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Union européenne : l'agriculture bio se développe, mais jusqu'où ?

Si l'agriculture biologique gagne du terrain dans toute l'Europe, cette évolution se fait de manière différenciée selon les contextes politiques et culturels nationaux. La poursuite de cette tendance est incertaine.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
   
Union européenne : l'agriculture bio se développe, mais jusqu'où ?
© Richard Villalon
   
En Europe, l'agriculture biologique gagne du terrain. Elle recouvrait 7,8 millions d'hectares en 2008, selon les derniers chiffres publiés par Eurostat, l'institut statistique de l'UE, soit une hausse de 7 % par rapport à l'année précédente (+ 21 % entre 2005 et 2008). L'Espagne (1,3 M ha), l'Italie (1 M), l'Allemagne (0,9 M), le Royaume-Uni (0,7 M) et la France (0,6 M) arrivent en tête des pays producteurs bio. Mais c'est l'Autriche, la Suède et l'Italie qui comptent la plus grande proportion de surfaces agricoles cultivées en bio, avec respectivement (15,7 %, 9,9 % et 8,9 %).
Si entre 2007 et 2008, l'agriculture bio s'est développée dans l'ensemble des pays, l'Italie fait figure d'exception en enregistrant une baisse de 13 % (- 6 % entre 2005 et 2008). L'Espagne (+33 %), la Bulgarie (+22 %), la Slovaquie (+ 15 %) la Hongrie (+ 15 %) et la Grèce (+ 14 %) ont connu les plus fortes progressions. Entre 2005 et 2008, la Pologne, la Lituanie, l'Espagne et la Belgique ont connu un fort développement de l'agriculture bio (respectivement + 94 %, +89 %, +63 % et + 57 %).
En 2008, les trois utilisations principales des terres biologiques ont été les pâturages et les prairies (44% des superficies converties à l'agriculture biologique), les cultures arables (37%) et les cultures permanentes (9%). Les superficies restantes (9%) correspondent aux jachères et aux sols non exploités.

Une production en hausse, pour quels marchés ?

Si le marché européen est le premier mondial avec 47 % des ventes mondiales en 2005, les situations sont très différentes d'un pays à l'autre, selon les politiques mises en place mais aussi selon le contexte culturel et social. L'Allemagne constitue le plus gros marché (5,8 Mds d'euros contre 13 Mds au niveau européen), suivie de la France, du Royaume-Uni et de l'Italie (ces trois pays représentent 40 % du marché). Mais dans ces pays où les ventes sont les plus importantes en valeur absolue, la part du bio dans le marché alimentaire reste faible. Ainsi, ce sont les Danois qui consomment le plus de bio par tête avec 6,5 % des dépenses alimentaires dans le bio, contre 3,4 % pour les Allemands, 3 % pour les Italiens et 1,7 % pour les Français. Ces parts sont modestes, mais en constante augmentation ces dernières années.
A noter : de nombreux pays européens produisent mais ne consomment pas localement. L'Espagne et la Hongrie destinent à l'export près de 90 % de leur production bio.

Quel avenir pour l'agriculture biologique ?

L'organisation des marchés et des filières reste donc une priorité pour l'ensemble de l'Europe. Cependant, si les marchés sont en croissance, les surfaces en expansion et que consommateurs et pouvoirs publics soutiennent le développement du bio, l'expansion à venir de l'agriculture biologique est incertaine. Va-t-elle rester un marché de niche ou continuer à se développer ? Plusieurs freins persistent aujourd'hui : pouvoir d'achat des ménages, concurrence des producteurs à l'échelle mondiale, inégalité de soutien public selon les pays…
L'agriculture pourrait donc rester un ''modèle'' vers lequel l'agriculture conventionnelle doit tendre. Des échanges de pratiques existent déjà entre ces différents systèmes de production.

Réactions5 réactions à cet article

 
Du bio oui mais local

Oui à 100% pour le bio mais à 150% pour le local. Casser les dépendances du monde agricole vis à vis d'une économie mondialisée doit aller de front avec la généralisation d'une agriculture bio en périphérie des villes. Il faut tisser des liens et rétablir la confiance entre producteurs et consommateurs. Favoriser une bio local c'est rendre accessible ces produits au plus grand nombre sans engraisser des dizaines d'intermédiaires. C'est aussi rémunérer à sa juste valeur le travail et le savoir faire bio!

pierre mengin | 09 mars 2010 à 13h35
 
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Enfin un article lucide sur le bio

Bravo pour cet article et son objectivité.
On veut nous faire croire que le bio a le même prix de revient que l'agriculture conventionnelle. Dans un même environnement, règlementaire, social et économique les prix de revient de production sont de > 30 à 70% voir plus selon les productions.
Nous allons donc vers une segmentation des marchés ou le % en bio dépendra du pouvoir d'achat du consommateur.
Allez un peu de provoque, sur une exploitation bio on ne parle jamais du bilan carbone de la production. Jamais des traitements, et pourtant des pesticides sont utilisés - oui le cuivre est un pesticide- pas vraiment neutre au niveau environnement, + infos site du ministère de l'agriculture http://e-phy.agriculture.gouv.fr/.
Oui, on peut selon l'angle d'attaque opposer systématiquement les # formes d'agricultures c'est vraiment de ne pas connaitre le monde agricole, ses objectifs, ses besoins, ses contraintes, ses réalités de production.
La remarque de Sophie Fabrégat sur les ponts qui se mettent en place entre le conventionnel et le bio devrait être la règle.

Mas blanc 34 | 11 mars 2010 à 08h43
 
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Taxe sur les produits avec pesticides/insecticides

Un des moyens efficaces pour développer le bio serait tout simplement de taxer tous les produits contenant des molécules artificiels telles que pesticides, insecticides, fongicides et engrais artificiel. Voila une excellente méthode pour aider le développement du bio et pourquoi pas booster la sécurité sociale. On ajoutera aussi une taxe sur les carburants responsables de la pollution de nos villes, laquelle taxe alimentera les fonds pour le développement durable.

arthur duchemin | 11 mars 2010 à 10h14
 
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mieux informés plus critiques

je pense que les personnes qui sont un peu curieuses compren
Une directive prévoit de diminuer les pesticides , mais parallèlement se met en place un engraissement des sols avec des composts issu des poubelles sales (voir trimécanobiologique, le choix franco français à la norme imbécile !) donc le bio reste la réponse.saine mais ..plus cher c'est hélas vrai

à manger local..le frigo est souvent allégé et l'achat plus circonspect finit par devenir aussi plus économe ..décroissance ?, bof .mais quelle galère pour s'approvisionner local pas encore assez de producteurs - retard de la France ....besoins croissants c'est long nous ne voulons pas manger pour tomber malade

foehn | 12 mars 2010 à 14h19
 
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article bien ficelé

vali1236500 | 13 novembre 2010 à 16h33
 
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