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Energie : quand le numérique ouvre le champ des possibles

Les développements rapides des technologies renouvelables, de stockage et numériques créent une émulation dans le monde de l'énergie. D'aucuns réfléchissent même à "l'autoconsommation virtuelle", pour s'affranchir des barrières physiques du réseau.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Courant septembre, deux événements rassemblaient le monde de l'autoconsommation : la conférence de lancement de la concertation de la Commission de régulation de l'énergie (CRE) sur le cadre général et les politiques de soutien à l'autoconsommation, et un colloque dédié à l'autoconsommation organisé par Enerplan. Tous deux affichaient complets, traduisant l'engouement que suscite ce sujet dans le microcosme de l'énergie, mais aussi du numérique. Car ces deux sujets sont étroitement liés. D'ailleurs, l'un des porte-voix de l'autoconsommation, le président de Tecsol André Joffre, s'étonnait de l'absence du ministère du numérique à ces rendez-vous, en lieu et place du ministère de la transition écologique !

Selon lui, les débats actuels autour de l'autoconsommation sont déjà dépassés, avec l'arrivée de la blockchain, qui étend les possibilités. "Le réseau électrique ne sera que le support physique", explique-t-il. Comme lui, de plus en plus d'acteurs misent sur le numérique pour s'affranchir des limites physiques du réseau. Mais peut-on encore parler d'autoconsommation qui, par principe, doit rapprocher moyens de production et lieux de consommation ?

Autoconsommation ou fourniture d'électricité virtuelle ?

Le bureau d'études Tecsol travaille par exemple sur un projet où des panneaux solaires installés en toiture alimenteront une voiture électrique, même lors de ses déplacements. L'autoconsommation devient alors virtuelle. L'énergie produite est stockée dans le "cloud", comme une sorte de crédit de kilowatts heures produits que l'autoproducteur pourra consommer ultérieurement pour "faire le plein" de sa voiture.

Le fournisseur Ekwateur planche aussi sur un modèle d'autoconsommation collective dans lequel des citoyens ou personnes morales investiraient dans un moyen de production pas forcément situé dans leur environnement proche, pour consommer ensuite cette production. Une pratique déjà courante dans d'autres pays…

"Aux Etats-Unis, de plus en plus d'entreprises construisent un parc éolien ou rachètent toute son électricité pour s'alimenter", expliquait Antoine Cahuzac, directeur général d'EDF EN, lors de la conférence de la CRE. EDF EN a d'ailleurs annoncé récemment la signature d'un contrat "de fourniture d'électricité dite « virtuelle » (VPPA: Virtual Power Purchase Agreement) entre sa filiale locale, EDF Renewable Energy, et Kimberly-Clark Corporation, portant sur 120 des 154 MW du projet éolien de Rock Falls", dans l'Oklahoma. Ce contrat de long terme permet "à l'entreprise de compenser ses émissions carbones sans que l'installation d'origine renouvelable ne soit physiquement raccordée à ses activités", explique la maison mère. EDF EN, contrairement à d'autres acteurs, n'emploie pas le terme autoconsommation mais parle de fourniture d'électricité virtuelle…

La traçabilité, pour aller plus loin que les certificats verts

Pour Jean-Baptiste Galland, directeur stratégique du réseau de distribution Enedis, la sémantique est importante : "La réglementation définit l'autoconsommation collective et précise qu'il faut être à l'aval d'un poste de transformation HTA/BT [haute tension/basse tension], ce qui n'est pas le cas dans ces projets". De plus, en l'absence de flux physique entre le moyen de production et le consommateur, "on perd le sens de l'autoconsommation qui porte sur une boucle courte", estime-t-il. "Il faut plutôt appeler cela "traçabilité". Alors que les certificats verts [garanties d'origine] ne garantissent pas de consommer l'électricité verte au moment où elle est produite, ces offres viseraient à mettre en adéquation les périodes de production et de consommation", souligne-t-il. Et de rappeler la particularité du secteur énergétique : "Certaines personnes pensent que l'électricité, c'est comme les smartphones et la 4G : on peut se connecter n'importe où ! Mais ce n'est pas virtuel ! Il y a un endroit où l'électricité est produite et un endroit où elle est consommée. Si ces endroits ne sont pas connexes, il faut les connecter…".

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