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Elevages extensifs et zones humides : un système gagnant-gagnant ?

Préserver les zones humides tout en assurant des revenus décents à des éleveurs, telle est la proposition du CGEDD, qui estime que cette association peut être gagnante pour tous. Il préconise de mener des expérimentations sur trois sites pilotes.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

En France, de nombreuses zones humides sont en péril, tandis que l'élevage connaît depuis plusieurs années une crise. En étudiant des exemples d'élevages extensifs en zone humide, comme en Camargue (Bouches du Rhône/Gard) ou en baie de Somme, le Conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD) estime qu'il est possible d'allier élevage extensif et gestion des zones humides, afin d'améliorer la situation des deux. Seule condition : inscrire ces actions dans une dimension collective et dans un véritable projet de territoire.

Le CGEDD propose donc à l'Etat d'accompagner des expérimentations dans trois sites pilotes : le Parc naturel régional du Cotentin et du Bessin (Normandie), les collectivités en charge du Grand projet du Marais de Brouage (Nouvelle-Aquitaine) et le Syndicat mixte Baie de Somme Grand littoral picard (Hauts-de-France).

Une alliance profitable à l'élevage et aux zones humides

Concilier élevage et gestion des zones humides peut être un système gagnant. Tout d'abord, l'élevage en zones humides peut permettre à l'agriculteur de limiter les dépenses, notamment pour l'alimentation des animaux. "L'élevage est d'abord un bénéficiaire de ces biens et services écosystémiques : par exemple les troupeaux s'alimentent en eau dans les zones humides et se nourrissent au moins en partie de la végétation naturelle qui s'y développe". En optimisant le pâturage dans le temps et l'espace, il est possible de nourrir les bêtes toute l'année ou presque, estime le CGEDD. Mais "tout ce savoir présent chez les éleveurs de marais et en milieux naturels a été oublié au profit de pratiques plus interventionnistes sur les parcelles qui remettent en cause l'équilibre de ces territoires et les fonctionnalités de ces milieux humides".

A l'inverse, l'élevage peut être un atout pour les zones humides. Il "contribue à ce que ces biens et services fournis par les milieux humides bénéficient aussi à d'autres acteurs locaux : une activité d'élevage protège les autres utilisateurs d'eau à condition qu'elle-même soit parfaitement aux normes vis-à-vis des émissions de pollution par les nitrates, pesticides ou eutrophisation". De même, le maintien des zones humides permet de gérer les submersions et de protéger les activités humaines situées en aval des pointes de crue. Enfin, "l'élevage garde des milieux humides ouverts et permet à certaines espèces inféodées aux prairies de s'y reproduire et de s'y développer".

Développer des projets collectifs

Mais ces échanges de services ne suffisent pas forcément à assurer un équilibre économique. Les éleveurs en zone humide qui s'en sortent le mieux ont souvent choisi une labellisation bio ou une commercialisation en circuit court, afin de valoriser leur production. L'agrotourisme peut également être une source de revenus supplémentaires. "L'implication des agriculteurs dans le tourisme (accueil à la ferme) et dans la vie locale (courses de taureaux camarguais) est une réalité en particulier sur certains territoires. Sans cette activité, il n'y aurait plus d'élevage dans le delta du Rhône", souligne le CGEDD, ajoutant : "Cette diversification permet de rendre plus résilientes les structures économiques des exploitations".

Mais pour permettre le développement de projets pérennes et rentables, le CGEDD estime que ceux-ci doivent être portés à l'échelle collective et inscrits dans un projet de territoire. Par exemple, la communauté d'agglomération de Rochefort-Océan et la communauté de communes du Bassin de Marennes, en Nouvelle-Aquitaine, ont pour ambition "d'intégrer le marais et ses activités d'élevage dans une vision globale du territoire, fédérant les acteurs et dégageant des moyens". En revanche, en Camargue ou au lac de Grand-Lieu, "différents syndicats mixtes se partagent les zones humides avec des règles différentes, rendant difficiles l'articulation et la cohérence des actions, et, partant, l'accès des éleveurs aux soutiens humains ou financiers dont ils ont besoin". A l'échelle nationale, le plan d'action en faveur des milieux humides doit donc encourager les intercommunalités à accompagner ce type de projets.

Réactions1 réaction à cet article

 

Oui c'est la quadrature du cercle démontrée ! Là réside notre véritable talent semble t'il !

EnezGreen | 22 novembre 2017 à 18h52
 
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