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Usage des pesticides par les jardiniers amateurs : moins c'est mieux

Alors que vient de se clore la semaine sans pesticides, le ministère de l'écologie a signé un accord-cadre avec un ensemble d'associations du secteur du jardinage pour diffuser les bonnes pratiques chez les utilisateurs mais aussi les distributeurs.

Agroécologie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
   
Usage des pesticides par les jardiniers amateurs : moins c'est mieux
   
Selon l'étude JARDIVERT lancée par le Ministère de l'écologie, de l'énergie, du développement durable et de la mer (MEEDDM), 76% des Français qui possèdent un jardin jardinent, ce qui représente environ 17 millions d'amateurs et autant de pollueurs potentiels. En effet, le million d'hectares de jardins français reçoit chaque année 5.000 tonnes d'herbicides, fongicides et autres insecticides. Au final, l'ensemble des zones non agricoles comme les jardins, les espaces verts mais aussi les abords des infrastructures et les espaces naturels non exploités représentent environ 5% du tonnage de substances actives phytopharmaceutiques commercialisées chaque année.
Si cette forme d'utilisation est relativement faible par rapport aux usages agricoles, elle est tout aussi susceptible de polluer les eaux de surfaces et souterraines via le ruissellement. Elle est donc également concernée par le plan Ecophyto 2018 qui vise à réduire de 50% ''si possible'' l'usage des pesticides d'ici 2018.

En vue d'atteindre cet objectif, le MEEDDM et le ministère de l'agriculture ont signé aujourd'hui un accord-cadre avec plusieurs associations de jardinage, de protection de l'environnement et les professionnels du secteur1. Les signataires s'engagent à accentuer la communication et l'information des jardiniers amateurs sur les risques sanitaires et environnementaux liés à l'utilisation des pesticides. ''Il s'agit d'expliquer et faire comprendre qu'il est possible de jardinier autrement, en utilisant moins de pesticides et en privilégiant d'autres méthodes, plus douces pour l'environnement et tout aussi efficaces'', explique la secrétaire d'État à l'écologie Chantal Jouanno.
L'accord-cadre prévoit concrètement de renforcer les actions du Réseau National de Surveillance des Organismes Nuisibles des végétaux, de développer des actions de sensibilisation, de réaliser des guides de bonnes pratiques ou encore de mettre en place des démonstrations de méthodes alternatives.

Les fabricants de produits s'engagent également à ajouter sur les supports publicitaires la mention ''à n'utiliser qu'en cas de besoin pour les usages autorisés en respectant strictement les doses et les précautions d'emploi''. Rappelons toutefois que dans le cadre du projet de loi Grenelle 2, il est envisagé d'interdire toute publicité à destination des non-professionnels. Les sénateurs n'ont pas validé cette interdiction mais les députés y semblent en revanche favorables. ''Les produits phytosanitaires étant une affaire de spécialistes, leur promotion doit se faire uniquement dans un cadre professionnel'', a justifié le député Thierry Benoît (Nouveau Centre) en mars dernier au cours des travaux en commission.

L'accord-cadre évoque par ailleurs une application par anticipation des règles d'encadrement des préconisateurs et des distributeurs de produits notamment par la délivrance d'une qualification. En effet, le projet de loi Grenelle 2 prévoit une refonte du code rural à ce sujet. Désormais un agrément délivré par l'Etat serait obligatoire pour délivrer, appliquer et conseiller ces produits. Les professionnels de la filière et les utilisateurs directs devraient également obtenir une certification pour attester des connaissances de la personne en matière d'usage. Ce nouvel encadrement pourrait être mis en œuvre progressivement et précisé par décret au plus tard d'ici deux ans.

En revanche l'accord-cadre ne fait pas officiellement référence aux préparations naturelles peu préoccupantes (PNPP) comme le purin d'ortie, autre sujet sensible du Grenelle 2. Les députés ont adopté un amendement pour que ces préparations soient exclues du régime applicable aux produits phytosanitaires. Il n'est toutefois pas certain que cette disposition soit compatible avec la législation européenne : ''pour qu'un produit soit reconnu comme ayant un impact sur les plantes, il doit être classifié produit phytosanitaire et satisfaire aux règles européennes'', rappelle Chantal Jouanno. ''Il faut qu'on intervienne au niveau européen pour faire adapter les procédures'', ajoute-t-elle. Daniel Alleton, secrétaire général de la Société Nationale d'Horticulture de France signataire de l'accord-cadre, estime en revanche que ''les procédures actuelles ne satisfont pas tout le monde mais qu'elles sont équilibrées'', et déclare aider les producteurs de PNPP à la constitution et au financement des dossiers en vue des homologations européennes.

Un discours en contradiction avec la position de la confédération Paysanne qui estime que les PNPP ne peuvent pas être utilisés car ils ne disposent pas d'une autorisation de mise sur le marché (AMM) en France, bien qu'ils soient autorisés par le règlement européen de l'agriculture biologique et par les autres pays européens. ''Les agriculteurs ne pourront pas respecter les engagements du gouvernement de limiter l'usage des pesticides si les alternatives naturelles sont, elles aussi, considérées comme des pesticides et ne sont pas autorisées à cause de contraintes administratives stupides'', explique la confédération. ''L'entêtement de l'administration française à vouloir traiter les PNPP comme des pesticides conduit les agriculteurs bio dans des impasses réglementaires inacceptables'', ajoute-t-elle.


1 : L'association des jardiniers de France, l'association des journalistes du jardin et de l'horticulture, les artisans du végétal, le conseil national des jardins collectifs et familiaux, la Fédération des magasins de bricolage , la Fédération nationale des métiers de la jardinerie, la Fédération nationale des jardins familiaux et collectifs, le jardin du cheminot, Noé conservation, la société nationale d'horticulture de France , l'union des entreprises pour la protection des jardins et des espaces verts.

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