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Élection présidentielle : ce que les candidats proposent pour le milieu agricole

Quelle agriculture pour demain ? Les candidats à la présidentielle ne manquent pas de réponses, plus ou moins originales. Toutes obédiences confondues, ils se retrouvent aussi sur certains thèmes, comme la défense du local ou l'agroécologie.

Agroécologie  |    |  Nadia Gorbatko  |  Actu-Environnement.com
Élection présidentielle : ce que les candidats proposent pour le milieu agricole

À quelques exceptions près, comme Jean-Luc Mélenchon, tous les candidats à la présidentielle ont défilé au Salon de l'agriculture, la semaine dernière. Un rituel bien rodé, qui montre à quel point ce secteur compte pour l'opinion publique, d'ailleurs très attentive à son volet environnemental. Selon un sondage publié par Harris Interactive, en février dernier, plus des deux tiers des Français attendraient des pouvoirs publics qu'ils encouragent les agriculteurs « à augmenter la qualité des produits tout en respectant l'environnement ». Les prétendants à la présidence le savent bien. Mais si tous, ou presque, font une place au sujet dans leurs programmes, ils l'abordent de manière bien différente.

Les tenants de l'agritech

Dans le droit fil de l'esprit « start-up nation », Emmanuel Macron voit surtout dans l'agriculture, un secteur à « réinventer » et à « moderniser ». Là, comme dans d'autres, « il nous faudra (...) continuer d'investir dans notre innovation et notre recherche », explique-t-il dans sa lettre aux Français. Une condition nécessaire, selon le président-candidat pour « devenir une grande Nation écologique ». Avec sa volonté de lancer un « choc de recherche » pour « recréer de la valeur ajoutée et gagner le combat contre le dérèglement climatique », Valérie Pécresse n'en est pas très éloignée. Dans ce but, annonce la candidate Les Républicains, « l'Inrae deviendra le bras armé des agriculteurs et nous nouerons des partenariats public-privé pour investir le champ des nouvelles technologies ». Dans une approche plus entrepreneuriale, elle envisage également l'agriculture comme un vecteur de solutions pour atteindre les objectifs climat de la France : en stockant du carbone ou en produisant des biocarburants, par exemple. Une diversification des exploitations qui offre aussi aux exploitants les moyens d'augmenter leurs revenus. Éric Zemmour, lui, cible plutôt l'innovation en robotique « afin de réduire la dépendance à la main-d'œuvre étrangère et aux produits phytosanitaires ».

Les défenseurs de l'agroécologie

L'agriculture bio n'est pas la chasse gardée de la gauche : Marine Le Pen, Éric Zemmour et Nicolas Dupont-Aignan assurent s'en préoccuper également. La candidate du Rassemblement national l'accompagnerait même par un plan de soutien à cinq ans, sans précision sur le montant cependant, quand Nicolas Dupont-Aignan vante la lutte contre l'érosion des sols, le développement de l'agroforesterie ou la diversification des cultures contre les parasites. Philippe Poutou, Fabien Roussel, Anne Hidalgo, Yannick Jadot et Jean-Luc Mélenchon, quant à eux, adoptent le principe d'une véritable transition agroécologique : en dix ans pour le premier, soutenue par des financements publics, et pour les autres, par une réorientation des aides de la politique agricole commune (PAC).

Sur ce point, c'est le candidat Insoumis qui se montre le plus précis : doublement des écorégimes pour l'agriculture biologique, triplement des mesures agroenvironnementales et climatiques, multiplication par deux des aides à la conversion, aide au désendettement… De son côté, la maire de Paris fixe, pour 2030, un objectif de 30 % de la surface agricole en bio, soit 5 % de plus que la stratégie européenne « Farm to fork. » Ce qui ne l'empêche pas, lors de son passage au Salon de l'agriculture, de fustiger « cet agribashing qu'on ne peut plus supporter ».

Les gardiens du patrimoine

Jean Lassalle, pour sa part, milite surtout pour une distribution des aides aux paysans « qui respectent leur terre et leurs bêtes ». Autre de ses préoccupations : favoriser l'accès au foncier, en luttant contre la spéculation, à la formation et la reconversion pour faciliter la reprise des exploitations. Sur ce point, il est rejoint par Fabien Roussel, qui prévoit un programme d'installation de jeunes paysans-travailleurs, via le doublement des fonds de dotation. Le candidat communiste prévoit d'atteindre l'objectif de 500 000 agriculteurs, en 2030, pour moins de 400 000 aujourd'hui. Le sujet, évoqué par Emmanuel Macron, intéresse aussi Anne Hidalgo et Valérie Pécresse, mais le levier de la candidate LR est essentiellement fiscal.

Avec une belle unanimité, l'ensemble des candidats défendent, par ailleurs, les principes de la souveraineté agricole française, de l'approvisionnement local pour la restauration collective et des circuits courts, favorisés par des mesures réglementaires, notamment en matière de commande publique, et autres clauses-miroir. Jean Lassalle se montre le plus original en imaginant des "tickets-paysans", sur le modèle des tickets-restaurants, pour favoriser les agriculteurs locaux.

Les adeptes de l'étiquette

Rien de mieux qu'un peu de traçabilité et de labellisation pour favoriser les productions locales. Nicolas Dupont-Aignan souhaite ainsi promouvoir l'étiquetage obligatoire du pays d'origine des produits, tout comme Valérie Pécresse, ainsi qu'un label unique « Fait en France », déclinable à l'échelle des départements. Anne Hidalgo réclame, pour sa part, « une grande clarification », afin de mieux informer les citoyens, tandis que Yannick Jadot envisage de développer un « Planet score » pour tous les produits alimentaires, intégrant des critères sur les pesticides, le climat, la biodiversité et le bien-être animal. Jean Lassalle est sans doute celui qui va le plus loin en annonçant le conditionnement de l'octroi de ces distinctions à de nouveaux critères, comme la transmissibilité des exploitations agricoles aux générations à venir ou le bien-être des paysans.

Les antipesticides, et les autres

Le thème des pesticides est moins consensuel… Valérie Pécresse écarte purement et simplement « la stratégie zéro phyto en l'absence d'alternative. » Revenu sur ses promesses durant son quinquennat, Emmanuel Macron ne remettra sans doute pas le sujet sur la table. Pour Jean-Luc Mélenchon et Anne Hidalgo, en revanche, une sortie planifiée s'impose. Tout comme pour Yannick Jadot, qui souhaite faire de la santé environnementale une priorité du quinquennat « face à l'explosion des maladies chroniques liées à la pollution de notre environnement et à une alimentation industrielle » : dès 2022 pour les pesticides les plus dangereux (néonicotinoïdes et glyphosate notamment), à 50 % d'ici à 2027 pour les autres, complètement en 2030 ou 2035. « Je suis entouré de paysans, qui ont démontré qu'on pouvait s'en passer », argumentait-il au Salon de l'agriculture.

Tous flexitariens ?

Très peu de candidats, en revanche, se sont vraiment penchés sur le sujet de l'élevage, secteur pourtant très émetteur de gaz à effet de serre, note l'institut I4CE. Tout comme Jean-Luc Mélanchon, Anne Hidalgo défend toutefois l'idée de consommer « moins, mais mieux de viande » et se propose d'accompagner les éleveurs dans la transition de leurs exploitations, vers plus d'autonomie en matière de protéines végétales notamment. Dans ce but, le candidat de La France insoumise programme une aide de 500 millions d'euros par an. Celui des Verts préconise une baisse de 15 % du cheptel bovin en 2035 et le remplacement de l'élevage industriel par un élevage agroécologique en dix ans. Fabien Roussel, lui, préfère défendre la gastronomie française : « Un bon vin, une bonne viande, un bon fromage ».

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