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Actu-Environnement

De la nécessité d'encadrer le développement des centrales solaires au sol

De nombreux acteurs s'inquiètent de l'engouement des investisseurs pour les centrales photovoltaïques au sol. Il est vrai qu'à l'heure de la lutte contre l'artificialisation des sols, cette nouvelle concurrence d'usage est encore peu encadrée.

Aménagement  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
De la nécessité d'encadrer le développement des centrales solaires au sol
© Rick Carlson
   
Il pousse… des champs de cellules photovoltaïques. Encore limité, le déploiement de centrales solaires au sol devrait s'accélérer, à en croire l'engouement des investisseurs qui ont lancé une véritable course à l'acquisition de terres idéales.
Le plan Borloo sur les énergies renouvelables ne devrait que renforcer cette tendance. Il prévoit en effet l'installation d'au moins une centrale par région d'ici 2011. Deux installations de 10 MW dans les plus ensoleillées, une seule dans les moins bien pourvues. L'appel d'offre devrait aboutir en décembre 2009 mais déjà des projets se concrétisent. Ce plan s'accompagne d'un tarif de rachat de l'électricité incitatif (0,20 € le kWh)
Selon les calculs, l'objectif gouvernemental occuperait entre 10.000 et 15.000 hectares de terrain… Or, 10.000 hectares, c'est déjà trop quand on sait que chaque année 72.000 hectares disparaissent à cause de l'urbanisation, commente André Barbaraux, directeur de la Fédération Nationale des Safer (sociétés spécialisées dans la vente de biens fonciers ruraux).
Au moment de la lutte contre l'artificialisation des sols, il est vrai que le manque d'encadrement actuel de ce déploiement pose question. Nous ne sommes pas opposés au photovoltaïque. Nous disons juste que concernant les centrales au sol, il faut faire attention. Leur développement ne doit pas entrer en conflit avec la nécessaire préservation des terres agricoles, forestières et des espaces naturels. D'autant que les centrales photovoltaïques peuvent se déployer sur les toitures de bâtiments agricoles, industriels et commerciaux en prenant en compte les obligations relatives aux paysages et aux sites protégés. Dans ce cas, cela peut même entraîner un complément de revenu non négligeable pour les propriétaires concernées dont les agriculteurs.

L'impact environnement des centrales solaires au sol

Outre l'impact sur le paysage, les centrales photovoltaïques au sol peuvent avoir des conséquences directes sur l'environnement local. Modification des biotopes, érosion des sols, déplacement de la faune sauvage font partie des impacts que peut avoir ce type d'installation.
Mais la question qui préoccupe avant tout les associations environnementales et les agriculteurs concerne la concurrence des sols. En effet, au moment où la sécurité alimentaire devient une priorité et où le gouvernement s'engage à lutter contre l'artificialisation des sols, une nouvelle concurrence avec l'agriculture voit le jour au travers des centrales au sol.
On assiste à un engouement très fort des investisseurs dans certains départements comme les Alpes de Haute Provence, les Landes ou la Réunion. Cela pourrait priver les agriculteurs de leur outil de production. Par exemple, les investisseurs proposent un tarif de 2.000 à 3.000 € l'hectare pour l'implantation de centrales photovoltaïques alors qu'un bail rural, pour le fermage, ne dépassera pas 500 à 700 €.Cela pose un gros problème de concurrence, note André Barbaraux.
Si les partisans du développement de ce type d'installation arguent que les objectifs fixés par la France porteraient l'utilisation des surfaces agricoles utiles à moins de 0,1 %, pour André Barbaraux, ce n'est pas tant la quantité qui compte mais la qualité. Nous craignons un mitage des terres, une implantation en timbre poste des centrales. Cette implantation déstructurerait le sol agricole. Il faut définir des zones d'implantation, encadrer ce développement. À l'instar des ZDE, (Zone de Développement Eolien) le développement des centrales photovoltaïques au sol devrait-il être circonscrit dans des zones définies à cet effet ?
Si à Narbonne, la centrale qui occupe 23 ha a été implantée sur un site classé Seveso, d'autres projets, comme celui de Gabardan, créent la polémique car ils nécessitent un déboisement par exemple. De nombreuses voix s'élèvent donc pour demander qu'un encadrement soit mis en place. Le Ministère du développement durable réfléchit aujourd'hui à la pertinence d'élaborer une procédure d'autorisation des capteurs solaires au sol.

Un dispositif peu encadré pour l'instant

Car aujourd'hui, les centrales au sol ne font pas l'objet de permis de construire. Il est possible de les implanter sur des espaces agricoles sans autres formalités que celles liées aux équipements annexes tels les transformateurs. Ce n'est que lorsque le montant de l'investissement dépasse 1,9 millions d'euros que le projet est soumis à une étude d'impact.
S'il n'existe pas aujourd'hui de procédures nationales permettant de contrôler le développement des centrales photovoltaïques au sol, des initiatives locales voient le jour. Ainsi, les préfets des Alpes-Maritimes et de la Réunion ont prévu la mise en place de procédures qui se rapprochent des permis de construire, explique André Barbaraux.
Pour sa part, le ministère a publié un « guide sur la prise en compte de l'environnement dans les installations photovoltaïques au sol ». Très largement inspiré d'un document de référence publié par le ministère allemand de l'environnement, le guide détaille les différents paramètres à prendre en compte.

Réactions11 réactions à cet article

 
Le scandale des subventions au photovoltaïque !

On a reproché aux biocarburants de remplacer des cultures alimentaires ou de provoquer de la déforestation : c'est exactement ce que font les centrales solaires au sol, avec de l'argent public !

Je suis partisans des énergies renouvelables, mais pas à n'importe quel prix. Les subventions au photovoltaïque sont un scandale, dans la mesure où cet argent serait utilisé dix à cent fois plus efficacement dans les économies d'énergie, ou dans d'autres énergies renouvelables comme la transformation des déchets en énergie.

Enfin, quel est l'intérêt du solaire photovoltaïque en France où l'électricité est faiblement carbonée ? Serait-ce que notre nucléaire n'est finalement pas si propre et durable que cela ?

Tout cela est une triste farce qui permet à quelques uns sans scrupules de s'enrichir sur le dos de la collectivité grâce à une rente accordée par des politiques et des fonctionnaires dont on peut légitimement s'interroger au sujet de leur probité !

La seule politique acceptable consiste à taxer la pollution de façon croissante et technologiquement neutre (par exemple pas en avantageant le diesel par rapport à l'essence). On verra alors se développer naturellement les technologies les plus efficaces économiquement et écologiquement.

Energiestro | 15 juillet 2009 à 10h57
 
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Nucléaire et durabilité

Pour répondre à Energiestro,

Non,le nucléaire n'est pas durable, c'est une énergie fossile comme le pétrole ou le charbon.
Bien encadrée, elle est cependant intéressante d'un point de vue production de fond (coût, "facilité" de production...). Mais elle ne peut répondre à des besoins ponctuels, par exemple.

Certes, ces subventions seraient "mieux" utilisées pour assurer les économies d'énergie, mais alors, aucune "recherche" ne serait effectuée pour trouver des moyens de productions alternatifs au pétrole et charbon...

D'autre part, le photovoltaique, bien encadré (en évitant le mitage des culture, notamment), n'est pas forcément consommateur d'espace : compatbilité avec de l'élevage (milieu agricole), utilisation de terrains pollués, couverture de parking...

Alors faisons fonctionner nos cerveaux, et rien n'empêche de faire des économies d'énergie !

Philoo | 16 juillet 2009 à 08h17
 
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Encore de l'intox

Argumentaire typique de pro-nucleaire m'enfoutiste.

Le PV n'est pas subventionne mais remunere par un tarif : il n'y a pas de subvention et donc pas de scandale.

Ce tarif est finance par un prelevement sur nos facture a la ligne 'CSPE' pour un montant de quelques c€ par an.

L'interet du PV est enorme : tres peu d'impact car meme au sol, les terres utilisees sont tres souvent non agricoles, et cout en baisse constante : la competitivite avec le nucleaire est annoncee pour dans 3-4 ans.

Rappelons que le nucleaire genere des dechets a surveiller pendant pres de 100 000 ans, une menace industrielle permanente durant la vie de la centrale, des consequences sanitaires pour les mineurs et ne nous assure aucune independance energetique car nous importons tout notre uranium

Autant dire que le nuke vite ses derniers jours et ses partisans sont les derniers dinausores de l'energie.... on sait ce qu'il advint des dinausores.

Steph | 16 juillet 2009 à 08h45
 
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L'encadrement du photovoltaique

Il apparait évident, voire urgent d'encadrer le développement de telles centrales, et bien sur, d'en profiter pour réfléchir à leur implantation, qui n'est pas neutre pour l'environnement; on voit bien la problématique des champs d'éoliennes, qui ne sont pas toujours agréables dans le paysage, alors que des solutions alternatives existent (éoliennes à axe vertical, logées dans les pylones à haute tension, par exemple; ne peut-on envisager de grouper ces installations au large des cotes, et faire un complexe solaire, éolien, marémoteur ? pour le solaire industriel, une réflexion préalable, serait certainement utile à tous: est-il indispensable, et ne peut-on le remplacer, en tout ou partie, par de petites installations individuelles, moins enviro-polluantes?

Patrickise | 16 juillet 2009 à 09h51
 
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Les énergies renouvelables, quel scandale ?

Ce que je crains, c'est qu'avec de bonnes intentions, vous contribuiez à encourager les tenants des énergies fossiles et nucléaires. Une nouvelle industrie est en train de naître, il convient de l'encourager, avec qui plus est un système vertueux. Car le prix d'achat du kWh est non une subvention à l'investissement, mais une subvention à la productivité, qui permet une baisse des prix et une hausse des rendements. En Allemagne, où ce système a été mis en place avec succès, les tarifs garantis ont permis une baisse des tarifs des nouveaux contrats PV de 5 % chaque année, et 9 % en 2009. Sur 2010, nous pouvons nous attendre à mieux encore.
Le solaire est la voie la plus porteuse d'avenir en termes d'ENR, et il convient de poursuivre un effort qui commence à peine.

Gypse | 16 juillet 2009 à 10h11
 
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Re:Encore de l'intox

Les terres non agricoles sont dans les Landes des terres forestières qui sont alors défrichées. Le bilan carbone de l'opération n'est pas extraordinaire, les surfaces de production de biomasse forestière (autre énergie renouvelable) sont diminuées d'autant et l'intensité d'entretien (et donc d'artificialisation du milieu) est augmentée.
Ce n'est pas parce qu'une terre n'est pas agricole qu'elle est improductive ou qu'elle n'a pas d'intérêt...

CapMargaret | 16 juillet 2009 à 10h45
 
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Du blaBla et encore du blabla

On voit bien que tout celà repose sur des taxes, des subventions, des exonérations, des avantages fiscaux... si bien que telle solution considérée comme valable aujourd'hui ne le sera plus demain. Sans compter les dogmes en faveur de ceci ou de celà. On le voit bien avec le nucléaire considéré il ny a 30 ou 40 ans comme prometteur et comme une solution d'avenir et qui aujord'hui est considéré comme la pire des solutions. On observe cependant que l'opposition au nucléaire a tout de même permis à certains d'obtenir des situations de premier plan sans oublier au passage de substantiels bénéfices. On aimerait bien savoir aujourd'hui quels sont les fortunes des fondateurs de Greenpeace (ou leurs ayant droits). Certains politiciens n'existeraient pas sans l'opposition au nucléaire. Aujourd'hui on remplace le nucléaire par le changement climatique, et celà continue... N'y avait-il pas réchauffement climatique au moment où certains ont baptisé "Groenland" cette étendue aujourd'hui glacée et qui finalement revient à sa situatiion d'origine. On aimerait des réponses.

RobertVnt | 16 juillet 2009 à 15h55
 
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Re:Du blaBla et encore du blabla

"Certains politiciens n'existeraient pas sans l'opposition au nucléaire"...

Tout comme certains politiciens ont permis le développement du nucléaire...et c'est toujours le cas.

Cordialement

Anonyme | 19 juillet 2009 à 09h52
 
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Re:Encore de l'intox

Les déchets : il faut effectivement parler de ces derniers pour quelque énergie que ce soit.
Le nucléaire présente outre le problème d'approvisionnement, le problème du traitement des déchets.
Le PV pose également un problème de ce type. Qu'allons-nous faire des panneaux une fois que leur rendement sera sous le seuil critique de rentabilité. Le traitement de ceux-ci est très couteux.

D'autre part, le bilan énergétique de la conception à la destruction de ces panneaux n'a pas encore été fait de manière neutre. Y a-t-il réellement un intérêt à utiliser ce type de production d'énergie là où d'autres seraient plus rentables ? Il y a lieu de se poser la question.
Il est parfaitement compréhensible que les pays ne pouvant subvenir à leurs besoins énergétiques et étant correctement expoés utilsent cette énergie relatrivement simple à maîtriser et sans risque majeur en fonctionnement.
Mais le ttraitement des déchets ne peut être oublié.
Enfin, la production passe par des onduleurs qui ont une durée de vie assez courte (+/- 5 ans dans le domestique) qui sont des équipements assez peu "verts"...

Le PV n'est donc pas la panacée, le nucléaire non plus, l'hydro non plus. l"éolien non plus, le fossile non plus... Soyons ouverts à ces différentes technologies en les utilisant de manière intelligente et en fonction du contexte écologique, économique et social. Cela fera faire un grand pas à l'humanité. Et surtout diminuons nos besoins en énergie !

Fabien | 21 juillet 2009 à 00h37
 
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Atteintes aux paysages

Monsieur ;

Je vous signale l’existence d’un projet qui risque de dénaturer un site du magnifique massif de la Sainte Baume (le plan des Vache sur le territoire communale du Plan d’Aups).

Il s’agit de l’installation en pleine nature de 27 hectares de panneaux photovoltaïques.
Le projet est d'autant plus lamentable que notre région est surchargée d'horribles zones commerciales dont les toitures pourraient supporter des panneaux solaires.

Veuillez recevoir, Monsieur l’expression de mes sentiments le p lus cordiaux de randonneur.

Christian Bénazet

christian | 17 décembre 2009 à 13h58
 
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Bonsoir, j'aurai voulu savoir les risques encourus des habitations ce situant à proximité d'une centrale au sol de panneaux photovoltaïques. En ce qui me concerne 137 mètres de 3 hectares de panneaux. Si quelqu'un peut me renseigner. Merci d'avance.

Pierre | 11 août 2013 à 19h14
 
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