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Actu-Environnement

Des hydrocarbures aromatiques polycycliques peuvent se former dans les canalisations d'eau

Saisie de la question des risques sanitaires liés à la présence d'anthraquinone dans les eaux destinées à la consommation humaine, l'Anses recommande de développer une méthode de dosage des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP).

Risques  |    |  Laurent Radisson  |  Actu-Environnement.com
   
Des hydrocarbures aromatiques polycycliques peuvent se former dans les canalisations d'eau
   

Saisie en juillet 2010 par la Direction générale de la santé, l'Anses vient de rendre son avis sur les origines et les risques sanitaires liés à la présence d'anthraquinone dans les eaux destinées à la consommation humaine (EDCH).

Cette saisine faisait suite au constat réalisé par les agences régionales de santé de Haute-Normandie et de Bourgogne de la présence d'anthraquinone dans certaines eaux destinées à la consommation humaine à des teneurs supérieures à la limite de qualité de 0,1 µg/l par substance individuelle de pesticide, alors que cette substance était absente de la ressource.

Les revêtements à base de goudron et de brai de houille incriminés

"Les données bibliographiques indiquent que les revêtements à base de goudron et de brai de houille au contact de l'eau sont à l'origine de la présence d'anthraquinone dans les EDCH. Ces produits contiennent des concentrations élevées en HAP et notamment en anthracène qui, par réaction avec les désinfectants chlorés, conduit à la formation d'anthraquinone ", indique l'Anses dans son avis.

Les canalisations présentant le risque de relargage d'HAP et d'anthraquinone le plus important sont les canalisations en fonte grise posées jusqu'en 1960 environ et les canalisations en acier posées jusqu'en 1980 environ. "Sur un linéaire national de 850.000 km, environ 160.000 km seraient concernés, essentiellement dans les zones urbaines", précise le rapport.

D'autres équipements sont potentiellement concernés : réservoirs en acier et en béton, revêtements internes des zones de jointement et des raccords en fonte et en acier jusqu'à la fin des années 1980. Mais, "au regard de la surface de matériau au contact de l'eau, l'impact potentiel de ces derniers est moindre".

Comme le souligne le rapport, "les variations du régime hydraulique dans le réseau (temps de séjour, coup de bélier, manoeuvre de vannes, accélération de débit…), les concentrations et la nature des désinfectants (chlore, dioxyde de chlore), les variations de qualité d'eau ou les opérations d'entretien sur le réseau sont de nature à influencer le relargage à partir des revêtements intérieurs".

En tout état de cause, au plan réglementaire, les produits hydrocarbonés (goudrons, brais de houille, peintures bitumineuses) ne sont plus autorisés pour revêtir intérieurement des canalisations, des réservoirs ou des châteaux d'eau. "Seules les peintures bitumineuses sont encore autorisées, mais leurs autorisations sont limitées aux zones de jointoiement et aux raccords", précise l'Anses.

Pas d'évaluation quantitative du risque sanitaire

"En l'absence de valeur toxicologique de référence, l'évaluation quantitative du risque sanitaire lié à une concentration supérieure à 0,1 μg/l d'anthraquinone dans l'eau destinée à la consommation humaine n'est pas réalisable en l'état des connaissances", conclut l'Anses. La toxicité aiguë de l'anthraquinone par inhalation et par voie orale est toutefois connue, et celle-ci est faible.

L'Anses recommande plutôt de se pencher sur les HAP chlorés et les HAP oxygénés, autres que l'anthraquinone, qui peuvent éventuellement présenter une toxicité plus élevée. Ces HAP "sont susceptibles de se former lors de l'action du désinfectant résiduel sur les revêtements à bas de goudron ou de brai de houille". Ils ne sont pas inclus dans les paramètres du contrôle sanitaire des eaux et il n'existe pas de méthode analytique normalisée.

Le comité d'experts spécialisé recommande donc logiquement, en conclusion de son travail, que soit développée et validée une méthode analytique pour le dosage d'HAP chlorés et oxygénés autres que l'anthraquinone. Et que ces composés soient recherchés dans l'eau des réseaux où de l'anthraquinone a été quantifiée afin de déterminer les produits de réaction des désinfectants avec les revêtements mis en cause.

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