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Ecologie industrielle : vers un développement de la démarche ?

L'expérimentation "Compétitivité durable des entreprises" a suivi durant deux ans le lancement de projets d'écologie industrielle dans 5 territoires. Retour sur les freins et leviers de cette démarche synergique née en 1989.

Aménagement  |    |  Dorothée Laperche Actu-Environnement.com
Ecologie industrielle : vers un développement de la démarche ?

"S'il y a 5 ou 6 ans, seulement quelques initiatives d'écologie industrielle ont pu voir le jour, nous en sommes aujourd'hui à une quarantaine, souligne Paul Schalchli, chef de projet Ecologie industrielle pour l'association Orée, les entreprises sont confrontées à la raréfaction des ressources, au prix de l'énergie et sont contraintes par la réglementation". Née en 1989, la démarche mime les cycles des écosystèmes naturels en établissant des interactions entre différentes activités. Par exemple les déchets d'une entreprise sont utilisés comme matières premières ou ressource énergétique par une autre. L'objectif au final pour les acteurs : réduire les coûts environnementaux et financiers mais également augmenter l'attractivité de leur territoire.

Mettre en place des synergies

Après une première phase de validation d'outils et de méthodes d'évaluation pour le développement de l'écologie industrielle (au sein du projet Comethe), un second projet "Compétitivité durable des entreprises" a testé le concept sur le terrain. Lancé à l'initiative du ministère de l'Economie, des Finances et de l'Industrie, cette opération a été pilotée par l'association Orée. Durant deux ans, cinq territoires (Plaine du Var, Estuaire de la Seine, Plaine Commune, Roanne Territoire et la Communauté Urbaine de Bordeaux) ont bénéficié d'un accompagnement pour la mise en place de synergie entre leurs acteurs. "Grâce au retour d'expérience de Comethe, nous avons fait preuve de plus de pragmatisme : nous avons commencé par un tour de table des besoins des entreprises et non pas par de la collecte de données exhaustives, précise Paul Schalchli, nous affinons ensuite les connaissances, les propriétés physico-chimiques des déchets, la manière dont nous pourrions les traiter, les valoriser, etc."

Aujourd'hui, ces projets sont à des niveaux différents d'avancement : de la mise en réseau au financement d'infrastructures communes ou à la concrétisation des propositions sur le terrain. L'expérience "Compétitivité durable des entreprises" a néanmoins permis de pointer des freins communs. Ainsi la confidentialité de certaines données, la nécessité d'une animation de la démarche, la réglementation qui encadre le passage du statut de déchet à produit restent des obstacles à l'émergence de certains projets. Autre difficulté : "Les grands groupes disposent de contrats nationaux pour toutes leurs antennes et cela complique par exemple la gestion locale des palettes concernant les déchets " note le chef de projet Ecologie industrielle de l'association Orée. Avec des initiatives de mutualisation, les opérateurs du secteur des déchets disposent d'une meilleure visibilité sur le gisement potentiel mais dans le même temps, pour rester compétitifs, devront proposer de nouveaux services et solutions de valorisation.

Pérenniser la démarche

"Un levier pour faire émerger l'écologie industrielle dans les collectivités pourrait être de l'introduire dans les agendas 21" estime Nathalie Boyer, déléguée générale d'Orée, "cela constituerait un outil du plan d'action et permettrait d'intégrer des entreprises du territoire". Le ministère de l'écologie a constitué un groupe de travail qui réfléchit notamment à cette possibilité. Selon la déléguée, la réglementation jouera également un rôle dans le développement de ce type de démarche. En France, la transposition de la Directive cadre Déchet assouplit un peu les règles pour la valorisation des déchets : certaines substances ne sont ainsi plus considérées comme des déchets après avoir subi les traitements appropriés. Reach pourrait cependant apporter de nouvelles contraintes : un déchet qui redevient un produit serait soumis dans certains cas aux exigences du règlement (nécessité d'évaluation des substances chimiques contenues dans ce dernier). "Certains pays ont intégré l'écologie industrielle dans leur politique par exemple en Chine la loi sur l'économie circulaire adoptée en août 2008 ou la loi de mai 2011 sur l'action publique en vue d'un développement durable dans le canton de Genève" constate Nathalie Boyer.

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