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Actu-Environnement

La Commission Européenne présente son plan d'action sur l'énergie

L'UE a présenté ses propositions concernant son plan d'action pour l'énergie. Si l'objectif est de lutter contre le changement climatique tout en renforçant la sécurité énergétique, les associations ne semblent pas convaincues.

Energie  |    |  Carine Seghier Actu-Environnement.com
La Commission européenne a présenté mercredi aux membres de l'Union européenne ses propositions concernant son plan d'action pour l'énergie destiné à lutter contre le changement climatique tout en renforçant la sécurité énergétique et la compétitivité de l'UE! Les défis liés au changement climatique, la dépendance croissante à l'égard des importations et la hausse des prix de l'énergie sont des problèmes qui touchent tous les membres de l'UE, a indiqué José Manuel Barroso, le président de la Commission européenne. Il convient de définir une réponse européenne commune pour assurer une énergie durable, sûre et concurrentielle.
Mais l'ambition est énorme : le développement d'une économie produisant peu de carbone. Notre ambition de créer un marché intérieur efficace, de promouvoir un panachage d'énergies propres et performantes, et d'opérer les bons choix en recherche et développement, sera déterminante pour savoir si nous prendrons la tête de ce nouveau scénario ou si nous serons des suiveurs, a déclaré M. Andris Piebalgs, membre de la Commission en charge de la politique énergétique. Malgré ces propos, le Réseau Action Climat, le Comité de Liaison des Energies Renouvelables (CLER), les Amis de la Terre et le Réseau « Sortir du nucléaire », estiment que ce plan énergie est peu ambitieux et accorde une place trop importante à l'énergie nucléaire.

La Commission plaide pour que l'Union européenne s'engage à réduire ses émissions de gaz à effet de serre de 30% d'ici à 2020 par rapport à 1990 dans le cadre d'un accord international sur le cadre post-2012. Mais pour l'instant et en l'absence d'accord, elle propose aux 27 membres de l'UE de réduire de 20 % ses émissions de gaz à effet de serre d'ici 2020, par le biais notamment de mesures dans le domaine de l'énergie. Aujourd'hui, nous sommes convenus d'un ensemble d'objectifs ambitieux mais réalistes, qui étayeront nos efforts au niveau mondial pour restreindre le changement climatique et ses conséquences les plus terribles, a expliqué Stavros Dimas, membre de la Commission en charge de l'environnement. J'invite instamment le reste du monde développé à suivre notre exemple, à s'aligner sur nos réductions d'émissions et à accélérer la recherche d'un accord international sur les réductions des émissions au niveau de la planète, a-t-il ajouté. Un message clair lancé aux Etats-Unis, deuxièmes producteurs de CO2 de la planète derrière la Chine.

Mais pour les associations environnementales, l'objectif de 20% est jugé insuffisant. Seule une réduction de 30 % des émissions permettra de maximiser les chances de stabiliser le climat en maintenant la hausse de la température en deçà de 2°C d'ici la fin du siècle, constate Morgane Créach du Réseau Action Climat France.

Pour réaliser l'objectif européen qu'elle s'est fixé, la commission souhaite des économies d'énergies et surtout des investissements dans les énergies renouvelables en proposant un objectif contraignant selon lequel 20 % de la palette énergétique globale de l'UE devraient être produits à partir de sources renouvelables d'ici 2020. Cet objectif exigera une croissance massive dans chacun des trois secteurs utilisant des énergies renouvelables : l'électricité, les biocarburants et la climatisation, explique la commission.

Sur ce point Raphaël Claustre du CLER estime positif que l'objectif global revêt une valeur juridiquement contraignante. Cependant, il aurait fallu,selon lui,porter cet objectif à 25% et le décliner par secteur (électricité, chauffage-refroidissement.».

Cet objectif de la Commission relatif aux énergies renouvelables est assorti d'un objectif minimal pour les biocarburants : 10% pour leur utilisation comme carburant pour les véhicules d'ici 2020. En outre, elle propose de mettre en place des mesures d'incitation ou d'aide pour éviter les problèmes environnementaux de leur production et de promouvoir le développement de biocarburants de deuxième génération.

La Commission propose par ailleurs un plan stratégique européen pour les technologies énergétiques qui comprendrait l'installation d'éoliennes, de réacteurs nucléaires et de nouvelles centrales électriques (charbon et gaz) stockant leur CO2 dans le sous-sol. Elle souhaite également que le captage et le stockage du dioxyde de carbone soient intégrés dans le système d'échanges des quotas d'émission de l'UE.

La Commission plaide aussi pour le nucléaire mais de façon prudente : c'est à chaque État membre qu'appartient la décision de recourir ou non à l'électricité nucléaire. Pour les pays qui réduisent la part de leur énergie nucléaire, la Commission recommande de compenser en introduisant d'autres sources d'énergie produisant peu de carbone, sous peine de rendre encore plus difficile la réalisation de l'objectif de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

C'est logiquement que le Réseau Sortir du nucléaire a vivement regretté que la Commission tente de faire passer le nucléaire pour une énergie propre et apte à lutter contre le changement climatique. Les risques (d'accident et de fuite notamment) et les déchets radioactifs pour lesquels aucune solution sûre et fiable quant à leur gestion à très long terme n'a encore été trouvée, disqualifient cette énergie, estime le réseau.

Concernant l'efficacité énergétique, la Commission réitère l'objectif proposé en octobre dernier, d'économiser 20 % de la consommation totale d'énergie primaire d'ici à 2020. Si cet objectif était atteint, cela signifierait que, d'ici à 2020, l'UE consommerait environ 13 % d'énergie en moins qu'aujourd'hui, épargnerait 100 milliards d'euros par an et éviterait la production de quelque 780 millions de tonnes de CO2 chaque année, indique-t-elle. Le plan prévoit des actions visant à rendre plus efficaces les appareils consommateurs d'énergie, les bâtiments, les transports et la production d'énergie. Le plan propose de nouvelles normes contraignantes en matière d'efficacité énergétique, la promotion de services énergétiques, des mécanismes de financement spécifiques à l'appui de produits plus économes en énergie. La Commission instaurera en outre un pacte des maires regroupant les 20 à 30 villes d'Europe les plus en pointe et proposera un accord international sur l'efficacité énergétique.

En réaction, les Amis de la terre regrettent que l'objectif de réduction des besoins énergétiques de 20% n'est pas été revu à la hausse alors que la sécurité de l'approvisionnement est on ne peut plus d'actualité avec la décision russe de fermer une nouvelle fois les robinets de gaz vers l'Europe. Le secteur du bâtiment est pour eux largement délaissé alors qu'il représente le gisement le plus important d'économie d'énergie. Qui se préoccupe sérieusement du changement climatique devrait en priorité réduire drastiquement les besoins en énergie de ce secteur !, note Cyrielle Den Hartigh des Amis de la terre.

L'autre volet des propositions de la Commission concerne la libéralisation du secteur et l'achèvement du marché intérieur de l'énergie.

Ce plan sera débattu par les 27 membres de l'UE en vue d'une adoption au sommet européen de mars.

Réactions7 réactions à cet article

 
Re:plan energie durable

ITER, il faut poursuivre la recherche, bien sur, mais on ne peut dire aujourd’hui si nous arriverons à maîtriser la fusion dans 40, 50 ans voire plus, et dans quelles conditions économiques et environnementales.
Le problème est urgent, et il faut agir tout de suite. Les technologies éprouvées existent et il n’est pas nécessaire d’attendre le miracle des ruptures technologiques.
Ce qui manque de manière flagrante, c’est la volonté politique. On a eu trop tendance à endormir les gens avec des effets d’annonce et des objectifs ambitieux sans que soient mis les moyens pour les atteindre. A titre anecdotique un mois après la promulgation du plan climat on a gelé le budget de l’ADEME.
Ces technologies que nous pouvons mettre en œuvre dès aujourd’hui, il faut les faire connaître à l’ensemble des acteurs de la vie économique et pour commencer l’enseigner dans tout le cursus scolaire, formation professionnelle, écoles d'ingénieurs, et aussi (et surtout) aux architectes. Mais il ne s’agit pas de disserter sur le « développement durable » mais d’apprendre les gestes et maîtriser les techniques qui permettront concrètement d’avoir des résultats tangibles.
Aujourd’hui, trouver un professionnel pour poser un panneau solaire, ou faire un forage pour un chauffage avec pompe à chaleur, relève du parcours du combattant si nous souhaitons une prestation réalisée dans les règles de l’art.

rosehouex
 
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Dans ma région, on n'avance pas tant que ça

Lorsque j'interroge innocemment (pas tellement innocemment que cela) , dans les lotissements qui fleurissent un peu partout et même pour les batiments municipaux en construction, au sujet du mode de chauffage, on me répond INVARIABLEMENT : hé bien ! au gaz, bien sur !.
Bonjour l'écologie. Il faut bien rentabiliser les travaux titanesques récemment menés pour "renforcer le réseau".
RIEN EN SOLAIRE, RIEN EN GEOTHERMIE, RIEN EN POMPE A CHALEUR, en fait RIEN en RIEN.
Michou

michou
 
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plan energie durable

Je constate que les commissaires européens ne font aucune référence au programme ITER ,pour lequel il faut absolument déployer des moyens considérables de financement de la recherche.
Toujours et encore des "demi-mesurettes" pour satisfaire à la fois les lobbyings pétroliers et les électeurs européens à qui l'on ment effrontément.
En aucun cas il est prévu de diminuer considérablement la consommation d'énergie.Les énergies renouvelables auront vite atteint leur limite en regard du volume actuel de consommation.
Toujours timide et dans le sens du poil: le nucléaire devra être développé de manière raisonnable.Foutaise! il faut le développer trés fortemment ,avant que que les pays producteurs ne fassent du chantage,en coupant le robinet,et alors qu'est ce qu'on fait? Et s'il n'y a plus suffisamment d'eau permettant le refroidissement des centrales et bien on dessale l'eau de mer(avec l'électricité!) amenée par acqueduc jusqu'à la centrale, et l'eau refroidie repart dans l'eau potable et d'arrosage agriole c.q.f.d.)
D'autant qu'à brève échéance nous subirons les pressions militaires russes,les pressions économiques chinoises,les chantages au gaz et au pétrole devenu rare et cher,étant donné que l'Europe est incapable de se doter d'une armée d'un pouvoir politique et ne reste q'un espace de circulation des biens et des personnes!
Un plan Marshall s'impose à l'Europe:
1/ mettre le paquet sur la recherche ITER, avant que les chinois ou les américains ne trouvent avant nous.ITER est la panacée environnementale, économique,et pacifique.
2/réduire massivement la consommation d'hydrocarbure ,à la fois pour des raisons écologiques et des raisons économiques et stratégiques.
3/imposer dans l'espace européen une vitesse de circulation automobile la plus basse possible(ex: 100km/h)+ ferrou et meroutage
4/Arrêter la fabrication de voiture grosse et petite rapide au profit de voiture petite et peu gourmande.(pile à combustible, moteur à air comprimé,un peu d'éthanol ou huile végétale)
5/faire croire au gens que l'énergie n'augmentera plus est un mensonge démagogique poussé à son point culminant!
Bien sur on va réexploiter le charbon pour en faire du carburant liquide(hitler le faisait déjà!) et après?
6/Recentrer les productions agricoles régionales de manière à réduire les transports routiers
Donc pour moi ces décisions de la commission européennes sont mensongères inéfficaces et à court termes.Il faut avoir le courage de dire qu'on est au bout d'un système .Si les bonnes décisions ne sont pas prises ce sera des guerres possibles ,du rationnement non calculé,des déplacement de populations contraintes.
Il nous reste 40 ans maxi de pétrole(a des prix plus proches de 200€ le baril, et autant pour trouver la fusion thermonucléaire.
Alors les commissaires sont payés cher, trouvez!
J'aimerais dire qu'on a des dirigeants plutôt que des représentants (rappelez vous des accords de Munich!)on a dit ouf mais Daladier a dit "ah les cons".
La stratégie de l'évitement nous toujours mené au chaos, alors faites mais bien: "vox Populi-vox Deï"

artu06 | 11 janvier 2007 à 19h20
 
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On avance, c'est déjà çà !!

Tout à fait d'accord avec vos idées mais ne tombons pas dans la critique facile !!
Les nouvelles normes de construction, sans cesse améliorées montrent que nous progressons sur la bonne voie. L'investissement technologique de la grande majorité des entreprises montrent une prise de conscience certaine des problèmes environnementaux des années à venir.

Reste quelques points noirs comme le miroir aux alouettes des biocarburants (notamment l'E85) et le manque de volonté politique de taxer davantage la consommation d'énergie fossile, seul levier efficace pour nous sortir des émissions massives de CO2.

Fragued | 14 janvier 2007 à 23h59
 
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La taxe !! Vite !!

Votre propos montre bien que tant que n'entrera pas en vigueur une taxe carbone dissuasive, nos émissions de CO2 ne baisseront pas significativement.

Fragued | 19 janvier 2007 à 14h17
 
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Pas trop de taxes, s'il vous plait.

Le principe "pollueur payeur" parait, au premier abord, procéder d'une parfaite logique et d'une équité sans faille : Celui qui est source de pollution est obligé de réparer cette opprobre par le paiement d'une taxe.
La méthode du type : un problème -> une taxe n'est pas nouvelle, elle n'est pas la manifestation d'une imagination débordante, reconnaissons lui, pourtant, de présenter 2 avantages :
1. Dans un système concurrentiel, elle peut inciter à concevoir et utiliser des produits moins polluants, donc, normalement, moins chers puisque supportant une plus faible charge liée à cette taxation.
2. Elle rappelle au consommateur, sous réserve que l'on indique clairement le montant de cette charge, que le produit, malgré tout le soin apporté à sa fabrication et à sa distribution, reste source de pollution.
En revanche, la taxation présente 2 graves inconvénients
1. D'une manière ou d'une autre, la taxe participe à l'augmentation générale des prix puisque, de proche en proche, ces taxes se trouvent immanquablement répercutées sur l'ensemble des produits et services.
2. Donner "bonne conscience" à tous les acteurs qui "s'acquittent" d'une taxe et les éloigne de rechercher sans relâche les moyens de réduire la pollution, par des solutions innovantes.
Donc la taxe ne peut se justifier que comme un moindre mal et sous réserve que la ressource ainsi dégagée soit effectivement affectée au bénéfices de telles solutions.
Michou

Michou | 20 janvier 2007 à 11h25
 
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Seul le coût modifie le comportement !!

Les inconvénients que vous citez n'en sont pas vraiment au vu de ce qui nous attend !!

L'inflation, à laquelle vous faites allusion est issue principalement d'une augmentation (ou vitesse de circulation accrue) de la masse monétaire. Elle est contrôlée par la BCE (M. Trichet aujourd'hui) qui peut relever à sa guise le loyer de l'argent et freiner la hausse des prix.
Pour l'inflation induite, mettre une taxe carbone permet simplement d'anticiper une hausse du pétrole (+gaz et charbon) inévitable et brutale dans les prochaines années.

Pour la "bonne conscience" de ceux qui s'acquitteraient de cette taxe, vous devez comprendre qu'elle pénalisera avant tout les gros pollueurs (gros 4X4, passagers aériens, villas de 200 m²,...). Si alors ces gros consommateurs "s'acquittent" aisément de leur redevance, ils auront le mérite de résorber au final nos 1000 milliards de dettes publiques pratiquement à eux seuls.... Sinon, ils devront passer progressivement aux énergies "décarbonnées".

Peut-être avez vous une autre solution plus efficace et sociale....??

Fragued | 20 janvier 2007 à 18h48
 
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