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L'heure est au bilan pour la loi allemande sur les énergies renouvelables

Le Ministère fédéral allemand de l'environnement (BMU) a présenté un rapport d'évaluation flatteur des résultats de l'application de la loi allemande sur les énergies renouvelables (EEG) entrée en vigueur le 1er avril 2000.

Energie  |    |  Florence RousselActu-Environnement.com
Les moyens choisis par l'Allemagne pour favoriser la production d'électricité issue de sources d'énergie renouvelable se sont avérés extrêmement bénéfiques. Cette conclusion est le résultat de l'évaluation de la loi sur la promotion des énergies renouvelables (Erneuerbare-Energien-Gesetz ou EEG), dont le rapport complet a été présenté début juillet par le Ministère fédéral allemand de l'environnement (BMU). Selon Sigmar Gabriel, Ministre fédéral, la EEG est un grand succès en termes de protection du climat, d'approvisionnement énergétique et d'emploi. Grâce à ce texte, les fabricants allemands ont atteint une position dominante sur cet important marché, a-t-il ajouté.

Entrée en vigueur le 1er avril 2000 et modifiée en 2004, l'EEG est le résultat de la transposition de la directive européenne relative à la promotion des énergies renouvelables dans le secteur de l'électricité. Elle regroupe toutes les dispositions relatives au développement de l'énergie hydraulique, de la biomasse, du biogaz, de la géothermie, de l'éolien et du solaire. Dans cette évaluation, l'EEG apparaît comme étant un instrument de soutien valable et performant. Elle a en effet permis de porter la part des énergies renouvelables dans la production électrique allemande de 6,3% en 2000 à 12% en 2006. L'objectif fixé par cette loi qui demandait que la part d'électricité produite à partir de sources renouvelables atteigne 12,5% en 2010 a même déjà été atteint en 2007 et sera peut-être même dépassé. Le ministre allemand est donc très confiant pour l'atteinte du second objectif fixé à 20% en 2020 et à 45% en 2030. Nous pouvons et nous devons augmenter ce taux pour l'objectif 2020 (…) c'est la seule façon d'apporter notre contribution significative pour atteindre les objectifs ambitieux de l'Union européenne décidés en mars pendant la présidence européenne allemande, a-t-il expliqué. Outre la réduction des émissions de gaz à effet de serre et l'augmentation de l'efficacité énergétique, les 27 pays membres de l'Union Européenne ont en effet pris l'engagement collectif de faire passer la part des énergies renouvelables dans la consommation totale d'énergie de 6,5 à 20% d'ici à 2020.

Côté émissions de CO2, le BMU estime que l'EEG a permis d'éviter les émissions de 45 millions de tonnes en 2006 soit 8 millions de tonnes supplémentaires par rapport à 2005. Selon le ministère, l'EEG contribue de manière significative à la protection de climat.

Pour le BMU, la loi allemande pour la promotion des énergies renouvelables a également eu des retombées économiques positives. Les énergies renouvelables sont en effet un facteur considérable d'investissement et sont devenues un secteur majeur pour l'exportation. 9 milliards d'euro ont ainsi été investis dans des installations en Allemagne en 2006. Le BMU estime qu'environ 125.000 postes ont été créés et plus de 214.000 personnes ont été employées dans le secteur grâce à l'EEG. Par ailleurs, plus de 70% des éoliennes produites en Allemagne sont exportées et le BMU estime que les perspectives du secteur photovoltaïque, se développant d'une manière semblable, sont prometteuses. L 'Allemagne est ainsi devenue au cours des 10 dernières années un leader sur le marché mondial de l'énergie éolienne et semble prendre la même voie dans le photovoltaïque et les centrales électriques à biomasse.

Néanmoins, l'évaluation de l'EEG a démontré que le mode de soutien de certains secteurs doit être adapté pour mieux les développer et fournir d'autres incitations à l'innovation. C'est le cas par exemple de l'énergie éolienne en mer. Les experts préconisent d'ores et déjà une augmentation du taux de rémunération de l'électricité produite en mer à partir de 2009. Ce taux pourrait valoir entre 11 et 14 centimes d'euros par kWh, contre 9,1 centimes actuellement.

Le rapport sur l'état d'avancement de l'EEG va désormais être passé en revue par d'autres ministères et sera soumis au Bundestag d'ici fin 2007. Il servira de base à la rédaction d'un amendement à la loi d'ici 2008. Le ministère fédéral de l'environnement présentera une ébauche d'amendement dès l'automne prochain.

Réactions2 réactions à cet article

 
et pendant ce temps là....

Et pendant ce temps là, que faisions nous, que faisez nos dirigeants, nos politiques ?
Cela ne vous rappelle-t-il pas une certaine fable de La Fontaine?
Ah, gauloiserie quand tu nous tiens!
Mais, il n'est jamais trop tard pour bien faire.
Pierre Giroux

Anonyme | 24 août 2007 à 08h28
 
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Re:et pendant ce temps là....

Et pendant ce temps-là ce jour-même Nicolas Sarkozy promeut le nucléaire comme « l’énergie du futur » et minimise le potentiel des énergies renouvelables en caricaturant le modèle énergétique allemand.

À l’issue d’une rencontre informelle au château de Meseberg, au nord de Berlin, avec la chancelière Angela Merkel, Nicolas Sarkozy a invité l'Allemagne à adopter une politique énergétique qui rejoigne celle de la France, qui accorde la priorité au nucléaire. Pour le président de la République français, « il n’y a personne qui peut imaginer que les éoliennes serviront à faire tourner toute l'Europe ». À l’inverse, « la France a fait le choix il y a bien longtemps du nucléaire et n'a jamais eu à le regretter ».

« Réduire les énergies renouvelables aux seules éoliennes est le discours typique des promoteurs de l’atome, qui réduisent le débat énergétique au développement de l’énergie nucléaire !, déclare Karine Gavand, chargée de la campagne Climat de Greenpeace France. Par ces propos, le Président français perpétue de vieux clichés sur les renouvelables et montre qu’il connaît bien mal ses dossiers. »

Au lieu de donner des leçons à l’Allemagne, la France ferait mieux de s’inspirer de son exemple.

L’Allemagne réduit ses émissions de CO2 ; pas la France Sur la période 1990-2005, l’Allemagne a réduit de 19 % ses émissions de gaz à effet de serre. Dans le même temps, la France a diminué ses émissions de seulement 1,4 %. Et l’Allemagne a encore pris une longueur d’avance sur son voisin européen en s’engageant à réduire de 40 % les émissions allemandes à l’horizon 2020. Greenpeace attend de la France qu’elle fasse aussi bien et que l’État s’engage dans le cadre du Grenelle à réduire les émissions françaises d’au moins 30 % d’ici 2020.

L’Allemagne développe les énergies renouvelables ; pas la France Sur la période 1990-2004, la part des renouvelables a augmenté de 2,1 % en Allemagne, alors qu’elle a diminué en France de 0,6 %. La place démesurée du nucléaire dans le mix énergétique français continue de faire obstacle au développement des renouvelables, seules énergies propres, sûres et durables et disponibles dès aujourd’hui. « En s’appuyant sur leur diversité et leur complémentarité (solaire, éolien, hydraulique, géothermie, biomasse), la France dispose pourtant du potentiel nécessaire pour répondre à 25 % de nos besoins énergétiques d’ici à 2020 ! », commente Karine Gavand. Dans le cadre du Grenelle du l’environnement, Greenpeace attend des engagements du gouvernement à la hauteur de ce potentiel.

L’Allemagne crée des emplois ; pas la France En Allemagne, les renouvelables ont créé 130 000 postes en dix ans ; 250 000 autres sont prévus d'ici à 2010. Par comparaison, aujourd’hui en France, le secteur des renouvelables fait travailler 40 000 personnes. « Le développement des renouvelables en France pourrait pourtant créer jusqu’à 361 900 d'ici à 2020 ! », commente Karine Gavand.

L’Allemagne a pris une décision démocratique sur le nucléaire ; pas la France En relançant le débat sur le nucléaire en Allemagne, Nicolas Sarkozy ne peut ignorer que ce débat a déjà fait l’objet de longues discussions outre-rhin qui ont aboutit sous le gouvernement précédent à un accord avec les industriels et une loi de sortie du nucléaire à l'horizon 2020. Cette décision n’a pas été remise en cause par le gouvernement de Angela Merkel et le ministre de l’Écologie allemand a même déclaré récemment que les plus vieilles centrales devraient être fermées rapidement du fait des risques. « La France, qui a fait un autre choix, se contente de relancer le nucléaire à travers le réacteur EPR, projet inutile et dangereux, qui a été décidé en l’absence d’un débat démocratique digne de ce nom », commente Frédéric Marillier, de la campagne Énergie de Greenpeace France. Greenpeace réclame l'abrogation du décret d'autorisation de l'EPR.

sakay | 11 septembre 2007 à 00h43
 
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