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Éolien terrestre : la Bretagne face au défi de libérer du foncier

Depuis une dizaine d'années, la distance minimale avec les zones d'habitations, conjuguée aux autres contraintes, a largement freiné le développement éolien en Bretagne. Des travaux inédits sont en cours pour libérer du foncier.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Éolien terrestre : la Bretagne face au défi de libérer du foncier

La Bretagne affiche, au 30 septembre 2020, un parc éolien terrestre de plus d'un gigawatt (GW). Avec ses 171 parcs éoliens, la région est la deuxième en termes de gisement de vent et la cinquième française en termes de capacité éolienne installée. Elle représente 6 % du parc national.

Derrière ces données plutôt positives, se cache une autre réalité. Entre 2000 et 2010, le parc breton est passé de 9 MW installés à 653 MW. Depuis, le rythme de progression a ralenti. « Le parc éolien était en augmentation jusqu'en 2011 mais après le classement ICPE des éoliennes et la mise en place d'une distance minimum de 500 mètres avec les habitations, ce développement a connu un coup d'arrêt », explique Philippe Baudry, chef de division climat, air, énergie, à la direction régionale de l'environnement (Dreal) Bretagne. S'ajoutent à cette contrainte d'aménagement, une limitation de puissance de 2 MW par turbine sur 30 % du territoire breton, liée aux servitudes militaires de vol basse altitude, et des difficultés d'implantation sur le littoral, liées à la loi littoral et à la présence de radars de défense et météorologiques. Résultat : la Bretagne est loin de l'objectif fixé dans le pacte électrique breton de 1,8 GW d'éolien installé en 2020.

 
Aujourd'hui, on a tendance à éparpiller les mâts un peu partout où c'est possible, ce qui est contraire à une approche paysagère  
Philippe Baudry, Dreal
 

Pour relancer la dynamique, la région et l'État ont signé, en 2018, une feuille de route pour le développement de l'éolien terrestre en Bretagne. L'un des principaux objectifs est de libérer du foncier pour installer de nouveaux parcs.

Un développement éparpillé, sur de petites zones

Dans un premier temps, « les parcs se sont naturellement développés dans les zones les moins contraintes (critères paysagers, naturels, culturels et patrimoniaux, servitudes d'usage ou économique) ayant pour conséquence une concentration de l'éolien sur un axe centre Bretagne. Ce développement au fil de l'eau atteint aujourd'hui ses limites », souligne la feuille de route.

La quasi-totalité des zones sans contraintes sont désormais occupées. Sur les 27 000 km2 que compte la Bretagne, 1 100 km2 échappent à la règle des 500 mètres autour d'habitations, dont une grande en partie en forêt. Soit 4 % du territoire. « Aujourd'hui, les dossiers déposés pour de nouveaux parcs portent sur deux, trois ou quatre machines, sur de petites zones, pour lesquelles il est difficile d'envisager différentes dispositions des turbines. On a donc tendance à éparpiller les mâts un peu partout où c'est possible, ce qui est contraire à une approche paysagère », regrette Philippe Baudry.

Dans un scénario dit « réaliste », la Dreal table sur 2 500 MW d'éolien développés d'ici 2040, avec notamment des opérations de renouvellement de l'existant avec augmentation de puissance lorsque c'est possible. Dans un scénario « ambitieux », la région pourrait développer 4 000 MW. Mais cela suppose de s'appuyer sur des solutions innovantes et de lever certaines contraintes foncières.

Identifier une vingtaine de zones pour installer des parcs

La Dreal planche notamment sur deux axes de libération du foncier, dans l'objectif de trouver une vingtaine de zones d'environ 3 km2, où pourraient être installés des parcs de huit à dix machines de 2 MW.

Le premier axe vise à identifier les zones moins densément peuplées, où des logements sont isolés et vacants depuis plus de trois ans. Leur rachat pourrait permettre d'ouvrir de nouvelles zones. « Mais le nombre de zones concernées ou leur taille reste faible », indique Philippe Baudry. « Cette année, nous travaillons sur un deuxième axe plus prometteur : l'obsolescence énergétique des logements ». L'idée est d'identifier les logements les plus énergivores, construits avant 1975 et les premières réglementations thermiques, qui ont moins de valeur sur le marché de l'immobilier. Ceux-ci pourraient être rachetés, détruits, ou voir leur usage changer puisque la limite de 500 mètres concerne les bâtiments à usage d'habitation. « Cela pourrait multiplier par cinq le potentiel d'installation des éoliennes », estime le chef de mission. La surface disponible passerait de 1 100 km2 à 5 500 km2.

En 2021, les services de la Dreal vont s'atteler à l'élaboration d'une méthode de planification et de cartographie, qui permettra d'aller à la rencontre des territoires, des élus et des habitants pour identifier les meilleures zones possibles.

Réactions2 réactions à cet article

 

Simple rappel.
Pour des raisons à la fois paysagères et humaines la Bavière a exigé une distance de 10 fois leur hauteur entre une éolienne et un point sensible . En France cette mesure respectueuse de la vie des gens s'est vue repoussée par les députés , répondant aux exigences du lobby éolien .

sirius | 09 décembre 2020 à 16h02
 
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Si je comprends bien la teneur de l'article : les règlements interdisent de mettre des éoliennes à moins de 500m des habitations. Donc, détruisons les habitations ! On marche sur la tête ! Ces machines ne sont que la manifestation d'une bulle financière qui met en danger extrême la fourniture d'électricité du pays. Et on progresse dans l'odieux en en installant "quoi qu'il en coûte".

dmg | 10 décembre 2020 à 08h34
 
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