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Energies marines : la Bretagne est dans les starting blocks

De nombreuses fermes pilotes pourraient voir le jour dans la région d'ici 2020. Dans cet objectif, des exercices de concertation et de planification ont démarré dès 2009 au sein d'une instance rassemblant tous les acteurs concernés.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

François Hollande vient d'annoncer le lancement d'un appel à manifestations d'intérêt (AMI) pour le développement de quatre parcs pilotes d'hydroliennes. L'une des deux zones sélectionnées, le passage du Fromveur, se situe en Bretagne, au large du Finistère. Cette annonce constitue la concrétisation d'un des nombreux projets bretons de développement des énergies marines.

Hydroliennes, éolien flottant, énergie houlomotrice… De nombreux industriels s'intéressent en effet à cette région à fort potentiel pour les énergies marines. Des travaux de concertation et de planification ont donc été lancés pour définir les zones propices à leur déploiement.

Une concertation amorcée en 2009

"La planification des énergies marines n'est pas seulement spatiale. Elle passe par une large concertation locale avec les usagers de la mer, les élus… Dès lors, on peut espérer que le travail entrepris derrière les rideaux porte ses fruits", analyse Dominique Ramard, conseiller régional délégué à l'énergie.

C'est ainsi qu'a procédé l'Etat, pour le premier appel d'offres éolien en mer. Dès 2009, les préfets maritimes et de régions ont été chargés de lancer une concertation et une planification afin d'identifier les zones propices à l'éolien offshore. Un exercice relancé en 2011 pour définir de nouvelles zones pour l'éolien offshore et déterminer le potentiel technique des autres filières (éolien flottant, houlomoteur, hydrolien). Plus récemment, en février 2013, les préfets de région Basse Normandie et Bretagne et les Préfets maritimes de la Manche, de la Mer du Nord et de l'Atlantique ont été chargés d'identifier, au sein des zones déjà pressenties pour l'hydrolien (au large du Raz Blanchard, du Raz Barfleur et dans le passage du Fromveur) un zonage plus précis en concertation avec l'ensemble des acteurs, en vue du lancement de l'AMI hydrolien.

En Bretagne, ces exercices sont réalisés au sein d'une instance originale, la Conférence régionale de la mer et du littoral, co-pilotée par le préfet de région, le préfet maritime et le président du Conseil régional. La conférence, qui rassemble également l'ensemble des acteurs du milieu maritime (pêcheurs, industries, associations de défense de l'environnement…), a été reconnue par décret en février 2012.

Croiser les enjeux et définir le champ des possibles

"La planification est un exercice qui demande du temps. Il faut accumuler toutes les données importantes sur les activités maritimes, l'état de l'environnement… Ensuite, avec l'ensemble des parties prenantes, est dressé un diagnostic partagé", explique Yann Guiton, chargé de mission au secrétariat général pour les affaires régionales (Sgar). Les enjeux sont ensuite hiérarchisés. Par exemple, pour le passage du Fromveur, les questions de navigation et de paysage ont été classées comme des enjeux forts. En revanche, cette zone est peu fréquentée par les pêcheurs et possède d'autres atouts propices à l'installation d'une ferme pilote hydrolienne : aucune espèce remarquable n'a été identifiée hormis en zone côtière et l'impact de la ferme sur le régime hydrodynamique serait faible.

Une fois le diagnostic dressé, un cahier des charges est défini, décrivant les activités possibles ainsi que les conditions à mettre en œuvre. Ainsi, pour le passage du Fromveur, d'une profondeur de 50 m, les hydroliennes ne doivent pas dépasser 30 m de hauteur afin de laisser passer les ferries. "L'objectif est de définir si les énergies marines sont conciliables avec d'autres usages de la mer. C'est un compromis de ce qui est possible et acceptable pour le milieu, les activités, l'industrie… Il n'y a pas de zone parfaite", souligne le chargé de mission.

Cependant, cet exercice réalisé en amont des projets permet de favoriser leur acceptabilité. "Pour le projet d'éolien offshore de Saint-Brieuc, nous avons essayé de répondre aux différentes questions. Ainsi, pour les défenseurs des paysages, nous avons mené une évaluation de co-visibilité qui a permis de montrer que, compte tenu de l'éloignement du parc, la visibilité était acceptable. Sur l'impact sur les oiseaux migrateurs, nous avons bénéficié de retours d'expériences étrangers, notamment hollandais, qui ont montré que la mortalité due aux éoliennes était relativement marginale".

La planification se poursuit

Aujourd'hui, les travaux se poursuivent sur les autres énergies marines. "Nous avons constaté que la planification nécessitait du temps. Nous avons donc décidé de plancher sur les énergies marines qui pointent le bout de leur nez, comme l'éolien flottant par exemple. L'objectif est de définir un cahier des charges avec l'ensemble des acteurs concernés pour être prêts au cas où".

Car les volontés locales et industrielles pour développer les énergies marines ne suffisent pas pour concrétiser les projets : l'Etat reste le seul décideur concernant le domaine maritime public. C'est pourquoi la mission d'études sur les énergies marines renouvelables, menée par les conseils généraux du ministère de l'Ecologie et de l'Economie (CGDD et CGIET) préconisait de procéder par appel d'offres ou appels à manifestation d'intérêt pour lancer les fermes pilotes. Celle-ci avançait un calendrier : 2013 pour l'hydrolien, 2014-2015 pour l'éolien flottant et 2015-2016 pour l'houlomoteur, selon l'état d'avancement des démonstrateurs.

Réactions4 réactions à cet article

 

La Bretagne le mauvais élevé d’après EDF (refus d'implantation de centrale nucléaire ) deviendrait donc une des région les plus productrice d’électricité s'est le monde a l'envers :)))

ice 54 | 01 octobre 2013 à 08h39
 
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Il y a encore loin de la coupe aux lèvres mais ce serait une très bonne nouvelle que la Bretagne gagne en autonomie énergétique: son alimentation électrique actuelle est en grande partie issue des centrales nucléaires normandes, la Normandie étant l'une des régions les plus "excédentaires" toutes énergies confondues (3 centrales nucléaires + centrales thermiques + parcs éolien projetés + raffinerie ...).
Question: quels potentiels réalistes et à quelle échéance?

Albatros | 02 octobre 2013 à 09h19
 
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La Bretagne est un bon exemple de la motivation en démantèlement nucléaire !!! En me promenant cet année je suis tombé sur la centrale qui avait été montée il y a longtemps et qui est toujours la !!!!!Je ne pense pas qu'elle soit encore occupée par des matières radio active cependant elle n'est pas démontée !!!!!!!!

ice 54 | 02 octobre 2013 à 10h04
 
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Si le nucléaire avait donné lieu au même type de concertation(prise en compte des différentes parties, analyse des risques, etc) il n'y aurait pas de centrales en France

lio | 02 octobre 2013 à 11h08
 
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