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Feuille de route énergie 2050 : l'UE suivra de près les politiques climatiques de ses partenaires économiques

La feuille de route sur l'énergie pour 2050 publiée par la Commission européenne menace de riposter aux fuites carbone et mise sur l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables, le nucléaire et le captage et stockage du carbone.

Energie  |    |  Philippe Collet Actu-Environnement.com
   
Feuille de route énergie 2050 : l'UE suivra de près les politiques climatiques de ses partenaires économiques
   

Ce jeudi 15 décembre 2011, le commissaire européen à l'Energie, Günther Oettinger, a présenté la feuille de route pour l'énergie à l'horizon 2050. Le document de 20 pages "décrit les conséquences d'un système énergétique sans émission de carbone et les mesures nécessaires pour l'encadrer" alors que l'Union européenne escompte réduire de 80 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2050.

"Cette feuille de route devrait permettre aux États membres d'effectuer les choix énergétiques qui s'imposent", indique la Commission qui précise que le document "[s'appuie] sur l'analyse d'une batterie de scénarios, (…) décrit les conséquences d'un système énergétique sans émission de carbone et les mesures nécessaires pour l'encadrer".

Riposter aux fuites carbone

Fin octobre, soit un mois avant la 17ème Conférence des parties (COP 17) de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), la Commission européenne se faisait menaçante en laissant fuiter son projet de feuille de route énergétique. Selon ce document de travail, elle hésitait à abandonner sa politique climatique si aucun accord international n'était trouvé dans les années à venir. "Jusqu'où l'UE doit poursuivre une transition du système énergétique orientée vers la décarbonisation" en l'absence d'accord sur le climat, demandait alors le projet.

La version définitive, publiée après la conférence onusienne de Durban (Afrique du Sud), est nettement moins menaçante. Finalement le texte définitif adopte une autre stratégie : il menace de prendre des mesures contre les fuites carbone tout en appelant à une collaboration internationale.

"Des mesures de protection contre les fuites carbone seront étudiées de très près en fonction des efforts réalisés par les pays tiers", prévient la feuille de route qui par ailleurs appelle à "une amélioration de la coopération afin de développer des conditions de concurrence équitable en matière de marché et de règlementation carbone".

"En appliquant cette feuille de route, l'UE devra considérer les progrès et les actions concrètes des autres pays", justifie le texte précisant qu'"un arbitrage potentiel entre les politiques climatiques et la compétitivité restent un risque pour certains secteurs, en particulier (…) si l'Europe agissait seule".

 
Les Verts critiquent un certain conservatisme "Ce travail de la Commission perpétue un certain conservatisme concernant le rôle de l'énergie nucléaire et de la capture et le stockage du carbone", déplore le groupe des Verts du Parlement européen, relevant néanmoins que "cette feuille de route indique clairement que notre modèle énergétique européen comptera à l'avenir de plus en plus sur l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables".
Si les scenarios proposés "sont encourageants", car ils placent l'efficacité énergétique et les énergies renouvelables en tête des priorités, les Verts auraient préféré que l'objectif 2030 pour les renouvelables soit fixé à 45% plutôt que "30% comme proposé obstinément par la Commission.
 
Priorité à l'efficacité énergétique

Globalement, les scénarios proposés par la Commission s'appuient sur l'efficacité énergétique, les énergies renouvelables, le nucléaire et le captage et stockage du carbone.

L'efficacité énergétique doit être "l'objectif prioritaire" indique la Commission qui estime qu'"un meilleur accès des consommateurs au capital et de nouveaux modèles économiques sont cruciaux" dans cette perspective.

"Le deuxième prérequis important (…) est une part plus importante des sources d'énergie renouvelables au-delà de 2020", avance la communication ajoutant que "tous les scénarios de décarbonisation suggèrent une croissance de la part des énergies renouvelables à environ 30% de la consommation énergétique finale d'ici 2030".

Quant au nucléaire, qualifié de "contributeur important" à la décarbonisation, la Commission estime qu'il "contribue à abaisser les coûts du système et les prix de l'électricité". Cependant, le document prend acte de la catastrophe de Fukushima et des divergences entre les Etats membres sur la poursuite ou l'abandon du recours à cette énergie.

Le stockage du carbone doit pour sa part être déployé massivement à partir de 2030 pour l'ensemble des énergies fossiles. Idéalement, la technologie doit être disponible en 2020 et être largement répandue en 2030.

10 conditions

Enfin, le document conclut sur les "dix conditions qui doivent être remplies" pour que la feuille de route européenne puisse se matérialiser. Première condition : "la priorité immédiate est l'application de la stratégie énergétique 2020", et en particulier le respect des législations qui en découlent.

Parmi les autres conditions, se trouvent notamment l'efficacité énergétique, le développement des énergies renouvelables, la nécessité d'investir dans la recherche et le développement de nouvelles technologies.

Le document servira de base à de nouvelles propositions législatives annonce la Commission. Dès 2012, elle devrait proposer des textes relatifs à trois thèmes : le marché intérieur, les énergies renouvelables et la sûreté nucléaire.

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