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Les données des études d'impact sur la biodiversité seront bientôt en libre accès

Un décret relatif à l'inventaire national du patrimoine naturel vient d'être publié. Il permet d'en élargir la base de données, désormais en open data. Barbara Pompili veut ainsi garantir des débats plus éclairés sur les enjeux de la biodiversité.

Biodiversité  |    |  Guillaume KremppActu-Environnement.com

Portable en main, Bruno David, président du Muséum national d'histoire naturelle (MNHN), et Barbara Pompili, secrétaire d'Etat chargée de la biodiversité, vantent les mérites de l'application mobile INPN Espèces. L'outil numérique, également disponible sur internet, permet aux utilisateurs de connaître précisément les espèces présentes dans leur entourage. Aux 40 millions de données d'ores et déjà présentes dans l'inventaire national du patrimoine naturel (INPN), le décret publié mercredi 30 novembre permettra d'ajouter quantité d'informations issues des études d'impact. "Il s'agit de dépasser le cercle des passionnés pour rendre accessibles ces questions au plus grand public", explique la secrétaire d'Etat à l'occasion de la publication du décret. Côté recherche aussi, il s'agit d'ouvrir les données à un plus grand nombre. "La connaissance est le socle des politiques publiques. Or, en matière de biodiversité, la moitié de nos informations nous vient des associations", renchérit Barbara Pompili.

"Des réponses importantes"

Dans la constitution de l'inventaire national du patrimoine national, le Muséum et le ministère de l'Environnement useront chacun de leurs compétences. L'institution muséale et scientifique est tout d'abord chargée de la constitution d'un langage commun sur la biodiversité. Un identifiant permet, par exemple, à tous les acteurs de faire référence à une espèce précise. Ce référentiel taxonomique national "a d'ores et déjà permis de fluidifier la compréhension et d'intensifier l'échange quotidien avec nos partenaires", commente Camille Monchicourt, chef du pôle informatique du parc national des Ecrins. Le MNHN assure la validation des données continuellement ajoutées à l'inventaire, la traçabilité de ces informations ou encore la maintenance de la plateforme nationale.

De son côté, le ministère de l'Environnement est responsable du protocole de fonctionnement du dispositif, du réseau de producteurs de données et du financement du projet. Le versement des informations issues des études d'impact n'a trouvé de fonds que dans le budget 2017. "Les données seront disponibles sur la plateforme centralisée au plus tard à la fin de l'année prochaine", assure Eric Fallourd, conseiller spécial auprès de la secrétaire d'Etat chargée de la biodiversité.

Pour Jean-Philippe Siblet, cet inventaire permettra de "donner des réponses importantes à des questions en apparence très simples : Combien d'espèces en France métropolitaine ? Où se situent les plus forts enjeux de biodiversité en métropole ? Où est-il le plus pertinent de créer un parc ? Autant de questions fondamentales pour fonder des politiques publiques efficaces". Avec d'ores et déjà 180.000 espèces documentées, 40 millions d'observations d'espèces et 18.600 habitats naturels décrits, un meilleur partage des informations à l'échelle locale, régionale et nationale pourrait donc fournir un socle de connaissances solides aux décideurs. L'ajout obligatoire des données issues des études d'impact devrait notamment permettre une meilleure connaissance par le public des enjeux environnementaux cachés derrière un "plan, schéma, programme ou […] projet d'aménagement". Le décret relatif aux modalités de contribution obligatoire à l'inventaire du patrimoine naturel impose en effet la diffusion des données avant le début d'une procédure de participation du public ou avant la décision lorsque l'avis des citoyens n'est pas sollicité.

"Favoriser un débat éclairé"

Afin d'expliciter l'objectif du décret d'application de la loi pour la reconquête de la biodiversité, Camille Monchicourt, du parc national des Ecrins, a inauguré le site internet Biodiv'Ecrins. L'outil numérique met à disposition du grand public, tout comme des spécialistes, un atlas constamment mis à jour de la faune et de la flore du parc. Au-delà de la libre utilisation des informations, le chef du pôle informatique insiste sur le fait que l'outil développé "est réutilisable par d'autres territoires, qui eux aussi souhaitent protéger la biodiversité locale".

La secrétaire d'Etat chargée de la biodiversité espère ainsi que l'inventaire national, dont le principe est le même que Biodiv'Ecrins, "puisse favoriser un débat éclairé". Ce type de dispositif permettra-t-il une meilleure prise en compte de la biodiversité dans les débats sur l'utilité publique de certains grands projets ? Barbara Pompili affirme en effet que "Notre-Dame-des-Landes est le symbole que nous essayons de contrer. L'open data participe de cette politique". En étant plus conscients des enjeux cruciaux liés à la biodiversité et aux services écosystémiques qui en découlent, les citoyens défendraient mieux leurs positions et leurs points de vue seraient mieux pris en compte. Et la secrétaire d'Etat de répondre elle-même aux doutes légitimes qui émanent de son avis : "Je suis optimiste, oui. Et écologiste. Je sais que c'est paradoxal".

Réactions1 réaction à cet article

 

Questions SVP :
1. les données des études de suivi de mortalité sur sites ICPE (éoliennes...) seront elles incorporées dans le dispositif ?
2. les données détenues par les fédérations de chasse seront elles également incorporées de manière transparentes et obligatoire ?

gilbert | 01 décembre 2016 à 07h53
 
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