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Actu-Environnement

« Nous développons une vision nationale de l'écologie, au service de la qualité de vie des Français »

Hervé Juvin, soutien de Marine Le Pen, répond aux questions qu'Actu-Environnement a adressées à l'ensemble des candidats à la Présidentielle. Les interviews sont publiées dans l'ordre de leur réception.

Interview  |  Gouvernance  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
   
« Nous développons une vision nationale de l'écologie, au service de la qualité de vie des Français »
Marine Le Pen
Candidate Rassemblement national à l’élection présidentielle
   

Hervé Juvin est député européen élu sur la liste RN et conseiller régional des Pays de la Loire. Cofondateur du mouvement Les Localistes !, il présente pour Actu-environnement les positions défendues par Marine Le Pen en matière d'environnement.

En préambule, Hervé Juvin explique : Les événements qui suivent l'invasion de l'Ukraine illustrent la dimension stratégique de tous nos choix politiques en matière d'énergie, d'alimentation, etc. Et ils nous rappellent à quel point des territoires vivants, résilients, robustes, sont une condition de notre sécurité collective.

Cette dimension est trop souvent oubliée dans les politiques environnementales. Certaines, comme le localisme, les circuits courts et l'économie circulaire, renforcent notre indépendance et la résilience de nos territoires. D'autres, notamment dans le domaine de l'énergie, nous rendent dépendants et fragiles. Nous, Les Localistes !, soutenant la candidature de Marine Le Pen à l'élection présidentielle de 2022, développons une vision nationale de l'écologie, au service de la qualité de vie des Français, de nos territoires et de notre indépendance nationale, indissociable de notre sécurité collective. C'est dans ce cadre que nous formulons des propositions.

Toute décision environnementale doit être appréciée au regard de trois considérants majeurs :

- l'Europe est le continent le plus engagé dans la lutte contre les GES, et la France est dans l'Union européenne, et grâce au nucléaire, l'un des pays les plus vertueux. Il s'agit donc pour l'Union, dans sa politique commerciale, d'exiger des efforts de nos partenaires, plutôt que d'infliger une punition injustifiée à nos concitoyens. Nous devons leur assurer une énergie abondante, constante, de qualité, à un prix accessible à tous. Et remettre en cause une liberté des échanges qui devient trop souvent une course au moins-disant social et environnemental.

- le dérèglement du climat est une réalité qui prend chaque année plus d'ampleur. Elle n'est pas le seul ni le premier problème environnemental. La dégradation physique de l'humanité, provoquée par l'empoisonnement des eaux, des terres et des airs, et la dégradation mentale provoquée par l'occupation et la saturation numérique de l'attention humaine, sont des facteurs de risques plus graves encore. Il convient donc de rester mesuré face à toutes les opérations qui tendent à faire du réchauffement climatique le prétexte à relancer une globalisation en panne. Le problème, ce n'est pas la planète, c'est l'homme. Et nul écosystème n'étant pareil à un autre, nulle part les solutions au dérèglement climatique ne seront les mêmes.

- la priorité écologique ne peut pas devenir un facteur d'affaiblissement et de dépendance stratégique. À cet égard, une part au moins des dispositions inscrites dans le Green Deal européen est à corriger ou supprimer d'urgence, notamment quand elle pénalise les industries d'armement ou l'autosuffisance énergétique. À ce titre également, le projet Fit for 55 est à corriger d'urgence, puisqu'il confond production et consommation d'énergie avec émanations de GES, alors que le progrès énergétique doit d'abord consister à découpler une production d'énergie, dont la hausse conditionne notre sécurité comme notre mode de vie, d'émanations de GES, qui doivent diminuer. L'Union européenne doit abandonner la « taxonomie », le « fit for 55 », et la Banque centrale européenne abandonner tout projet de « verdissement », qui n'est ni dans ses statuts ni dans sa mission.

 

Actu-environnement : Quel mix énergétique souhaitez-vous développer ? Quelle place accordez-vous aux énergies renouvelables ?

Hervé Juvin : Pour assurer notre sécurité, c'est-à-dire progresser vers l'autosuffisance énergétique, et assurer à nos concitoyens le mode de vie qu'ils désirent, toutes les énergies doivent être mobilisées. Ne nous berçons pas d'illusion : le mix énergétique mondial dépend autant des énergies fossiles en 2022 qu'en 1970, la crise ukrainienne provoque la remise en marche de centrales à charbon dans toute l'Europe, et nous allons payer cher l'aveuglement qui a stoppé tout investissement dans la recherche et la production de pétrole depuis plusieurs années.

Le mix énergétique doit être flexible, il doit tendre vers l'autonomie nationale, il doit assurer la constance du mode de vie des Français.

L'énergie nucléaire est le pilier de notre autonomie énergétique, comme elle est la clé de notre défense. La fermeture de Fessenheim, l'abandon du projet Astrid, l'acceptation de dispositions européennes suicidaires pour EDF sont autant de fautes graves que nous corrigerons en relançant la production d'électricité nucléaire, en construisant de nouvelles centrales, en innovant dans le domaine du retraitement des déchets et des microcentrales.

Dans le même temps, les énergies vertes feront l'objet d'investissements soutenus. Le biogaz, la géothermie, l'hydrogène prendront peu à peu leur place dans le mix énergétique, aux côtés d'énergies renouvelables qui peuvent compléter et améliorer l'offre énergétique de la France, mais comportent des limites environnementales autant que fonctionnelles ; solaire et éolien doivent être adossés à des centrales électriques classiques et ne constituent en aucun cas un moyen de notre autonomie énergétique.

Notre objectif d'autonomie nationale nous conduira à diversifier l'offre énergétique aux Français. Le « tout électrique » n'est pas la solution, et c'est un piège dans lequel s'engouffre l'Union européenne. Aller vers le tout électrique signifie être dépendants à 80 % et des batteries chinoises et du soft américain. Belle performance, pour une industrie européenne de l'automobile qui était le champion mondial des berlines et aussi des voitures à moteur classique très basse consommation – moins de deux litres aux 100 km, ce qui leur donnait sur un cycle de vie complet un bilan plus performant que les voitures électriques. Nous relancerons la recherche de moteurs thermiques très basse consommation, sur les bases déjà acquises par nos constructeurs, et nous engagerons un plan d'amélioration des dessertes par train et cars des territoires oubliés, de réouverture de lignes secondaires avec rames automatisées, de manière à rétablir un maillage territorial qui assure la mobilité des Français et serve une nouvelle ambition d'égalité territoriale.

AE : Comment comptez-vous encourager la rénovation énergétique des logements, en particulier des passoires thermiques et du bâti tertiaire ?

HV : La rénovation du bâti ancien est un enjeu territorial majeur. Elle comprend un important volet d'amélioration thermique, et prend place dans notre projet global et volontariste de relance de l'aménagement du territoire.

Le premier enjeu est de concentrer les moyens sur les cœurs de ville et de quartier, dans le but de recréer des quartiers vivants, multifonctionnels, et d'en finir avec une spécialisation des territoires qui se heurte aux limites croissantes de la mobilité. Ranimer les cœurs de villes et de villages signifie concentrer l'aide sur la rénovation de maisons et d'immeubles anciens, pour les mettre aux standards de confort et d'isolation souhaitables. Grâce au Fonds souverain, 35 milliards par an seront consacrés à la transition énergétique, et le tiers environ à la rénovation du bâti ancien. Nous poursuivrons dans ce domaine un triple objectif : réduction de la consommation d'énergie, densification de l'habitat, réduction des déplacements contraints.

Un second enjeu est de faire de l'artisanat et des entreprises de proximité les acteurs privilégiés de la rénovation thermique. Nous serons vigilants sur les techniques et les moyens préconisés, pour qu'ils ne favorisent pas exclusivement les grands groupes et les multinationales, en exigeant des cahiers des charges ouverts, des engagements de résultats, de durabilité, et l'auto-entretien ou réparabilité des moyens de chauffage.

L'objectif de réduction des émanations de GES sera atteint en combinant les sources d'énergie, notamment en mettant en place dans les territoires favorables, des solutions de géothermie pour immeubles ou groupes d'habitation, de manière à mutualiser les coûts et les charges.

AE : Comment pensez-vous réduire les émissions de gaz à effet de serre dans les secteurs des transports ? Comment encouragez-vous les mobilités bas carbone pour les personnes et les marchandises ?

HV : La mobilité individuelle, en transports en commun ou en automobile, est un élément central de la qualité de vie des Français. Pour des raisons multiples, cette liberté a subi de considérables restrictions au cours des trois dernières décennies, des limitations de vitesse généralisées à l'exclusion de types de véhicules des centres-villes ou des agglomérations, des suppressions de lignes de train aux suppressions de gares et de guichets.

Pour réduire les émanations de GES, notre premier objectif est de réduire les déplacements contraints, en favorisant le retour des commerces, de l'artisanat et des PME dans les cœurs de villes et de villages, en luttant contre la concentration des activités et la métropolisation de la France. Ce sera l'objet du plan d'aménagement du territoire et du retour des Primes à l'aménagement du territoire, qui devra en finir avec quarante ans de désaménagement du territoire au profit des métropoles, à coups de TGV et de « plans pour la ville » qui ont aggravé l'inégalité territoriale et accru une concentration aux coûts écologiques et humains insupportables.

Notre second objectif est de protéger la liberté de déplacement des Français. La voiture qui pollue le moins est celle qui roule déjà. C'est également la voiture déjà construite qui bénéficie d'un moteur neuf plus économe : basse consommation, hybride, hydrogène. C'est, enfin, la voiture 100 % recyclable dont la majeure partie des composants est fabriquée en France. Nous assurerons à tous les résidents d'un département le droit d'accéder à tout leur territoire, y compris aux centres-villes, quel que soit leur véhicule.

Dans le même temps, nous investirons dans les transports collectifs à moteur électrique, à partir de l'électricité produite par nos centrales nucléaires, donc décarbonée, et dans les moteurs à biogaz produits par les déchets végétaux et autres localement convertis en énergie. Ce sera notamment le cas pour les TER, qui verront se rouvrir les lignes fermées, de sorte qu'aucune ville française ne soit à plus de 30 km d'une station de TER ou de cars.

La véritable variable est la globalisation. Relocaliser massivement les productions industrielles et alimentaires, recycler les composants de tous les produits commercialisés en France, raccourcir les chaînes d'approvisionnement, privilégier les modes de production utilisant des matières premières disponibles en France ou dans les pays voisins, sont les véritables moyens de réduire les émanations mondiales de GES et d'en finir avec l'importation de carbone, qui est trop souvent le prix écologique du prix le plus bas.

AE : Quel modèle agricole souhaitez-vous développer ? Quelle place pour la biodiversité dans ce modèle ? Et comment organisez-vous le partage de la ressource en eau entre les différents usagers et le milieu naturel (recharge de nappe, zones humides, etc.) ?

HV : Le modèle agricole français avait été défini dans les années 1960 pour fournir « une alimentation de qualité, produite en France et à des prix accessibles à tous ». Depuis lors, et les dérives de l'Union européenne, et la pression de la mondialisation, ont transformé une agriculture française qui enregistre un déficit commercial pour la première fois de notre histoire, qui ne rémunère plus correctement les exploitants, qui est contestée dans ses méthodes et dans ses moyens.

Conjuguer la priorité sécuritaire avec la priorité écologique est la base du nouveau contrat que la France doit passer avec ses agriculteurs. Un revenu pour vivre de son travail, sur une terre qui vit et avec des moyens qui protègent la vie. La diversité végétale et animale n'est pas l'ennemie de l'agriculteur, au contraire ; dans le temps, une terre qui vit est une terre qui dure. L'abus des intrants, des traitements et des pesticides produit des terres mortes, qui demandent toujours plus d'artifices, et qui un jour ne produiront plus ? C'est le sort d'une part des meilleures terres de France, trop sollicitées depuis trop longtemps. Et il n'y a pas de substitut accessible aux services gratuits de la nature, à commencer par la pollinisation.

Il est temps de réaffirmer les objectifs du Grenelle de l'environnement qui n'ont pas été tenus : réduction des pesticides et des traitements chimiques, diminution d'un usage des engrais qui lie le prix de l'alimentation au prix du gaz (azotes) et aux sanctions contre la Russie et la Biélorussie (producteurs d'engrais). Pas pour produire moins, pour produire à la fois plus et mieux, avec pour objectif premier l'autosuffisance alimentaire, qui s'appelle sécurité alimentaire. La France doit redévelopper les productions d'aliments pour bétail sur son sol, comme le lupin.

Nous construirons un indicateur de biodiversité qui permettra de piloter l'usage des engrais, pesticides et herbicides. Nous apporterons des revenus de complément aux agriculteurs, notamment pour l'entretien des haies, des surfaces humides, de la captation de CO2, et plus encore de la biodiversité. Nous améliorerons les revenus de production, par la promotion des circuits courts, par l'obligation de se fournir localement dans les collectivités, par l'extension des appellations d'origine et leur contrôle renforcé, pour qu'aucun produit qui n'aurait pu être produit en France n'entre sur le marché français.

Le levier décisif est le sentiment national. Et c'est la volonté de reprendre notre autonomie alimentaire – produire en France ce que consomment les Français. Dans ce but, nous comptons moins sur la réglementation que sur la conscience nationale des Français. Les QR code permettent d'informer le consommateur sur tous les composants de chaque produit, de son origine à son mode de production, aux entrants utilisés, etc. Les produits d'importation ne répondant pas à cette obligation de transparence n'auront pas leur place sur le marché français. Nous n'avons pas de doute : les Français choisiront de privilégier leurs agriculteurs. Dûment informés et prévenus, les Français choisiront massivement la qualité plutôt que la quantité, et engageront d'eux-mêmes la transition alimentaire nécessaire.

AE : Comment comptez-vous lutter contre l'artificialisation des sols ? Et comment pensez-vous accompagner les collectivités locales sur cet enjeu d'aménagement du territoire ?

HJ : Les terres agricoles disparaissent au profit de zones logistiques, de centres commerciaux, de lotissements, qui détruisent les cœurs de ville et la sociabilité locale. Il faut enrayer cette boucle du déclin et du mal de vivre.

La réalité est que l'indépendance financière des agriculteurs âgés ne peut pas dépendre du classement de leurs terres en zone constructible, ou en zone industrielle. La réalité est aussi qu'un modèle de distribution construit pour la globalisation donne aux entrepôts logistiques un rôle démesuré et aux grandes surfaces commerciales une emprise foncière destructrice et des terres, et des cœurs de ville.

Nous poursuivrons une politique de densification de l'habitat au bénéfice du bien vivre en cœur de ville. Nous rendrons obligatoire la compensation pour toute artificialisation des sols : réhabilitation de friches industrielles, restauration d'espaces dégradés, de zones humides ou de forêts, etc. et nous limiterons l'ouverture de grandes surfaces commerciales, subordonnées à la renaissance des centres-villes ; et à la revitalisation des commerces familiaux de proximité.

AE : Souhaitez-vous encadrer davantage l'industrie en ce qui concerne la prévention et la gestion des risques technologiques ? Quelle politique proposez-vous pour mieux prévenir les risques sanitaires ?

HV : Pour la majorité des équipes au pouvoir en Europe, plus de technique résoudra les problèmes que la technique a créés, plus de marché résoudra les problèmes que le marché a créés.

Cette fuite en avant ne nous conduit nulle part où nous souhaitons aller. Nous devons reprendre la main sur la technique, et refuser ce fait avéré ; tout ce que la technique permet de faire est ou sera fait. Le premier enjeu démocratique des mandats à venir est de prendre le contrôle de techniques, notamment numériques, mais aussi financières, qui prennent un pouvoir exorbitant sur notre environnement et sur la vie.

Rendre aux Français le contrôle sur les techniques qu'ils emploient est le combat contemporain pour l'autonomie. Car ce ne sont plus les religions ou les idéologies qui menacent, ce sont des techniques qui ont pris sur la vie un pouvoir invisible et totalitaire.

La première menace est la rupture entre l'homme et son foyer, la nature, aggravée par le numérique. L'occupation de l'attention et de la conscience humaines par des écrans qui se substituent au monde extérieur est une rupture anthropologique, ses conséquences peuvent être plus graves que n'importe quel accident écologique.

C'est pourquoi nous ferons en sorte qu'aucun enfant ne grandisse sans contact direct avec une plante, un animal, un arbre.

C'est pourquoi la science des systèmes vivants complexes, l'écologie, fera partie des matières principales dès le primaire.

C'est pourquoi le temps d'accès aux « services numériques » sera limité, l'utilisation des données privées sera soumise au consentement formel des utilisateurs, et payante. Nous organiserons la fin des portails généralistes du Net au profit de services locaux régionaux et nationaux.

AE : Comptez-vous modifier la fiscalité pour encourager les comportements écologiquement vertueux et/ou taxer les comportements polluants ?

HJ : L'impôt sur les sociétés est un puissant moyen d'incitation. La fiscalité verte est le moyen d'orienter les entreprises de toutes natures vers des activités compatibles avec la santé des écosystèmes, le respect de la diversité animale, végétale aussi bien qu'humaine, et l'autonomie des territoires. C'est pourquoi, nous proposons de fonder la fiscalité des entreprises sur l'indicateur de leur Responsabilité Nationale, Territoriale et Environnementale (RNTE), de manière à les inciter à des politiques qui servent l'indépendance de la Nation, la diversité de nos régions et de nos territoires, et qui participent au réaménagement des territoires que nous poursuivrons.

La TVA pourra être abaissée pour tous les produits de l'économie circulaire, notamment les produits assurant une exceptionnelle durée de vie, une réparabilité garantie, un recyclage intégral de leurs composants. À l'inverse, un taux exceptionnel de TVA pourra être appliqué aux produits polluants, consommateurs de raretés écologiques ou agressifs pour l'environnement.

Nous rétablirons la responsabilité des sociétés mères sur les dommages environnementaux provoqués par leurs filiales, sur la base d'un principe : s'il y a remontée de dividendes, il y a présomption de coresponsabilité, voire de gestion de fait.

AE : Quelle place accorderez-vous à la parole des citoyens dans l'élaboration de la politique environnementale ?

HJ : Derrière les manipulations des agences de communication, l'expulsion de la parole citoyenne a atteint des niveaux inconnus ; la sauvage répression des Gilets jaunes en reste le triste symbole, la mise en cause de la loi de 1901 sur les associations en dit la réalité. La liberté d'expression fait peur, elle est restreinte, elle est sous contrôle.

Les voies de recours des riverains et des associations environnementales ont été resserrées, voire supprimées ou rendues impossibles, l'expertise publique est marginalisée, et l'indépendance des associations mises en cause par la loi sur le séparatisme qui fait peser une lourde menace contre toute contestation aux choix des préfets ou des élus.

Nous défendons la liberté d'expression et la liberté d'association, notamment dans le domaine de l'environnement et du combat pour le progrès écologique. Nous rétablirons les procédures de consultation des riverains et des associations, ainsi que le recours à l'expertise publique, nous travaillerons à réduire les délais d'instruction et de décision en cas de contestation, nous établirons des règles de pertinence de ces consultations et de ces recours pour éviter les phénomènes paralysants du « not in my backyard » ; locales pour un parc éolien, régionales pour une université ou une prison, nationales pour une centrale nucléaire ou un aéroport.

AE : Quelle place et périmètre d'action confierez-vous au ministère chargé des enjeux environnementaux ?

HJ : Ce n'est pas le moment de définir les périmètres et les compétences du ministère de l'Écologie, dont je souhaiterais qu'il s'appelle ministère de l'Environnement et de la Vie, pour intégrer pleinement la biodiversité.

Le débat n'est pas là. De l'agriculture à la mer et des transports à l'industrie, plus encore de la finance à l'économie, l'écologie doit s'inscrire au premier plan des priorités de l'action gouvernementale. Elle doit être intégrée à l'ensemble de nos politiques nationales. Les événements dramatiques de ces semaines nous le rappellent ; écologie, économie circulaire, biodiversité, circuits courts, bonne santé des écosystèmes et sécurité nationale sont indissociables. C'est ainsi que nous ferons face au défi de la sécurité de notre mode de vie, qui associe indissociablement indépendance nationale, autonomie économique et qualité de la vie.

L'écologie commence par l'émerveillement devant la nature, elle se poursuit par la conscience du rôle majeur des services gratuits de la nature dans notre mode de vie, elle se traduira par une politique d'écologie nationale, la seule qui assurera à tous les Français la joie de vivre en terres de France !

Réactions7 réactions à cet article

 

Quelle crédibilité accorder à toutes ces réflexions et promesses, bien récentes pour une extrême droite qui a nié pendant des décennies tous les problèmes auxquels elle promet de répondre désormais et traitant de "gauchistes" toutes celles et ceux qui les posaient?

BIB57 | 30 mars 2022 à 10h21
 
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Lamentable, "permettre au voitures aller jusqu'aux centres ville" c'est revenir des dizaines d'années en arrière
Pompidou disait: "la ville doit s'adapter à la voiture et non le contraire"

scalectric4 | 30 mars 2022 à 11h57
 
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Les localistes, voilà la synthèse attendue entre l'extrême droite et l'écologisme politique qui va "régler le climat". Pétain revient avec sa terre qui ne ment jamais.

Albatros | 30 mars 2022 à 16h58
 
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La Marine rejoint assez franchement le programme de Jadot l'écolo et fait la synthèse entre les demandes "sociétales" qu'elle perçoit assez bien (c'est justement ce qui est dangereux chez ces deux que je refuse de considérer comme des alliés - jusqu'à ce que Jadot appelle à voter pour elle ou à s'abstenir au second tour...)

Albatros | 31 mars 2022 à 15h31
 
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On ne pourra pas leur reprocher d'occulter l'environnement, cette fois ci.

J'adore et approuve le paragraphe sur les dangers du numérique, par contre je ne suis pas sûr que ce parti et ses influenceurs crachent pour autant sur les réseaux sociaux et les infoxs.....

Là où je me pose une question, c'est au niveau de la mobilité automobile via les moteurs techniques basse consommation... de quoi parle-t-on? Parce que revenir à une AX de 800kgs, un petit 1000 cm" et soixante bourrins pour la bouger, avec peu d'électronique embarquée, une clim, une roue de secours et un autoradio, çà ne coutera pas exagérément cher à l'achat, en entretien et en consommation... par contre, si pour eux, le très basse consommation, c'est du moteur TCe, Pure Tech ou TSI, c'est à dire du petit moulin suralimenté qu'il faut cravacher pour remuer 1500 kgs de geek voiture, et donc avec une conso réelle très loin de celle annoncée, et enfin qui ne tient pas la durée d'un moteur plus gros d'ancienne génération, je crois qu'ils font fausse ... route!

nimb | 01 avril 2022 à 09h17
 
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Le "down sissing" est une bonne solution, peu de poids embarquer réduit la consommation. comme par exemple ce qui a été démontré avec les moteur 3 cylindres type Energy
Mais en réduisant l'équipement électro du véhicule on réduit aussi son prix et les bénéfices des entreprises qui ne voudront pas se lancer dans la production d'un produit peu rémunérateur et peu valorisant pour la marque

scalectric4 | 01 avril 2022 à 12h34
 
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Au moins on lit le mot "nature" dans cet entretien .

sirius | 09 avril 2022 à 16h43
 
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