En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. En savoir plusFermer
Actu-Environnement

Le défi énergétique : entre réalité économique et nécessaire mutation

La question énergétique est au cœur des préoccupations internationales. L'économie mondiale se trouve en effet face un défi majeur : répondre aux besoins croissants en énergie tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Emissions de gaz à effet de serre et secteur énergétique sont étroitement liés. La production d'énergie contribuerait en effet aux deux tiers des émissions de gaz à effet de serre. À ce titre, la lutte contre le changement climatique implique donc une nécessaire modification des comportements en matière d'énergie. Selon Jean-Marie Chevalier, professeur à l'Université Paris Dauphine*, l'un des défis majeurs de ce siècle est de résoudre « l'équation de Johannesburg » : produire davantage d'énergie pour contribuer au développement économique des plus pauvres tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre. Mais comment maintenir la croissance économique tout en allant vers des économies moins carbonées ?

La dépendance énergétique de nos économies

Nos économies sont en effet fortement dépendantes du secteur énergétique. Le pétrole, a lui seul, alimente 36 % de l'économie mondiale. Et la tendance n'est pas prête à s'inverser. La demande énergétique ne cesse de croître dans les pays industrialisés et les pays émergents, en se développant, ont également des besoins énergétiques croissants. Si jusqu'à présent, les pays de l'OCDE dominaient la consommation mondiale (60 %), en 2030 ils ne consommeront plus que 47 % de la production énergétique mondiale. La Chine et l'Inde verront leurs demandes énergétiques augmenter fortement. Non sans impact sur l'environnement… Les scenarii prévisionnels « business as usual » estiment les émissions de GES au niveau mondial à 42 Gt CO2 en 2030 contre 27 Gt CO2 aujourd'hui.

Les systèmes actuels reposent essentiellement sur 3 ressources énergétiques fossiles : le gaz naturel (22 %), le pétrole (36 %) et le charbon (25 %). Trois ressources largement émettrices de GES même si, selon les technologies employées, la contribution aux GES est plus ou moins élevée. Selon une étude du Centre interprofessionnel technique d'études de la pollution atmosphérique (CITEPA) réalisée en 2006, le charbon émettrait directement 341 gCO2/kWh contre 270 pour le fioul domestique et 205 pour le gaz naturel. En incluant l'analyse du cycle de vie (production, transport, utilisation…), les chiffres évoluent légèrement : le charbon émet 384 gCO2/kWh contre 300 pour le fioul domestique et 231 pour le gaz naturel. La France, grâce à son parc de production électrique nucléaire (79 % de l'électricité produite), se distingue dans ses émissions de GES. L'électricité française émet 60 gCO2/kWh contre 370 pour la moyenne européenne. La France affiche de ce fait 6,2 tCO2/hbt émis contre 8,4 au niveau européen.

Des taux qui restent néanmoins largement au-delà des recommandations de la communauté scientifique… Le dernier rapport du GIEC recommande une réduction des émissions de GES comprise entre 25 et 40 % d'ici 2020. Pour parvenir à cet objectif, les pays doivent impérativement diversifier leurs ressources énergétiques, maîtriser leurs dépenses énergétiques et parvenir à des économies moins carbonées.

Économies moins carbonées…

Une cible réalisable sur le plan technologique, à condition d'y mettre les moyens… Si une transition brutale des énergies carbonées aux énergies non carbonées n'est pas envisageable, la diversification des mix énergétiques s'impose. En développant les énergies renouvelables, une production énergétique à plus faible contenu carbone est possible. L'Union européenne table sur 20% d'énergies renouvelables dans la consommation finale d'énergie d'ici 2020 afin de réduire de 20 % les émissions de GES par rapport au niveau des émissions en 1990.

Autre piste d'action : la maîtrise de l'énergie. La Paquet Energie Climat européen porte à 20 % l'augmentation de l'efficacité énergétique d'ici 2020.
Pour optimiser l'efficacité énergétique, il faut une rupture technologique. Il n'y a pas d'impossibilité de ce côté-là. La plupart des technologies sont connues mais il y a un problème de déploiement, explique Alain Grandjean, économiste, membre du Comité stratégique de la Fondation Nicolas Hulot*.
Tout d'abord au niveau de l'énergie elle-même : produire l'énergie dans des usines nouvelles générations plus performantes, utiliser la cogénération, améliorer l'efficacité du matériel de distribution (chaudières à condensation, couplages énergie renouvelable – énergie fossile…)…
Mais aussi en agissant sur les secteurs fortement générateurs de GES : l'industrie, le transport et l'habitat. Si globalement, ces secteurs ont sensiblement amélioré leur efficacité énergétique, l'effort a été annulé par l'évolution des modes de vie (augmentation du nombre de véhicules en circulation, logements plus grands…). Aujourd'hui, les solutions technologiques sont disponibles pour aller plus loin mais nécessitent une impulsion politique forte pour être développées.

L'AIE [NDLR : Agence Internationale de l'Energie] a estimé à 20 milliards de dollars l'investissement nécessaire dans les 20 prochaines années, explique Jean Marie Chevalier. Un chiffre qui perd de son ampleur quand on le compare aux estimations de Sir Nicolas Stern dans son rapport éponyme : le coût du réchauffement climatique s'élèverait à 5.500 milliards d'euros… Et attendre alourdira considérablement la facture selon l'économiste.

Pour inciter les grands consommateurs d'énergie à réduire leurs émissions, l'une des solutions consiste à donner un coût au carbone. L'Europe a montré l'exemple avec son marché de permis d'émissions. Dans le meilleur des cas, l'après Kyoto pourrait donner naissance à un marché plus vaste du carbone. Les discussions internationales suivent leur cours.


* Jean-Marie Chevalier et Alain Grandjean intervenaient, le 20 mai, lors d'une conférence sur le couple énergie environnement dans le cadre d'un séminaire Développement durable et économie de l'environnement, organisé par la chaire Développement durable de l'Ecole polytechnique - EDF et par l'Iddri (Institut du développement durable et des relations internationales).

Réactions4 réactions à cet article

 
carburants

Il faudrait dès à présent envisager sérieusement le problème de l’énergie et des carburants en particulier en instituant un système de consommation régulé pour éviter les crises du secteur industriel et commercial produisant et fournissant les engins consommateurs.
Ce système pourrait se baser sur les utilisations qui sont: indispensables, nécessaires, utiles, futiles et à proscrire.

Indispensables :
-Le transport ferroviaire, fluvial et maritime, le secteur agricole et de la pêche.
-le transport routier strictement nécessaire et en complément du ferroviaire pour les grandes distances.
-Les transports en commun.
-Les secours.

Nécessaires :
-Les transports aériens grandes distances justifiés.
-Les transports de travail artisans, commerçants, VRP et travailleurs non desservis.
-Les dessertes commerciales locales des secteurs isolés.

Utiles :
-Les approvisionnements ménagers.
-Les approches de transports en commun.


Futiles :
-Les ruées de vacanciers en automobiles.
-Les déplacements de masses pour spectacles (foot, tour de France, etc..)
-

A proscrire :
- Les transport aériens.
- Tous les engins de sports et loisirs à base de moteurs thermiques, y compris compétitions professionnelles (rallyes, F1..)

diane | 22 mai 2008 à 16h13
 
Signaler un contenu inapproprié
 
changement énergétique

Je cite l'article :

" Économies moins carbonées…

Une cible réalisable sur le plan technologique, à condition d’y mettre les moyens… Si une transition brutale des énergies carbonées aux énergies non carbonées n’est pas envisageable, la diversification des mix énergétiques s’impose. "

Pas envisageable : NON cela est faux.
Tout dépend des priotités que l'on se fixe.
a mon sens, tout n''est qu'une question de LUXE que l'on se croit en DROIT de conserver. Même si ce luxe n'est possible qu'au détriment d'autres espèce, ou de noytre espèce.

Par exemple, il est assez facile de vivre en France en divisant consommation énergétique moyenne d'un français par 4 ou 5 (énergie industrielle comprise)...
Mais qui voudrait renoncer à son luxe, surtout quand celui-ci est signe de richesse ?
Quand ce luxe est ce qu'une femme demande à un homme, et qu'il est ce pourquoi un homme est capable de mettre en situation d'esclavage ou de soumission autrui et son environnement au sens large ?

Car la question est souvent là : " moi, je veux bien...MAIS J'AI UNE FAMILLE "
Avant, la mère se sacrifiait pour sa progéniture, maintenant, on sacrifie la planète pour pouvoir conserver son bien-être affectif (voir sexuel)...

Hercule POIROT

hercule poirot | 23 mai 2008 à 12h53
 
Signaler un contenu inapproprié
 
energies propres et disponibles

Alors qu'il y a des gisements d'énergies "propres renouvelables, nationales et décentralisée" l'eau par exemple... la plupart des Agences de l'eau (+ Diren DDAF, Onema) dans leur questionnaire/ consultation "democratie participative" militent pour empécher le développement de l'hydro électricité et meme la casser... en invoquant la directive europénne "bon état des riviéres en 2015" alors que la cause principale de leur état, ne sont pas des petits moulins présent depuis plusieurs siécles mais les rejets polluant des uns et des autres.
De plus elles occultent les directives europénnes 20% d'energies renouvelables, la loi sur l'eau, la loi pope, l'article 211-1 du code de l'environnement.... le déreglement climatique ??? qu'est ce que c'est??? pas entendu !!!!
Attitude bizarre! Alors pourquoi ? Simplement la conclusion logique d'une idéologie: l'eau bien commun ne doit pas etre utilisée par des particuliers qui risque raient en plus d'entirer un profit ....(sauf la peche de loisir bien entendu!) alors eule "exploitation" admise: "nationalisée",
Les poissons au service de la querelle " collectivisme/ liberalisme..... ils doivent s'en rejouir, et quand il n'y aura plus que des "oueds" grace aux GES... ça pourra leur servir d'épitaphe!
L'air étant aussi un bien commun .. nétant qu' un particulier, je vais peut etre essayer de ne plus respirer!

gece | 29 mai 2008 à 12h11
 
Signaler un contenu inapproprié
 
Re:carburants

Bravo pour votre idée et votre classement limpides.

A vous vous une idée de mécanisme pour "réguler la consommation"?

nini | 30 mai 2008 à 11h08
 
Signaler un contenu inapproprié
 

Réagissez ou posez une question à la journaliste Sophie Fabrégat

Les réactions aux articles sont réservées aux lecteurs :
- titulaires d'un abonnement (Abonnez-vous)
- inscrits à la newsletter (Inscrivez-vous)
1500 caractères maximum
Je veux retrouver mon mot de passe
[ Tous les champs sont obligatoires ]
 

Partager