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Livre blanc du Syndicat des EnR : en route pour 2020

Le Syndicat des énergies renouvelables a dévoilé jeudi 19 janvier, son Livre blanc des énergies renouvelables qui contient sa feuille de route pour 2020, mais surtout plusieurs propositions afin d'aider au développement de ces EnR.

Energie  |    |  Clément Cygler Actu-Environnement.com
   
Livre blanc du Syndicat des EnR : en route pour 2020
   

"D'ici 2020, la filière des énergies renouvelables pourrait créer en France, jusqu'à 125.000 emplois directs et indirects qui s'ajouteront aux 100.000 existants", a affirmé Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (Ser), à l'occasion de la présentation de son livre blanc. Destiné à alerter les candidats aux présidentiels, les parlementaires ainsi que les leaders d'opinion, cet ouvrage intitulé "Le Livre blanc des énergies renouvelables, des choix qui fondent notre avenir" a pour ambition d'aider à la définition de la politique énergétique française. Ce livre de plus de 200 pages présente ainsi "la feuille de route du Ser pour 2020, les projections pour 2030 et décline douze propositions pour agir concrètement, dès aujourd'hui, pour la création d'une filière énergétique forte, créatrice d'emplois et de richesses industrielles".

Feuille de route 2020 et projections 2030

Début 2011, les EnR représentent 13 % de la consommation finale française, contre seulement 10 % en 2006. Pour le syndicat, l'objectif du Grenelle de l'environnement - 23 % d'EnR en 2020 - reste encore atteignable et pourrait même être dépassé. La feuille de route 2020 reprend donc les mêmes objectifs définis par la loi française, à l'exception de celui fixé au solaire photovoltaïque. Le Ser souhaite ainsi porter à 20.000 MW la capacité solaire installée, au lieu de 5.400 MW normalement prévus, ce qui devrait favoriser le développement d'une filière industrielle "digne de ce nom".

 
Participer au mix énergétique, tout en préservant l'environnement Dans son Livre Blanc, le Ser met en avant cinq vrais avantages portés par les EnR. Avec la maîtrise à terme des prix, ces énergies assurent également une sécurité d'approvisionnement et l'indépendance énergétique de la France. Ces EnR représentent aussi un puissant potentiel de développement pour les entreprises françaises, à condition de maintenir les investissements de toutes les parties prenantes (Etat, entreprises et particuliers). Outre la création de 125.000 emplois, les bénéfices attendus pour la fin de cette décennie, grâce au développement des différentes filières Enr, serait de 3,4 milliards d'euros de solde positif sur la balance commerciale. Au niveau environnemental, si les objectifs de 2020 étaient respectés, l'émission de 20 millions de tonnes de CO2 serait ainsi évitée à cette date.
 
Pour 2030, la feuille de route de l'organisation professionnelle permettrait d'arriver à une part d'Enr d'au moins 34 %, en cas d'une stabilisation de la consommation énergétique jusqu'à cette date. "Cette part relative augmenterait, bien entendu, si les politiques de maîtrise de l'énergie devenaient plus efficaces que celles que nous connaissons aujourd'hui", précise le Syndicat dans son livre blanc. Cette projection se traduit par des puissances installées de 55.000 MW éoliens, 40.000 MW photovoltaïques et 3.500 MW de biomasse électrique. Au niveau de la production de chaleur, le Ser prévoit une production équivalente à 24,7 Mtep avec une augmentation de la part du bois et des déchets (12 Mtep contre 4,1 Mtep en fin 2010) ainsi que du solaire thermique, des pompes à chaleur et de la géothermie (5,3 Mtep). Concernant le chauffage domestique au bois, la feuille de route espère un doublement du taux d'équipement des ménages sans consommer plus de bois, les technologies actuelles ou en cours de développement présentant des rendements bien plus important.

12 propositions, 49 outils

Pour parvenir aux objectifs du Grenelle, voire les dépasser, des mesures rectificatives devront être rapidement appliquées. Le Ser qui souligne la nécessité d'investir et de simplifier certaines démarches administratives afin de soutenir le développement des EnR, a décliné 12 propositions en 49 outils concrets pour faire progresser la production française renouvelable. Plusieurs actions sont ainsi proposées pour chacune des filières (éolien, solaire, biomasse, hydroélectricité, chaleur renouvelable, bâtiment…).

Parmi ces propositions, le syndicat souhaite "desserrer le carcan administratif" pour l'éolien terrestre, véritables freins au développement de cet EnR. En effet, même si la puissance éolienne a été multipliée par 13 depuis 2006, le rythme de développement annuel reste insuffisant. Le Ser recommande donc la suppression des démarches redondantes (ZDE versus schémas régionaux) et celle de la règle des cinq mâts minimum, ainsi que la réduction du nombre des recours abusifs. Ces derniers ralentissent la mise en place des projets, "bien que sur la totalité des recours, 85 % des permis sont validés dans les deux ans qui suivent", précise Nicolas Wolf, président de France énergie éolienne.

Concernant la filière photovoltaïque, une révision des arrêtés issus du moratoire est nécessaire. "L'année 2011 a été destructrice pour cette filière et a abouti à la perte de 7.000 emplois par rapport à 2010", détaille Jean-Louis Bal. Le Ser préconise de mettre un terme à l'instabilité juridique, de raccourcir les délais de raccordement, de modifier l'arrêté tarifaire photovoltaïque pour l'étendre aux installations de plus de 100 kWc et de changer le système de décroissance du tarif.

Inciter les propriétaires de forêts

Une des propositions du Livre blanc vise également à amplifier l'essor de la chaleur renouvelable en doublant la dotation annuelle du Fonds Chaleur qui est actuellement de 250 millions d'euros par an. Pour dynamiser l'exploitation forestière, la fiscalité serait à revoir pour inciter les propriétaires à exploiter leurs bois afin d'alimenter les chaufferies bois en combustible et créer une véritable filière.

Réponse à l'intermittence des autres EnR, l'hydroélectricité doit aussi continuer à être développée, en publiant, par exemple, une carte de France des zones propices à cette forme d'énergie. Selon l'organisation professionnel, le Gouvernement devra également "lancer des appels d'offre pour la construction d'ouvrages nouveaux et l'équipement de seuils existants à l'échelle d'un département ou d'un grand bassin versant, et encourager le développement des stations de pompage en révisant le tarif d'utilisation du réseau de transport public d'électricité".

Enfin, le Livre blanc revient sur les opportunités de la création de filières industrielles reconnues des EnR pour se positionner à l'international, en bâtissant une stratégie d'aide au développement et de soutien à l'export.

Réactions2 réactions à cet article

 

Une fois de plus le SER ( "syndicat "? ) manifeste son mépris absolu pour ceux qui osent contester les éoliennes industrielles. Cette position , pour n'être pas nouvelle, marque une vision de l'existence réduite aux intérêts ,ici financiers.
Tous ceux qui sont attachés à une autre sensibilité sont passés par profits et pertes.On permettra de préférer la montagne Sainte-Victoire telle que l'a peinte Cézanne et non hérissée de machines.

nature | 19 janvier 2012 à 19h13
 
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Directeur adjoint du bâtiment et des énergies renouvelables à l’ademe, Jean Louis Bal était une menace pour nos cours d’eau en tant que promoteur constant de la microhydraulique. Avec son accession à la présidence du SER Jean Louis Bal devient visiblement ce qu’il était déjà essentiellement quand il était payé par nos impôts à l’ademe : un lobbyiste au service d’intérêt privés.
Jean Louis Bal ignore que 50 % des masses d’eau risquent de ne pas atteindre le bon état du fait de perturbations hydromorphologiques, touchant les débits et les transports solides, deux impacts reconnus de l’hydro-électricité. N’avait-il pas hésité à déclarer lors du débat énergie de 2005 (p.84 des actes) « des progrès considérables ont été réalisés avec les petites centrales, et il faut en tenir compte. On sait faire des passes à poissons performantes ainsi que des dispositifs de dévalaison » en ignorant que si des progrès existent des lacunes perdurent par exemple pour la dévalaison de certaines espèces et sont de toute façon gommés par la multiplications des obstacles … surtout quand ses membres se refusent à les équiper.
Jean Louis Bal a pesé dans le COMOP 10 du Grenelle, les défenseurs des cours d’eau en avait été soigneusement écartés !
En 2011 l'hydroélectrique a baissé de 16 %, le changement climatique risque de faire baisser bien davantage la production des centrales au fil de l'eau comme celles de ses amis micro-centraliers qui exigent de réaliser plus de 500 (+30%) micro-centrales.

stinkwolf | 21 janvier 2012 à 20h25
 
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