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Le gaz jouera un rôle central dans la transition énergétique mondiale

Malgré le déploiement des renouvelables et les efforts d'efficacité énergétique, la transition énergétique doit être accélérée, note l'Agence internationale de l'énergie. Le gaz jouera un rôle majeur, à condition de réduire ses émissions de méthane.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Dans sa nouvelle édition du World energy outlook (WEO), publiée le 13 novembre, l'agence internationale de l'énergie (AIE) analyse les politiques énergétiques actuelles ou annoncées par les pays et les comparent avec un scénario développement durable qui assure à la fois le respect des engagements climatiques de l'Accord de Paris et des objectifs de développement durable (ODD), notamment sur l'accès à l'énergie et la qualité de l'air. Conclusion : si les énergies renouvelables gagnent du terrain rapidement, les énergies fossiles n'ont pas dit leur dernier mot. La production américaine devrait maintenir les prix des fossiles à un niveau bas, affaiblissant d'autant les efforts de transition énergétique. S'appuyer sur le gaz permettrait de faciliter cette transition, estime l'AIE, à condition de réduire les émissions de méthane sur toute la chaîne de valeur.

Le défi : répondre à une demande croissante, notamment électrique

En 2016, une tendance s'est confirmée : la baisse des coûts et le déploiement rapide des énergies renouvelables, et notamment du solaire. Ce déploiement massif est indispensable pour répondre à la hausse croissante de la demande énergétique, qui sera avant tout électrique, note l'AIE, portée par le développement des usages électriques (moteur électriques industriels, besoins domestiques, climatisation, nouveaux consommateurs, véhicules électriques). Ainsi, même si elle croît plus lentement que dans le passé, la demande mondiale en énergie devrait augmenter de 30% d'ici 2040, soit l'équivalent de la demande actuelle de la Chine et de l'Inde. L'Inde justement, l'Asie du Sud Est et, dans une moindre mesure, le Moyen-Orient, l'Afrique et l'Amérique latine, devraient tirer cette demande.

L'efficacité énergétique permet de contenir cette augmentation : la hausse des besoins énergétiques serait double en 2040 sans la mise en place de politiques de maîtrise de la demande, souligne l'AIE. Les renouvelables permettent quant à elles de répondre à 40% de la hausse de la demande, mettant fin au boom du charbon. Alors que, depuis 2000, la capacité de production à base de charbon a augmenté de 900 GW, d'ici 2040, "seulement" 400 GW devraient être mis en service, la plupart étant déjà en construction. Les besoins en fossiles continueront à augmenter, notamment dans le secteur industriel.

"L'ampleur des besoins futurs en électricité et le défi de la décarbonisation de l'électricité expliquent pourquoi l'investissement mondial dans l'électricité a dépassé celui du pétrole et du gaz pour la première fois en 2016 et pourquoi les questions de sécurité électrique progressent dans l'agenda politique, analyse l'AIE, ajoutant : Les réductions de coûts pour les énergies renouvelables ne suffiront pas à elles seules à garantir une décarbonisation efficace ou un approvisionnement fiable". Il faudra renforcer les investissements dans les réseaux et gagner en flexibilité des systèmes en faisant notamment un lien entre sécurité électrique et gaz.

Les fossiles n'ont pas dit leur dernier mot

Cependant, ces efforts pourraient être freinés par les exportations américaines en fossiles et le développement rapide des véhicules électriques (900 millions en 2040), qui devraient maintenir des prix bas pour le pétrole, autour de 50 à 70$ le baril en 2040. "Même avec une transformation rapide de la flotte de voitures particulières, atteindre un pic de la demande mondiale nécessiterait une action politique plus forte dans d'autres secteurs", estime l'AIE. Or, les signaux économiques ne seront pas incitatifs.

Le gaz naturel devrait couvrir un quart de la demande mondiale d'ici 2040, particulièrement dans les régions riches en gaz (Moyen-Orient par exemple), où, lorsque c'est possible, le gaz devrait se substituer au pétrole. En Asie aussi, le gaz aura un rôle à jouer dans la production électrique et la mobilité. Cependant, les infrastructures n'existent pas encore. La concurrence forte des énergies renouvelables devrait cantonner le gaz dans un rôle d'équilibrage plutôt que dans celui d'un moyen de production de base, estime l'AIE.

Appuyer la transition sur le gaz et réduire ses émissions de méthane de 50%

La résultante de ces tendances est une augmentation légère des émissions de gaz à effet de serre (5% pour la production électrique d'ici 2040 alors que la demande augmente de 60%). L'AIE revoie cependant ses estimations à la baisse de 600 millions de tonnes, par rapport à son scénario précédent, avec notamment un pic des émissions chinoises en 2030. Mais cela ne sera pas suffisant pour compenser les émissions de la mobilité et du secteur industriel.

L'AIE présente donc un scénario qui respecte les engagements de l'Accord de Paris. Dans celui-ci, en 2040, le mix électrique est totalement décarboné, avec 60% de renouvelables, 15% de nucléaire et 6% de sites équipés de captage et stockage de CO2 (CSC). Les véhicules électriques connaissent un développement massif, mais des efforts devront également être faits pour engager la transition du fret routier.

Dans ce scénario, le gaz joue un rôle central pour sécuriser le système énergétique mais aussi produire de l'électricité (en Inde et en Chine) ou assurer les besoins dans les secteurs où les alternatives renouvelables ne sont pas encore matures (industrie notamment). Mais il faudra relever le défi de la réduction des fuites de méthane. "Nous présentons la première analyse globale des coûts de réduction des 76 millions de tonnes de méthane émises dans le monde chaque année dans les opérations pétrolières et gazières, qui suggèrent que 40 à 50% de ces émissions pourraient être réduites sans coût, car la valeur du méthane capturé pourrait couvrir les mesures de réduction". Ces actions auraient le même impact climatique que la fermeture de toutes les centrales électriques au charbon existantes en Chine, souligne l'AIE.

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