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La Picardie lance une régie de l'efficacité énergétique

Un nouveau service public est né sous l'impulsion de la région Picardie, qui permettra aux ménages et aux entreprises d'accéder à la rénovation thermique sur la base de tiers-financement et mobilisera la création de 650 emplois dédiés à la filière.

Energie  |    |  Agnès Sinaï  |  Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°331 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°331
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Depuis septembre 2013, la région Picardie s'est dotée d'une nouvelle compétence : elle est devenue autorité organisatrice du service public de l'efficacité énergétique. La région picarde se veut un acteur de la transition énergétique au plus près des habitants et des territoires. "Dans cette période de crise profonde où les Picards risquent dans les prochaines années de devoir choisir entre se nourrir, se déplacer et se chauffer, le Service public de l'efficacité énergétique est une réponse pour diminuer les factures de chauffage des logements, améliorer le confort des habitants et leur qualité de vie", annonce le dossier de presse du lancement de la première régie régionale française de l'efficacité énergétique, présentée à Amiens le 15 novembre par Claude Gewerc, Président du Conseil régional de Picardie et Bruno Lechevin, Président de l'Ademe.

Le Service public de l'efficacité énergétique (SPEE) entend créer une référence locale identifiable, inspirant confiance tant aux particuliers qu'aux professionnels. "Il s'agit de changer d'échelle. L'objectif est d'aller vers la massification et la généralisation des économies d'énergie. Jusqu'à présent, les leviers, éparpillés, n'attrapaient que des acteurs déjà volontaires. La création de la régie va permettre d'aller chercher des publics, de trouver le chaînon manquant", estime Jean-Christophe Porquier, vice-président du Conseil régional de Picardie chargé de l'éco-développement, du climat et de l'énergie. Afin d'optimiser les économies d'énergie réalisées, une prestation de suivi des consommations des logements sera assurée par la régie pendant trois ans après réalisation des travaux, ainsi que la maintenance des équipements de chauffage et de ventilation sur la durée souhaitée par les usagers du service public. Les particuliers seront ainsi accompagnés dans leur démarche de rénovation énergétique. La Picardie dispose, de fait, d'un réseau d'espaces Info énergie structuré depuis plus d'une vingtaine d'années, sur lequel ce nouveau service public régional pourra s'appuyer.

Créer des emplois et prévenir la précarité énergétique

Pour les entreprises du bâtiment, il s'agit d'un signal de fond, qui va solliciter le développement des compétences et des qualifications, et créer de nombreux emplois : 650 au cours de la phase pilote des trois premières années, 3.500 à partir de 2018. "Les professionnels commencent d'ores et déjà à se regrouper pour répondre à l'appel d'offre régional", constate avec enthousiasme Pierre Sachsé, directeur de l'Environnement à la Région Picardie. En matière de formation, la Picardie est une région pro-active puisqu'elle compte 39 plate-formes Praxibat sur les 60 existantes en France et devrait atteindre le chiffre de 60 plateaux de formation. Quelque 1.400 jeunes Picards ont déjà été formés ou sensibilisés. Ce maillage résulte de la volonté régionale de former tous les jeunes du bâtiment à au moins une thématique dans les énergies renouvelables et l'efficacité énergétique. Ce dispositif de formation permet aux professionnels d'obtenir un label "RGE" : Reconnu Garant de l'Environnement.

Le SPEE a l'ambition d'être l'instrument d'une politique de prévention de la précarité énergétique : en permettant aux ménages de réaliser des travaux qui maximisent les économies d'énergie, il diminue leur exposition au risque d'augmentation du coût des énergies. En effet, bon nombre de ménages modestes picards ont un budget de chauffage supérieur à la moyenne nationale avec des taux d'effort pouvant atteindre 20%. Cela est notamment le cas de ménages vieillissants, propriétaires de leur logement et qui n'ont plus de charges de remboursement de prêt immobilier.

Mécanismes d'autofinancement

Sur le plan financier, la régie, qui entrera en fonctionnement début 2014 à l'issue d'une trentaine d'embauches sur des postes dédiés, sera dotée de 50 millions d'euros pour les trois premières années afin de servir de garant ou "tiers-financeur" pour les ménages les plus modestes, touchés par la précarité énergétique. Sur ces 50 millions d'euros, la régie bénéficiera d'une dotation initiale de 8 millions d'euros versés par la Région. Les 42 millions restants seront prêtés en partie par la Banque européenne d'investissement (BEI), qui a confirmé son engagement, éventuellement par la Caisse des dépôts et consignations, dont la décision est encore attendue, et par des banques privées, à des taux préférentiels.

A terme, les prêts seront autofinancés par les économies d'énergie réalisées, ce qui va permettre de sortir de la logique bancaire classique. Le financement des travaux de réhabilitation proviendra des économies financières générées sur une longue période. Maître d'oeuvre de ce nouveau service public régional, la régie sera un assemblier de prestations : "Outre la mobilisation des garanties financières nécessaires, elle fournira un contrat aux particuliers, accompagnera le diagnostic thermique, orientera les travaux, soutiendra la qualification des professionnels", explique Christophe Porquier, co-initiateur de ce projet.

Une première phase d'expérimentation de trois ans

L'habitat représente 15% des émissions de gaz à effet de serre en Picardie. La typologie de l'habitat picard découle naturellement de son organisation territoriale : la dispersion de la population dans de petites communes explique la prédominance à 60% des maisons individuelles dans le parc de logements. Le chauffage est responsable de 81% des émissions résidentielles. 70% des 750.000 résidences principales picardes ont été construites avant la première réglementation thermique de 1975. Caractérisé par des performances énergétiques plus faibles, le parc de logements anciens contribue à 82% des émissions de l'habitat. Dans l'éventail des réductions possibles d'émissions, le secteur du bâtiment jouera un rôle majeur avec 18% des gains escomptés en 2020.

Une première phase d'expérimentation de trois ans sera menée sur trois à six territoires, répartis dans les trois départements de la région. Cette première étape verra la rénovation thermique de 2.000 logements, dotée de l'objectif de réduire de 50 à 80% les consommations d'énergie, conformément au schéma régional du climat, de l' air et de l'énergie (SRCAE). A terme, afin de répondre aux objectifs du SRCAE d'ici à 2050, 10.000 logements privés et 3.000 logements sociaux seront rénovés chaque année. Ces chantiers mobiliseront 300 millions d'euros de travaux dédiés à la rénovation énergétique et un potentiel de 3.500 emplois pour les entreprises du bâtiment en Picardie. Et la régie picarde devrait en inspirer d'autres...

Réactions2 réactions à cet article

 

En lisant cet article j'en déduis aussi que j'ai peut-être rembarré (vite fait quoique poliment) une personne appelant pour une vraie enquête à, ce sujet

Parce qu'on nous invente au téléphone de ronflant prétexte, avant d'essayer finalement de nous vendre quelque chose lié à l'environnement ... qu'on a déjà ou qu'on ne peut pas se payer

Jean-Marie | 19 novembre 2013 à 07h01
 
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Cela montre l'inertie et la nullité de la classe technopolitique bretonne depuis au moins dix ans ; ils n'ont rien vu venir innové en rien soucieux de céder aux corporatismes catégoriels assurant leur réélection si l'argent continuait à circuler comme il le fallait ; résultat la manipulation des bonnets rouges, une catastrophe pour le financement des infrastructures (à revoir, pour en faire une redevance à la charge à l'essieu avec suivi gps en temps réel et allocation aux gestionnaires des réseaux routiers dégradés), les salariés des boites qui sont l'objet d'un ajustement structurel brutal, prévisible, déclenché depuis Bruxelles par Barnier ex ministre de l'agriculture français qui a failli placer un de ses ex conseillers à la préfecture de région Bretagne (ouf..) avec l'accord du précédent préfet de région qui a laissé un champs de mines (mais sans doute politiquement ne l'en a-t-on pas découragé.... Bon est ce qu'Isabelle T. et autres lorientais, propulsés candidats putatifs (pas encore désignés) à ci ou ça aux prochaines européennes ou municipales s'opposeront à la pêche profonde, qui saccage les fonds marins.... A suivre, je suis sûr que les députés PS de la commission du développement durable de l'Assemblée nationale qui les ont tancés pour leur opportunisme apprécieront ce relais.... Parce que s'il faut un pace d'avenir pour la Bretagne, c'est fautes de stratégie autre que le maintien envers et contre tout, à tout brader, de la complaisance agro pêche.

Paf ! | 20 novembre 2013 à 21h12
 
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