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Ouverture du débat public relatif au projet de stockage souterrain de gaz naturel de Salins des Landes

Le débat public sur le projet de stockage de gaz de Salins des Landes porté par EDF abordera les impacts environnementaux du projet. La création des cavités et les rejets de la saumure se démarquent.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com
   
Ouverture du débat public relatif au projet de stockage souterrain de gaz naturel de Salins des Landes
© EDF
   

Ce jeudi 27 octobre 2011 se tiendra la première des neuf réunions du débat public relatif au projet de stockage souterrain de gaz en couche saline sur les communes de Pouillon et Mimbaste (Landes).

Le débat public se tiendra jusqu'au 31 janvier 2012. La Commission particulière du débat public (CPDP) stockage souterrain de gaz naturel de Salins des Landes établira un compte-rendu dans les deux mois suivants et, sur la base de ce document, le président de la Commission nationale du débat public (CNDP) rédigera le bilan. Quant au maître d'ouvrage, EDF, il disposera alors de trois mois pour indiquer la suite qu'il donne à son projet. S'il est poursuivi, les travaux débuteraient en 2016 pour une mise en service en 2020.

Pour l'instant, aucune des parties prenantes intéressées au débat, telle qu'une association agréée ou une collectivité locale, n'a remis de cahier d'acteur présentant sa position.

 
Les cinq questions posées par le débat public Tout d'abord, le débat devra se pencher sur l'opportunité du projet.
Parallèlement les échanges porteront sur les précautions à prendre dans l'optique d'une poursuite du projet. Il s'agit des précautions en matière de sécurité lors de la réalisation et l'exploitation du centre de stockage, en matière de cheminement et insertion du saumoduc, notamment lors de la traversée des espaces sensibles, et en matière de rejets en mer, notamment au regard de la faune et de la flore et des autres usages de la mer. Seront aussi débattues les précautions à l'égard d'autres activités, notamment l'agriculture, la forêt, le thermalisme et le tourisme.
 
Une douzaine de cavités

L'objectif poursuivi par EDF est de stocker du gaz naturel afin de couvrir les besoins saisonniers de modulation de la consommation de gaz naturel et d'assurer la sécurité d'approvisionnement. Il s'agit notamment, selon le dossier présenté par l'entreprise, de faire face aux besoins d'alimentation des centrales thermiques à cycle combiné gaz utilisées pour produire de l'électricité.

L'opérateur électrique projette de stocker le gaz dans "une douzaine environ" de cavités salines créées par dissolution du sel par de l'eau de mer à l'intérieur d'un dôme à plus de 1.000 mètres de profondeur. Pour cela, une double canalisation enterrée, appelée saumoduc, serait nécessaire : une canalisation acheminerait l'eau de mer depuis l'océan Atlantique jusqu'au site de stockage et l'autre évacuerait la saumure au large, à plus d'1,5 km de la côte. Ces canalisations, d'un diamètre de 50 cm, devraient parcourir environ 45 km pour atteindre l'océan.

Chaque cavité devrait stocker environ 400.000 m3 et le site devrait permettre de stocker 600 millions de m3 utiles, soit l'équivalent de la consommation annuelle d'une agglomération de 750.000 d'habitants. Les installations de surface, c'est-à-dire les équipements de lessivage et les plateformes de puits, devraient couvrir environ 30 hectares. Le choix du site reste à préciser en tenant compte de l'éloignement des zones urbanisées, de la disponibilité foncière et de l'évitement des zones protégées. Coût estimé : 650 millions d'euros.

Ne pas confondre avec l'extraction du gaz de schiste

Parmi les questions environnementales soulevées par le projet, une possible analogie avec les activités d'extraction des gaz non conventionnels figure en bonne place. "Le stockage de gaz naturel et l'extraction de gaz de schiste : deux procédés à ne pas confondre !", indique EDF, estimant qu'"au vu du débat actuel sur l'extraction de gaz de roche […] quelques explications semblent indispensables pour éviter tout amalgame".

Première différence, le projet concerne le stockage du gaz et non l'extraction du gaz prisonnier des roches mères. "Ensuite, la technique de fracturation hydraulique utilisée pour extraire le gaz de schiste n'est pas utilisée pour le projet Salins des Landes", indique l'opérateur, précisant que pour creuser les cavités il entend utiliser "la technique de simple lessivage, ou dissolution lente du sel par l'eau". Enfin, les profondeurs diffèrent puisque le stockage du gaz "s'effectue entre 1.000 et 2.000 mètres alors que le gaz de roche s'extrait à plus de 2.500 m de profondeur".

Maîtriser les rejets de saumure

Les rejets de saumures font pour leur part l'objet de diverses mesures visant à limiter les possibles impacts environnementaux. "La dissolution du sel présent dans le sous-sol (…) générerait un rejet de saumure en mer à un débit moyen estimé à environ 800 m3/h avec une teneur en sel avoisinant 250 g/l", indique le document d'EDF. La composition de la saumure est présentée dans l'étude préliminaire des incidences maritimes et "les composants insolubles présents dans le dôme de sel resteraient au fond de la cavité ou décanteraient dans les bassins de la station pour ceux de plus faible taille", précise EDF. Enfin l'entreprise envisage un positionnement de l'ouvrage de rejet hors de la zone de déferlement pour permettre une bonne dilution du sel et la mise en place d'un diffuseur à l'extrémité du rejet pour optimiser la dilution.

Quant au milieu marin, EDF annonce qu'"un inventaire des espèces présentes sur la zone potentiellement affectée par le panache salin est en cours afin de mieux connaître le type d'espèces la fréquentant, de caractériser les incidences potentielles et de déterminer les mesures à mettre en place pour limiter l'impact des rejets sur le milieu vivant". L'opérateur juge néanmoins qu'"en l'état actuel des premières simulations réalisées, l'incidence du rejet salin sur le milieu vivant serait (...) limitée à une zone très restreinte d'environ 50 m autour du diffuseur et cantonné au fond de l'océan".

Réactions10 réactions à cet article

 

J'ai porté interet a cet article

claude | 29 octobre 2011 à 09h02
 
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Ce genre de stockage existe déjà en Sologne, avec une capacité de 7 milliards de mètres cubes, à une profondeur de 1200 mètres; il s'agit d'un des plus important stockage de gaz naturel au monde.

Bien que le site soit surveillé, on n'a aucune idée de l'ampleur que pourrait engendrer la moindre catastrophe...

Cela fait frémir, mais je me demande si la population locale en est consciente...

Pinapple | 31 octobre 2011 à 15h55
 
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Cette pratique de réalisation de ''cavernes dans des domes de sel'' pour stockage divers dont stockage gaz naturel a été pratiquée dans l'Ouest, S-O de l'Allemagne, vers les frontières hollandaises et belges dans les années 70. Mon employeur de l'époque (Schlum) contribuait à mesurer le volume de la caverne en cours de réalisation, en particulier son col. La saumure résultant de la fonte des sels en place était vendue et acheminée par pipeline chez Solvay en Belgique. Ne pourrait-on là aussi dans les Landes valoriser la saumure mise en solution autrement que par rejet à la mer, en raison de potentielles nuisances induites?
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 03 novembre 2011 à 09h41
 
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En matière de retombées positives sur l'économie locale, c'est nul ! Nous sommes dans une région a vocation touristique et je ne vois pas en quoi ce projet peut valoriser la destination, surtout lorsqu'il aboutit sur la plage avec un gros tuyau.(image)
Pour ce qui est de l'impact sur les milieux marins, on sait tous que l'activité humaine , surtout en matière d'énergie, engendre des effets négatifs voir désastreux sur l'environnement. (et dire qu'il y a encore des pauvres gens dangereux pour dire le contraire)
Le projet ne valorise nullement les potentialités locales, que ce soit les ressources naturelles des landes ou les savoirs faires humains propres à la région.
Aucune utilisation intéressante des eaux salées n'est proposé par le maître d'oeuvre, qui prouve par la son manque d’intérêt total pour la cause environnementale.
je passe sur le rôle de" l’autorité administrative indépendante" dites commission particulière qui aurait matière a nous éclairer sur son fonctionnement, sa relation avec l'état et la jurisprudence , son financement et son contrôle.
merci tout de même pour ce semblant de démocratie participative, qui sous couvert de nous informer nous sonde, en faisant mine de tenir compte de notre avis

likoma | 03 novembre 2011 à 18h30
 
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j'aimerais en savoir plus sur le dangerosité du projet

lilig | 22 novembre 2011 à 12h42
 
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Depuis cet article, les contributions au débat public ont été nombreuses. Plusieurs cahiers d'acteurs argumentés et documentés ont été déposés sur le site. Ils permettent de diversifier les points de vue. En particulier, l'association Les Amis de la Terre Landes note qu'il n'existe aucune étude scientifique sérieuse et indépendante permettant de connaître l'impact des rejets du saumoduc dans l'océan. Nous ne pouvons pas nous contenter du jugement ou d'une estimation d'EDF. Par ailleurs, l'incidence du creusement pour les deux saumoducs sur 40 kms sur l'environnement landais n'a pas non plus donné lieu à une étude sérieuse.

Une Amie de la Terre des Landes | 12 janvier 2012 à 08h45
 
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Bonjour et Bonne Année 2012 !

Ce stockage de gaz naturel en tant que réserve ''stock'' pour compléter les ressources électriques EnR aléatoires pour permettre de compléter la ressource avec centrales cycle combiné gaz+vapeur, ceci afin d'arrêter les Centrales NUC grands-mères, fait DU SENS !.
Autre point: les ''cavernes dans des dômes de sel'', pour qu'il y ait l'étanchéïté ''sel'', par opposition à d'autres roches perméables, il faut les faire là où il y a des dômes de sel càd là où la géologie du sous-sol est ad hoc. Si les Landes présentent cet atout, soit , c'est là qu'il faut faire ou qu'on peut faire! C'est sous le sol, donc une fois les travaux faits et les structures temporaires de forage-dillution-évacuation-sel enlevées, la partie visible en surface ne va pas encombrer ni gêner les activités touristiques. Quant à la saumure à évacuer, comme je le disais dans un post de Nov11, des gens comme Solvay pourraient être intéressés d'en faire un débouché...A défaut, rajouter du sel au sel de la mer (l'origine rocheuse est la même !) n'est pas critique, si ce n'est le dosage lors de l'injection...Ce n'est pas tj judicieux de créer des ''mers mortes'' locales à très forte concentration de sel...Donc faut analyser l'impact d'une dose max et s'y tenir en dispersant correctement. cqfd
A+ Salutations Guydegif(91)

Guydegif(91) | 13 janvier 2012 à 10h27
 
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les landes sont un territoire encore vierge de toute grosse industrie polluante, si ce n'est l'armé qui se réserve un beau morceau de littoral.
Si EDF s'installe sur ce littoral avec ces rejets en mer ,ce sera le feu vert pour continuer le processus de colonisation industrielle et marchande du territoire. Or ce qui attire les touristes et les gens ici c'est justement cette qualité de notre environnement.. nous sommes un collectif citoyen qui défendons notre territoire. Nous avons rassemblé beaucoup d'infos sur le sujet. nous sommes convaincu maintenant que c'est un mauvais projet, qu'il n'a pas sa place ici. sans compter toutes les questions techniques et complexes qui sont misent de coté par EDF.

likoma | 16 janvier 2012 à 10h09
 
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eh bien, une série de cavernes salines fabriquées et utilisées pour stocker du gaz existe dans le Lubéron, dans les collines au-dessus de Manosque (04) et depuis les années 70.... chercher "Géosel" "Géostock" et "Géogaz" sur votre moteur de recherche préféré ....
il s'agit d'un site classé Sévéso (II, même....) et je m'étonne qu'il n'en soit pas parlé dans cet article...

Corinne N | 18 janvier 2012 à 13h17
 
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Eh bien oui, en Allemagne comme en France, la folie humaine n'a pas de limite : le site d'Etrez en Isère exploite des cavités salines sur prés de 30 km² de sous sol. 200 km de canalisations acheminent plus loin les saumures provenant du lessivage vers un petit bois condamné afin de sursaturer le fluide en sel puis mettent le fluide à disposition de l'usine de Marboz fabriquant du chlore. Et quelquefois il y a des incidents : 800 m3 de saumure dans la nature à Sassenage (Revue Préventique Janvier-Février 2012 n°131)....
Oui, les landais fiers de leur territoire préservé et attirant sont conscient des dangers et des aberrations d'un tel projet et le refusent : 12 000 signatures (1 landais sur 30) sur le site du collectif.
Et nous continuerons !

jean michel | 28 juillet 2012 à 10h25
 
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