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Elevage : les pistes pour réduire les émissions d'ammoniac de 10% en 2030

L'Ademe publie une étude qui passe au crible dix pistes d'action pour réduire les émissions d'ammoniac dans l'élevage d'ici 2030. Epandage, incorporation post épandage et stockage font partie des solutions les plus efficaces.

Agroécologie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

La France a "un potentiel notable de réduction des émissions d'ammoniac" (NH3), souligne une étude, menée par un consortium réunissant le Citepa, l'Institut de l'élevage (Idele), l'Institut du porc (Ifip) et l'Institut technique de l'aviculture (Itavi), pour le compte de l'Ademe.

Elle est la première émettrice d'ammoniac en Europe. L'élevage constitue 77% des émissions du secteur agricole, qui représente lui-même 97% des émissions françaises. Il était donc au centre de cette étude publiée le 16 décembre.

"Depuis plusieurs années, l'élevage s'est engagé dans la réduction des émissions d'azote, dont l'ammoniac, via notamment l'optimisation de l'alimentation animale (volailles et porcins), l'amélioration de la gestion des effluents et leur valorisation agronomique ainsi que via les efforts de réduction des nuisances olfactives", note l'étude.

Celle-ci a néanmoins passé en revue dix actions pour aller plus loin à l'horizon 2020 et 2030. En combinant l'ensemble des pratiques étudiées, le potentiel de réduction d'émissions pourrait atteindre 10% d'ici 2030 (-7% pour l'élevage bovin, -26% porcin, -16% volailles). Il sera "probablement nécessaire de développer une politique volontariste sur l'ensemble des filières animales, mais aussi sur la fertilisation des cultures" qui représentent 23% des émissions d'ammoniac agricoles, conclut l'étude.

"Les leviers d'actions à promouvoir peuvent et auront tout intérêt à être liés avec les autres actions ciblant le monde agricole sur la gestion de l'azote, comme les plans d'action liés à la directive nitrate ou le plan énergie, méthanisation et autonomie azote du ministère de l'Agriculture. Des synergies peuvent être aussi identifiées avec les actions visant la réduction des émissions de gaz à effet de serre", souligne l'étude.

Hiérarchisation des pratiques selon le potentiel de réduction

Le plus gros potentiel de réduction des émissions repose sur les pratiques d'incorporation rapide des déjections post-épandage, puisqu'elles touchent aussi bien les élevages bovins (67% des émissions de l'élevage), porcins (10%) et avicoles (15%). L'épandage (pendillards, injection directe) et le stockage (couverture) présentent également de forts potentiels.  En revanche, "les pratiques au bâtiment ne s'appliquent qu'aux porcins sur lisier, et la pratique réduction de l'excrétion azotée par l'optimisation de l'alimentation touche, certes, l'ensemble des bovins, mais l'étude approfondie de la pratique a montré que le levier était faible".

Le post épandage et l'épandage constituent également les mesures les plus intéressantes lorsque l'on prend en compte l'analyse coût/efficacité et le cumul de réduction. Selon l'étude, certaines pratiques (augmentation du temps passé au pâturage et optimisation de l'excrétion azotée pour les bovins), malgré leur plus faible potentiel, sont intéressantes car elles s'effectuent à coût négatif, c'est-à-dire qu'elles génèrent des économies (de fourrage notamment). "Comme les émissions sont environ 107 fois plus faibles à la pâture que dans le continuum bâtiment-stockage-épandage, la préservation des pratiques actuelles de pâturage reste un enjeu important", souligne l'étude.

L'augmentation de la fréquence de retrait des déjections en bâtiment porcins par évacuation gravitaire (lisier flottant) et la couverture des fosses à lisier par croûte naturelle sont quant à elles réalisables à coût nul.

Enfin, "les postes d'émission au bâtiment et au stockage apparaissent certes comme des leviers inférieurs pour réduire ces émissions mais peuvent constituer des enjeux au niveau local. De ce fait, la réduction des émissions au bâtiment et au stockage ne doit pas être occultée".

L'étude indique que certaines pratiques, non analysées, affichent des potentiels de réduction d'émissions potentiellement intéressants, malgré leur faible retour d'expérience. Il s'agit du traitement des déjections hors bâtiments, des récupérateurs/échangeurs de chaleur et de l'ajout d'additifs dans les litières pour les volailles.

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