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Emballages plastique à usage unique : la stratégie 3R est fixée

Les pouvoirs publics viennent d'arrêter la stratégie pour la réduction, le réemploi et le recyclage des emballages en plastique à usage unique. Elle vise l'atteinte des objectifs en 2025 et fixe une trajectoire pour 2040.

Déchets  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com
Emballages plastique à usage unique : la stratégie 3R est fixée

Ce vendredi 15 avril, est paru au Journal officiel le décret qui fixe la Stratégie nationale pour la réduction, le réemploi et le recyclage (stratégie 3R) des emballages en plastique à usage unique. Cette stratégie s'inscrit dans le prolongement du décret 3R, qui fixe des objectifs à l'horizon 2025. La mise en œuvre de cette stratégie devrait être évaluée fin 2023, puis fin 2025, dans la perspective de sa mise à jour et de la préparation d'un nouveau décret 3R fixant des objectifs pour la période 2025 à 2030.

La stratégie constitue une feuille de route qui « vise à déterminer les priorités d'action, les mesures concrètes à mettre en place, qu'elles soient transversales ou sectorielles, pour atteindre les objectifs fixés par le décret 3R à 2025, ainsi qu'à explorer les opportunités et contraintes, les freins et leviers associés à la perspective de fin de mise en marché des emballages en plastique à usage unique en 2040 », résume le document.

L'emballage plastique est devenu un problème

La stratégie part d'un constat : chaque année, la France consomme 4,8 millions de tonnes de plastiques, dont près de 46 % pour les emballages. Les polymères sont omniprésents dans ce secteur, puisque 71 % des emballages ménagers en contiennent. Avec un taux de recyclage de seulement 27 % (l'objectif européen est de 50 % en 2025), « l'emballage en plastique est, en quelques années, passé de solution à problème », résume la stratégie.

Pour y remédier, les législations européenne (la directive SUP, pour single-use plastics) et française (la loi Antigaspillage pour une économie circulaire, Agec) ont introduit une série de mesures de réduction, ou en faveur du réemploi et du recyclage. En France, le décret 3R fixe une première série d'objectifs chiffrés pour 2021 à 2025 : réduire de 20 % les emballages plastique à usage unique (dont la moitié grâce au réemploi et à la réutilisation) ; tendre vers la suppression des emballages inutiles ; ou encore s'assurer que tous les emballages plastique disposent d'une filière de recyclage opérationnelle (au lieu de seulement 65 % des emballages plastique ménagers aujourd'hui).

Des trajectoires sectorielles

La stratégie propose notamment des trajectoires 2025 pour chacun des grands secteurs concernés. Le secteur alimentaire frais non transformé, par exemple, fait apparaître un potentiel de réduction (hors réemploi) de 15 à 20 % des emballages plastique à usage unique. Le potentiel de réduction va de moins de 5 % pour les viandes à plus de 80 % pour les fruits et légumes. Quant au potentiel de réemploi, il est jugé inférieur à 5 % pour l'ensemble des produits de ce secteur.

Autres exemples : le potentiel de réduction est estimé entre 10 et 15 % pour les boissons non alcoolisées, entre 25 et 30 % pour les produits électroniques, entre 40 et 50 % pour les jouets et les articles de puériculture, et entre 45 et 50 % pour le riz, les pâtes et les légumes secs. Les potentiels de réemploi les plus importants sont à chercher du côté de l'hygiène et de la beauté (15 à 20 %), des plats préparés (20 à 25 %) ou encore des emballages de transport rigide du secteur de la logistique (60 %).

Au-delà de 2025, la stratégie fixe des perspectives dans l'optique de l'objectif fixé par la loi Agec : la fin de la mise sur le marché d'emballages en plastiques à usage unique. La stratégie évalue notamment les impacts environnementaux des solutions alternatives et les besoins d'investissement.

Poser les jalons pour 2040

Elle pose surtout les jalons à suivre d'ici à 2040. En matière de réduction des emballages, elle propose de commencer par les « gains rapides » réalisables d'ici à 2025 : réduction du poids des emballages, recours aux matériaux de substitution disponibles (notamment le papier et le carton), et réduction du recours au plastique pour les éléments indispensables de l'emballage. Il s'agit là de trouver le « juste emballage ». La période 2025 à 2030 doit permettre de faire émerger des innovations. L'un des objectifs est d'élaborer des fibres dont les propriétés permettent l'emploi sans recours à une pellicule plastique. La dernière décennie (2030-2040) doit voir la généralisation de ces innovations.

Concernant le réemploi, le « modèle [est] à (re)construire ». La stratégie propose d'amorcer les dispositifs, notamment en rendant disponibles dans toutes les grandes et moyennes surfaces des solutions limitées (solutions pour les professionnels du secteur des boissons, produits secs en vrac pour les particuliers et recharges de produits d'hygiène, par exemple). À partir de 2025, l'offre doit se diversifier. Ayant atteint une échelle suffisante dans les secteurs prioritaires et ayant consolidé son modèle économique, le réemploi peut s'étendre à d'autres gammes de produits. En outre, entre 2025 et 2030, il est censé devenir la norme dans les secteurs de la restauration et des emballages professionnels rigides. La dernière décennie marque là aussi sa généralisation.

Dix axes de travail

Le calendrier est différent pour le recyclage. Il ne prévoit que deux phases. Il s'agit, d'abord, d'accélérer le pas grâce, entre autres, à l'amélioration de la collecte, du tri, de l'écoconception et la progression des taux d'incorporation. La seconde phase, qui doit débuter entre 2025 et 2030, est marquée par une diminution du gisement des emballages plastique jetables. Les déchets plastique durables et réemployables en fin de vie constituent alors progressivement l'essentiel du gisement. « La part du plastique vierge d'origine fossile devient minoritaire et tend vers zéro », prévoit la stratégie.

Tous ces éléments font l'objet de dix axes thématiques, qui précisent les actions à mener, les acteurs à mobiliser et les échéances. Ces thématiques sont : la réduction des emballages inutiles et excessifs ; la montée en puissance du réemploi ; les solutions de substitution ; la recyclabilité des emballages ; l'augmentation de la collecte ; la modernisation, l'innovation et l'adaptation du tri ; l'augmentation des capacités de recyclage en France et l'incitation à l'incorporation de matière recyclée ; les « autres actions transversales » ; les feuilles de route sectorielles ; et l'organisation de la transition.

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