. L'essentiel d'entre eux – dont seulement 18 % sont des femmes – exercent en Île-de-France (26 %) ou en Auvergne-Rhône-Alpes (12 %), au sein de TPE ou de PME (58 % des effectifs). Parmi les cinq maillons de la chaîne de valeur, 77 % des emplois (179 000) concernent l'installation d'équipements chez les particuliers ou l'exploitation et la maintenance de centrales et de sites d'avitaillement. Seulement 4 % des effectifs (9 800) de la filière s'attachent à la production nationale de gaz ou de chaleur, qui, en France, se concentre uniquement sur le biométhane et l'hydrogène. « Le maillon production compte encore peu de salariés en raison du poids relatif des importations de gaz naturel, énonce l'Opco 2i dans son rapport. C'est cependant sur ce maillon que se concentre une grande partie des emplois de demain, en lien avec le développement des solutions vertes et décarbonés. »

Les gaz verts, moteurs d'emplois ?

   
Nombre de postes par maillons de la filière gaz-chaleur, en 2021 et en fonction des scénarios à horizon 2030. © Opco 2i
 
   
Les projections réalisées par l'Opco 2i afin de cerner l'avenir de la filière à l'horizon 2030 se concentrent justement, en grande partie, sur le développement des gaz verts et la réduction des importations. Le scénario tendanciel, intitulé « un avenir en vert ? » et pariant sur 90 000 emplois supplémentaires, mise sur la poursuite des politiques environnementales françaises et européennes actuelles, mais des durées de montage des projets et des mécanismes de soutien tarifaire sont « insuffisants pour inverser un différentiel de prix encore défavorable par rapport aux énergies fossiles ou au nucléaire ». Une réduction de l'importation du gaz naturel de 20 % favorise la production des gaz verts, s'appuyant sur une « progression de l'emploi salarié constante », mais incapable d'une « réelle bascule du modèle énergétique ».

Dans son scénario « une conversion en gris-vert », l'Opco 2i imagine le futur de la filière où la concurrence rude du « tout électrique », notamment par le secteur nucléaire, ralentit la progression des gaz verts et l'émancipation de la France aux importations. Si ces dernières se réduisent de 15 %, la France continue d'importer du gaz naturel et se met même à se fournir en biogaz chez ses voisins. En conséquence, « les débouchés [dans la production de gaz verts] restent encore expérimentaux, parfois par manque de capitaux ou de profils adéquats », et entraînent une augmentation de seulement 30 000 postes d'ici à 2030.

À l'inverse, avec son scénario idéal « accélération verte », l'Opco 2i prévoit un quasi-doublement des effectifs (401 000 au total), avec une multiplication par onze des postes en production et une réduction de 30 % des importations. « Reconnu pour sa flexibilité de stockage et son rôle de soutien à la production d'électricité, le gaz est utilisé comme énergie de transition énergétique, avancent les auteurs du rapport. L'État et les collectivités portent une politique d'indépendance énergétique qui mise sur le gaz vert et renouvelable, ce qui attire les financements. »

Gagner en visibilité pour mieux former

Pour faire de cet avenir optimal une réalité, la filière doit cependant relever un défi majeur : son attractivité. « La filière présente de forts besoins de recrutement à l'horizon 2030, mais doit faire face à un vieillissement des effectifs et à des tensions déjà très fortes sur certains métiers », dont les techniciens de maintenance et les automaticiens que convoitent également d'autres secteurs. S'agissant de l'enjeu de vieillissement de la pyramide des âges, l'Opco 2i estime que 13 % des salariés recensés ont déjà plus de 55 ans en 2021. Pour contrer la vague de départs à la retraite qui s'annonce, le rapport met l'accent sur l'importance de la formation malgré une « offre pléthorique qui manque de lisibilité et ne répond que partiellement aux besoins des entreprises » à l'heure actuelle.

En s'appuyant sur ce rapport, les acteurs de la branche signataires de l'Edec s'engagent désormais à participer, d'une part, à la création d'un « job-board » sous la forme d'un « portail digital permettant une visualisation territoriale de l'ensemble des emplois, des acteurs et des dispositifs de formation ». Ce dispositif s'accompagnera, d'autre part, de la mise en place « d'actions pilotes et territoriales » centrées sur la formation, le recrutement et l'attractivité des métiers de la filière.

Réactions3 réactions à cet article

 

Demain, on rase gratis ! Tous les jolis "emplois verts" de Dame Ségolène, puis de Dame Kosciusko-Morizet (tiens, que devient-elle ?), nous les attendons avec impatience.
Actu-E nous dit que c'est le nucléaire qui bloque le gaz vert. Je veux bien que ce soient des méchants qui veulent ruiner la Planète mais je suis perplexe... Qu'est-ce qui vous fait dire ça ?
(NB : je ne suis pas payé par les "méchants")

Albatros | 21 juin 2022 à 15h43
 
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Bonjour Albatros,

Merci pour votre lecture et votre commentaire. Pour y répondre, je me permets de citer le rapport en question (transmettant l'observation de la filière) :

"Le secteur du nucléaire garde toujours une influence et occupe
beaucoup le débat public, en valorisant son coût
et sa qualité d’énergie décarbonée.
L’instabilité géopolitique de certains pays exportateurs de gaz naturel, en particulier depuis la guerre en Ukraine, met encore plus en avant la filière nucléaire comme outil d’indépendance
énergétique et de souveraineté nationale. La volonté initiale de la France de réduire à 50 % la part du nucléaire dans la production d’électricité à horizon 2025, est reportée après 2035. Les acteurs des énergies fossiles, quant à eux, continuent de mettre en avant les lacunes des filières vertes (tarifs, sous-capacité, etc.)."

Félix Gouty Félix Gouty
21 juin 2022 à 15h48
 
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Merci pour la réponse. Je ne vois pas en quoi ces faits énoncés (sont-ils vrais, selon vous ? ou bien "fakes" ?) retardent le développement du biogaz qui a effectivement quelques lacunes.
Participant à des instances discutant notamment du biogaz, j'ai davantage le sentiment que son développement est freiné par les adeptes des petites installations contre les (méchantes) grandes installations qui ont le défaut d'être industrielles (beurk ! pas glop pas glop !).
En matière d'énergie, la notion d'efficacité est primordiale, la dispersion n'est pas (toujours) efficace pour alimenter sérieusement un réseau consommateur.
Merci encore !

Albatros | 21 juin 2022 à 16h05
 
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