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Les importations européennes épuisent les ressources mondiales en eau

Chaque année, la production et la consommation de biens ne cessent de croître, menaçant les réserves globales d'eau douce. Les pays industrialisés doivent se saisir rapidement de cette question.

Biodiversité  |    |  Clément CyglerActu-Environnement.com

Selon un rapport des Amis de la Terre Europe, la consommation de biens et de matériels en Europe ferait peser de plus en plus de risques de pénurie d'eau dans différentes régions du monde. Publiée le 3 novembre, cette étude qui a été réalisée avec le Seri (Sustainable Europe Research Institute) est avant tout un signal d'alarme pour les gouvernements européens afin qu'ils prennent des mesures adéquates pour diminuer l'usage de cette ressource naturelle. Ce rapport préconise donc d'évaluer la consommation d'eau utilisée dans la chaîne complète de production de biens pour mieux caractériser les futures politiques européennes.

"Dans un monde ayant des ressources naturelles limitées, le lien entre la consommation d'eau, la croissance économique et la prospérité des sociétés doit être mis en avant", souligne Ariadna Rodrigo, chargé de campagne pour les ressources naturelles aux Amis de la Terre Europe. "L'Union européenne a le devoir de commencer à mesurer et à réduire l'utilisation des réserves en eau ce qui signifie se concentrer sur la qualité de vie plutôt que de continuer à surconsommer les ressources naturelles."

Une consommation indirecte de plus en plus importante

En Europe, la consommation intérieure en eau est évaluée à environ 1.500 litres par personne et par jour, plaçant le vieux continent derrière l'Amérique du Nord (4.350 l), l'Océanie (2.350 l) et même l'Asie (1.600 l). Ces quantités extraites d'eau douce sont utilisées en premier lieu pour les opérations de refroidissement dans le domaine de l'énergie (45 %), pour l'agriculture (22 %), l'approvisionnement en eau public (21 %) et pour le secteur industriel (12 %). Mais, en prenant en compte la consommation indirecte des nations européennes, c'est-à-dire l'eau utilisée dans la production de marchandises et des matières premières importées, le volume obtenu excède la consommation intérieure. "Les Européens utilisent indirectement plus d'eau par la consommation de produits qui exigent de l'eau pour leur fabrication, que directement pour le nettoyage, la baignade et la boisson. (…) 140 litres seraient ainsi exigés pour produire une tasse de café", détaille les Amis de la terre dans son communiqué.

En moyenne, la consommation quotidienne et par personne en Europe atteindrait 4.750 litres d'eau. Selon le rapport, cette valeur est principalement déterminée par la consommation de nourriture et produits de l'agriculture qui nécessitent de grands volumes d'eau pour l'irrigation. Paradoxalement, beaucoup de pays présentant de faibles ressources naturelles utilisent une grande partie de leur approvisionnement en eau pour la production d'exportations en direction de pays riches. Ainsi, l'Afrique qui a une consommation directe d'eau évaluée à 650 litres par jour et par personne, affiche une empreinte de l'eau six fois plus importante, estimée à près de 3.350 litres. Cette situation qui risque d'être amplifiée ces prochaines années si rien n'est entrepris, pourrait avoir des conséquences désastreuses sur les pays en développement.

Une politique européenne à définir

Pour éviter que la situation ne se dégrade éternellement, les Amis de la terre incite l'Union européenne et ses gouvernements nationaux à adopter rapidement des systèmes de mesure qui suivent précisément les quantités d'eau entrant dans la fabrication de produits finis importés sur le continent. Ces systèmes de traçabilité aideraient à informer les consommateurs et les industries, mais fourniraient également aux décideurs des standards applicables aux différentes politiques environnementales, de transport et de commerce.

"Diminuer l'utilisation des ressources naturelles n'est pas seulement une nécessité environnementale, mais représente également une opportunité économique", indique le rapport. En effet, le prix des ressources naturelles fluctue de plus en plus et a tendance à augmenter. Il est donc impératif d'établir une politique européenne pertinente qui pourrait s'articuler sur deux piliers : une perspective globale pour assurer que les solutions politiques sont crédibles et un cadre législatif qui prend en compte le caractère interconnecté des ressources naturelles.

Par ailleurs, les Nations unies travaillent également sur cette thématique et auraient proposé une solution consistant à établir une limite d'utilisation des ressources en eau. Imposé uniquement aux nations développées, ce seuil favoriserait les pays de l'Hémisphère sud qui pourraient continuer leur processus de développement.

Réactions3 réactions à cet article

 

C'est ce qu'on appelle "l'eau virtuelle", concept inventé par le chercheur britannique Tony Allan, contenue dans les produits au travers de leurs processus de fabrication. Mais pas pour n'importe quelles conditions géographiques: Allan l'a construit sur le cas de l'Egypte et de son alimentation. Les Amis de la Terre dont je ne doute pas des bonnes intentions doivent faire attention à 2 choses: 1) comment sont produites les statistiques de l'eau dans les pays et au niveau international ? Ce qui enlève beaucoup de sens à ces nouvelles normes potentielles que sont les seuils de stress et de pénurie (vision statique et technocratique qui néglige les capacités adaptatives des peuples et des institutions) Et 2) comparer ce qui est comparable: le café est cultivé en zone forestière/boisée très souvent sous ombrage dans des zones tropicales humides d'altitude. "Une tasse de café pèse 140 litres d'eau" ne veut strictement rien dire !!! Attention aux confusions courantes dans le discours des ONGs environnement qui décrédibilisent le message adressé aux Autorités politiques.

Jean-Louis Couture | 04 novembre 2011 à 10h30
 
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le dernier paragraphe laisse penser que les Nations Unies ne tiennent pas compte du phénomène de délocalisation de l'industrie européenne ... à moins qu'une telle mesure vise justement à accentuer ce phénomène !

revilo | 04 novembre 2011 à 17h19
 
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Où l'on voit poindre les dents longues des cabinets de consultants verdâtres (et surtout opportunistes sans scrupules) qui, n'ayant pas été rassasiés par l'escroquerie qu'est le calcul des "empreintes carbone" (estampillées ADEME!!!), se placent pour nous vendre de toutes aussi inutiles "empreintes eau"... En attendant le nouveau produit de ces escrocs qui surfent sur la fibre écolo : l'empreinte biodiversité!
Je propose à ces guignols une unité internationale, qui serait l'équivalent de la tonne de CO2 équivalent et qui serait le nombre d'orangs-outans équivalent. Je ne demande aucun droit d'auteur.
Comment peut-on se faire avoir à ce point par ces aigrefins de consultants ?
Ce serait rigolo si ce n'était pas si triste. Réveillons-nous et assurons une gestion sérieuse de l'environnement, sans ces dérives magouillo-marketeuses-greenwasheuses.

Albatros | 24 mai 2012 à 21h52
 
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