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Assises régionales de l'énergie 2008 : l'Ile-de-France fait le point sur sa politique énergétique

Le 16 mai, la région Ile-de-France a lancé ses premières assises régionales de l'énergie. L'occasion de faire un bilan de la politique énergétique et de dessiner ses futures orientations de la région la plus peuplée et la plus énergétivore de France.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Organisées en partenariat avec l'Agence régionale de l'environnement et des nouvelles énergies (ARENE), les premières assises régionales de l'énergie de l'Ile-de-France qui se déroulaient le 16 mai étaient destinées à faire le point sur la politique énergétique régionale et à présenter ses futures orientations.

Initiée en 2001, la politique énergétique d'Ile-de-France a été redéployée en 2006 avec l'adoption d'un plan pour la maîtrise de l'énergie et le développement des énergies renouvelables, principalement dédié à la production de chaleur. A l'heure actuelle, la production régionale d'énergie ne couvre que 7 % des besoins des Franciliens. Un chiffre que la Région espère bien augmenter.
L'Ile-de-France est la première région consommatrice d'énergie en France, avec 14 % de la consommation totale, précise Jean-Paul Huchon, président du Conseil régional. Nous sommes également les premiers contributeurs de gaz à effet de serre. Notre région présente un cas spécifique car elle rassemble 20 % de la population française sur seulement 2 % du territoire national.
Cette concentration de consommations et de nuisances sur un territoire restreint est une faiblesse mais elle peut devenir une richesse. Il faut travailler à l'échelle du territoire, faire en sorte que la région soit à la fois productrice et consommatrice d'énergie
, commente Paul Cassin, responsable du service « air énergie bruit » du Conseil régional.

Le plan pour la maîtrise de l'énergie, développé pour la période 2006-2011, développe trois grands axes en priorité : la relance d'action de maîtrise d'énergie dans le secteur des logements sociaux et des bâtiments tertiaires, l'augmentation de la production d'énergie renouvelable et enfin une meilleure sensibilisation du public et des collectivités.

Changer et réduire les consommations d'énergie

Le secteur du bâtiment est le plus gros consommateur d'énergie. Il y a 5,2 millions de logements en Ile-de-France, dont une majorité de logements collectifs construits avant 1975 (date de la première réglementation thermique dans le bâtiment). Cette obsolescence des logements constitue un véritable gisement d'économies d'énergie, note Jean-Paul Huchon. La région compte également 200 millions de m² de bâtiments tertiaires. Un deuxième gisement…
Le Conseil régional travaille de concert avec l'ADEME (Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie) dans sa politique énergétique. Si des aides sont désormais proposées aux particuliers pour favoriser l'installation d'énergies renouvelables et soutient les maîtres d'ouvrage dans la mise en œuvre de certificats d'économies d'énergie. Là où le bât blesse c'est qu'aujourd'hui, les travaux de maîtrise de l'énergie ne sont financés ni par l'ADEME ni par la région. Nous avons besoin de nous repositionner sur ce sujet, constate Paul Cassin.

A mi parcours du Plan la région affiche néanmoins un bilan plutôt positif : 150 000 tonnes de CO2 sont évitées par an, ce qui représente 40 000 équivalents logements, résume Paul Cassin.
En 2007, 195 études ont été réalisées, 111 installations thermiques, représentant 18.000 m² de panneaux solaires, 15 installations photovoltaïques, représentant 3.300 m² de capteurs solaires, 65 extensions de réseaux de chaleurs représentant 14.000 équivalents logements raccordés, 10 installations bois énergie et 10 pompes à chaleur ont pu être développées grâce au soutien de la région sur son territoire. Concernant les particuliers, 1.088 actions ont été développées à ce jour : 80 concernant le photovoltaïque, 613 le solaire thermique et 395 les pompes à chaleur.

La géothermie, une source d'énergie disponible à exploiter


Pour aller plus loin, l'Ile-de-France souhaite accélérer le développement de la géothermie sur son territoire. Cette technique n'est pas nouvelle en Ile-de-France, explique Guy Simonnot, délégué régional de l'ADEME. Cela fait 20 ou 25 ans que la géothermie est développée ici. Aujourd'hui les technologies sont matures.
Le 17 avril dernier, la région a voté un plan de relance de la géothermie afin d'utiliser une ressource largement disponible dans la région. Le bassin parisien dispose en effet d'un aquifère, le Dogger, qui alimente déjà 34 installations géothermiques. S'étendant sur 15.000 km², le Dogger affiche des températures variant entre 56 et 85°C. D'autres aquifères moins profonds peuvent également être exploités, précise Cyril Brun, chargé de mission au Conseil régional.
Ces ressources géologiques pourraient répondre en partie à la demande de chauffage de la région. L'Ile-de-France envisage donc d'utiliser de manière plus intensive ce réservoir naturel de chauffage.

Un réseau d'observation pour mieux identifier les consommations

Enfin, ces premières assises ont été l'occasion pour les 12 membres du Réseau d'observation statistique de l'énergie et des émissions associées de gaz à effet de serre (ROSE)* de signer officiellement la charte partenariale. Ce réseau vise à doter ces différents acteurs de la région d'un instrument de connaissance, d'appui, de suivi et d'évaluation des actions menées en matière de maîtrise de l'énergie et de développement des énergies renouvelables. L'échange et le partage de données entre les différents membres devraient permettre une meilleure orientation des politiques en la matière.


* Le Conseil régional d'Ile-de-France, l'ADEME, Airparif, l'ARENE Ile-de-France, la Chambre régionale de commerce et d'industrie Paris-Ile-de-France, la DRIRE, EDF, Gaz de France, l'IAU Ile-de-France (Institut d'aménagement et d'urbanisme), le Sigeif (syndicat intercommunal pour le gaz et l'électricité en Ile-de-France), le Sipperec (syndicat intercommunal de la périphérie de Paris pour l'électricité et les réseaux de communication) et le STIF (autorité organisatrice des transports en Ile-de-France).

Réactions4 réactions à cet article

 
Diminuer l'utilisation des énergies fossiles.

IL faudrait cerner et identifier le principal des enjeux:
à mon avis c'est de diminuer l'utilisation des énergies fossiles, principales causes de l'effet de serre. Le rejet continuel de CO2, ne peut continuer qu'à augmenter sans une politique d'incitation à une modification de nos habitudes de transport.
Ceci ne semble pas évident sans le développement des transports en commun, et le ferroutage. Depuis le début des années 80 les industriels ont développé une politique de gestion de stock dite "JUST IN TIME" qui est responsable en partie de la noria des routiers. Tout ceci pour gagner de 1 à 3% sur certains côuts. Es-ce bien raisonnable!
De plus le responsable de la pollution est aussi le transport aérien . Quid de la décision pour le taxer.
Bref votre copie n'est ni sérieusement étudiée ni compléte.
Ce seront vos enfants et petits enfants qui vous demanderont des comptes!:

pote | 19 mai 2008 à 11h31
 
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Equivalent logement

J'ai pu lire dans cet article que "150.000 t de CO2 représentaient 40.000 équivalent logement". Que veut dire équivalent logement ? et qu'est-ce que cela comprend car je trouve que cette valeur est trés faible.

Anonyme | 22 mai 2008 à 08h35
 
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énergie transports & déplacements

les transports & déplacements représentent quel pourcentage de l'énergie consommée en Île de France?

assocdarly | 22 mai 2008 à 11h09
 
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C'est plus que léger

C'est plus que léger comme bilan et comme projet :
- Tout d'abord une énergie renouvelable n'est pas une énergie non polluante, notamment la filière bois.
- la logique de décision et les priorités ne sont pas clairement affichées. Ce n'est qu'un ramassis de mini-projets.
- Ensuite ce projet se limite à une collusion entre institutions publiques (conseil régional, bâtiments publics et ADEME) alors qu'il faut libérer l'entreprenariat privé. Il n'y a par exemple aucune raison que le diagnostic énergétique soit du ressort de l'ADEME, institution publique.
- Il y a aussi une mauvaise foi pour les financements.

Ce projet relève donc uniquement du tape à l'oeil et de la comm habituelle par ce genre d'organismes qui ne brillent pas par leur compétence. L'Ile de France reste pourtant une priorité évidente. C'est la région la plus atteinte par la pollution. Elle concentre une population importante et les élongations sont relativement restreintes (pour les entrepreneurs).

René-Pierre | 25 mai 2008 à 13h45
 
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