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Crise économique et climat : le secteur de l'énergie souffre d'un manque de perspectives à long terme

Le cabinet d'audit et de conseil Deloitte livre son analyse du marché de l'énergie pour les années à venir. La crise économique a eu un impact considérable sur ce secteur et l'incertitude de la reprise pose question quant à l'évolution du marché.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
   
Crise économique et climat : le secteur de l'énergie souffre d'un manque de perspectives à long terme
© Daniel Schoenen
   
Si les prix de l'électricité et du gaz sont déprimés en ce début d'année 2010, ils ne ''reflètent pas les tensions sur les capacités qui, à moyen et long terme, vont s'intensifier''. La disponibilité des ressources en pétrole et électricité est incertaine. Or, dans ce contexte d'incertitudes, la demande énergétique mondiale ne cesse de croître. Comment y répondre ? Les investissements nécessaires à satisfaire cette croissance demeurent ''pharaoniques'' selon une étude du cabinet Deloitte publiée le 19 janvier dernier (Energy predictions 2010). Pourtant, ces investissements font face à de nombreuses autres incertitudes, notamment sur le coût de la contrainte carbone. L'échec du sommet de Copenhague, qui s'est achevé ''sans avoir posé les bases de négociation d'un cadre global contraignant de réduction d'émissions'', prive les investisseurs d'une vision claire et à long terme.

Energies traditionnelles : un pari incertain

Le charbon, disponible en abondance à un coût marginal faible dans les zones de forte demande, ''a pour inconvénient de rejeter près d'une tonne de CO2 dans l'atmosphère pour tout MWh électrique produit''. Si de nombreux producteurs misent aujourd'hui sur la technologie de capture et de stockage de carbone (CSC), qui ''promet une production d'énergie décarbonée à une échelle comparable au nucléaire, à court et moyen terme, pour un investissement équivalent à celui de l'atome, avec une efficacité énergétique en baisse de 20 %, le charbon propre fait doubler le coût de l'électricité''.

La production mondiale d'électricité d'origine nucléaire devrait quant à elle rester stable sur les vingt années à venir ou même décliner légèrement, ''selon les hypothèses de demande électrique, de politiques climatiques ou d'indépendance énergétique, d'arrêt ou de prolongement des tranches nucléaires en service, ou de résistance de l'opinion''. Un certain nombre de projets pourraient être retardés ''du fait de la détérioration du crédit des maîtres d'ouvrage, de l'indisponibilité des financements ou de la pénurie d'ingénieurs nucléaires''. Le retard non officiel du chantier de l'EPR de Flamanville, annoncé par le quotidien Le Figaro le 19 janvier, pourrait confirmer ces prévisions. Selon le cabinet Deloitte, le secteur du nucléaire, pour se développer, a ''besoin, non de subventions publiques, mais d'un prix long terme du carbone''.

Les compagnies électriques et gazières, durement affectées par la baisse de la demande et des prix, hésitent à poursuivre leurs investissements. Les grands producteurs de pétrole sont de leur côté à la recherche de financement pour de nouvelles infrastructures. Selon Deloitte, ''les prêts chinois remboursables en pétrole pourraient faire école''.

Energies renouvelables : des choix stratégiques indispensables

Les énergies renouvelables n'ont pas échappé à la crise. Les investissements ont fortement ralenti depuis quelques mois. De plus, ceux-ci sont confrontés à des incertitudes stratégiques. Par exemple, le paquet climat européen privilégie le choix de l'éolien, ''seule technologie renouvelable mûre, mais dont les limites apparaissent de plus en plus''.
En revanche, des opportunités apparaissent en Afrique du Nord, Sub-saharienne et au Moyen-Orient pour le solaire photovoltaïque. ''A moyen et long terme, le rayonnement solaire constitue une ressource d'énergie primaire abondante, , qui, portée par des coûts d'investissement en baisse, pourrait assurer la fourniture à des zones de pression démographique forte aujourd'hui privées d'électricité, voire exporter vers le sud de l'Europe''.

Efficacité énergétique : l'avenir ?

La demande énergétique devrait croître de 45 % d'ici à 2030. Or, ''ce scénario n'est compatible avec les objectifs de limitation de concentration de CO2 à 450ppm qu'à la faveur d'une baisse de la demande à concurrence de 40 % des efforts de réduction d'émissions. Un déploiement à grande échelle des systèmes de contrôle, mesure et automatisation, permettant aujourd'hui de réduire la consommation finale jusqu'à 30 % dans le résidentiel et 20 % dans l'industrie, est inévitable'', selon le cabinet de conseil.
Le développement de réseaux intelligents pourrait accroître l'efficacité énergétique de l'industrie, aujourd'hui limitée à 33 %.

Finalement, l'étude souligne l'importance d'une vision stratégique du marché de l'énergie, les choix actuels ayant des conséquences à long terme.

Réactions1 réaction à cet article

 
Quid de la réduction de la consommation?

Tous les efforts sont tournés vers la recherche d'une énergie propre, vers la "décarbonisation" des productions, vers les solutions pour produire suffisamment pour satisfaire la demande...
Mais quoi que l'on fasse, quels que soient les réservoirs d'énergie pseudo-propre que l'on va trouver, quels que soient les moyens de stockage de CO2, il arrivera un moment où les ressources ne suffiront plus et ou le stock sera plein partout.
Ne serait-il pas plus intelligent et responsable de chercher à limiter la demande, à rationaliser les besoins?
Il m'est avis que c'est le seul moyen, les ressources sont limitées, adaptons la demande à ces ressources, plutôt que de chercher de quoi satisfaire une demande en croissance exponentielle (croissance induite d'ailleurs par le modèle de société que nous avons créé, et qui n'est par nature pas durable sur une planète dont la quantité de ressource est finie)

G*lles | 20 janvier 2010 à 21h42
 
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