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Energies marines : l'UE présente son plan d'action

La Commission européenne a présenté un plan d'action pour accroître le développement des énergies marines. Un forum rassemblant l'ensemble des parties prenantes devra définir la stratégie industrielle à mettre en place d'ici 2020.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°334 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°334
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"Le potentiel énergétique de nos mers et océans dépasse nos besoins actuels", estime la Commission européenne qui a publié, le 20 janvier, un plan d'action pour accélérer le développement de l'énergie bleue. Sous ce terme, la Commission entend aussi bien les technologies utilisant l'énergie des vagues, des marées ou thermique des mers. Pour l'heure, "leur déploiement est limité, mais le secteur a le potentiel de croître, en alimentant la croissance économique et en créant des emplois non seulement le long des côtes, mais aussi à l'intérieur des terres, tout au long des chaînes d'approvisionnement". Certaines estimations misent sur une fourchette de 10.500 à 26.500 emplois permanents et 14.000 emplois temporaires créés par les énergies marines d'ici 2035.

Mais avant que ces énergies puissent contribuer aux objectifs énergétiques, climatiques et économiques de l'Union européenne, de nombreuses barrières restent à lever : coûts de déploiement de ces technologies et accès aux financements, raccordement aux réseaux et barrières administratives. L'impact environnemental de projets d'énergies marines reste aussi à identifier.

La Commission propose donc un plan d'action en deux temps d'ici 2020 pour lever les principaux freins identifiés. "L'objectif est de s'attaquer aux obstacles susmentionnés en encourageant la collaboration entre les développeurs de technologies, les décideurs, les investisseurs et les autres parties prenantes de manière à combler le fossé entre la recherche et le marché", souligne la Commission.

Une feuille de route partagée d'ici 2016

Entre 2014 et 2016, un forum réunissant tous les acteurs concernés par les énergies marines (industriels, Etats, recherche, UE, ONG) devra être mis en place, afin d'améliorer la coordination entre politiques et industries. Des ateliers de travail devront permettre "de développer une compréhension commune des problèmes et de trouver collectivement des solutions viables". La Commission y jouera un rôle de facilitation et de coordination.

Ce travail collectif aboutira à la rédaction d'une feuille de route stratégique, "qui fixera les étapes de développement industriel dans un délai précis ainsi qu'un plan de mise en œuvre indicatif". Pour cela, industriels et planificateurs des réseaux électriques et des plateformes portuaires devront dialoguer, afin d'identifier les besoins en infrastructures et les synergies avec d'autres industries marines (éolien offshore notamment), en matière de chaînes d'approvisionnement, de raccordement au réseau, d'opérations de maintenance, de logistique et de planification spatiale.

Un deuxième atelier devra aborder les problématiques administratives et financières afin de réduire les délais des procédures d'autorisation et de faciliter l'accès aux financements. Un catalogue des meilleures pratiques sera établi ainsi qu'une évaluation des différents mécanismes de partage des risques (prêts bonifiés, co-investissement et garanties publiques). La Commission souligne que divers programmes européens pourront soutenir ces technologies (Horizon 2020, NER300), tout comme la Banque européenne d'investissement (BEI) via son programme de financement des énergies renouvelables.

Enfin, un groupe de travail sera chargé de plancher sur les évaluations d'impact environnemental des installations existantes et futures, "essentielles pour assurer le développement durable de cette industrie émergente". Si plusieurs directives s'appliquent aux énergies marines (préservation de l'environnement, évaluation de l'impact environnemental, énergies renouvelables) ainsi qu'une proposition de directive sur l'aménagement du territoire maritime, ce chantier devra "évaluer la nécessité de mettre en place des directives spécifiques à ce secteur".

Un partenariat public-privé pour parvenir à l'industrialisation

Dans un deuxième temps (2017-2020), "une initiative industrielle européenne pourrait être développée sur la base des résultats du forum". Basée sur un partenariat public-privé (industrie, recherche, Etats membres et Commission), elle permettrait de fixer des objectifs clairs et partagés et constituerait un "tremplin important" pour le déploiement industriel des énergies marines en Europe.

Parallèlement, des lignes directrices pourraient être publiées afin de faciliter l'octroi des permis et alléger la charge administrative pour les autorités et les promoteurs de projets.

Un suivi des projets (capacité installée et production d'énergie, investissements, emplois…) devra être mis en place afin de mesurer le déploiement de ces technologies. "La Commission procédera à une première évaluation des progrès accomplis en 2017 et à une évaluation plus complète de l'état de développement de l'énergie de l'océan, au plus tard d'ici 2020".

Réactions4 réactions à cet article

 

L'énergie marine, ça marche 24 heures sur 24 :-)

On croirait que ça ne paraissait pas évident à tous les crânes d'oeufs de l'ENA, des Ponts , des Mines et de polytechnique pour faire bonne mesure dans un pays qui a tant de côtes

Jean-Marie | 21 janvier 2014 à 07h11
 
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@ Jean- Marie, les décideurs historiques sur le secteur d'activité seront bien sur positionnés sur ce marché même si certains freinent ou se contentent juste de suivre... cela reste un beau Projet qui va j'espère se concrétiser si les moyens sont là et les objectifs clairs

Arnaud | 21 janvier 2014 à 10h01
 
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si ça pouvait tuer dans l'oeuf les projets éoliens offshores plus aléatoire, peu prédictibles et surtout qui vont dénaturer nos côtes ...!
avec l'hydrolien notamment je pense qu'on peut effectivement concilier performance , régularité et environnement ...les poissons ne sont pas sensibles aux paysages...eux !

carl | 22 janvier 2014 à 08h48
 
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Entre le potentiel et la réalité, il y a malheureusement l'industrialisation de nos côtes et de l'espace maritime qui est un bien commun à toute l'humanité. Les états bradent ce bien inestimable aux lobbies de l'éolien dit offshore (grands groupes industriels) qui implantera des usines électriques sur le littoral côté mer au mépris des populations concernées et surtout des touristes (la loi littoral s'applique côté terre mais pas côté mer dixit la DREAL) Le coût de l'électricité produite est six à sept fois plus cher que celui du mix électrique actuel et malheureusement ne permettra pas de réduire le nucléaire. Bien au contraire, il nécessitera un développement parallèle de la production thermique pour les jours sans vent qui représenteront 60 à 70 % du temps d'une année et qu'il faudra aussi indemniser pour leur non utilisation les jours avec vent (exemple allemand).
Seul le développement de moyens de stockage massif de l'électricité à un coût acceptable autoriserait le déploiement des énergies intermittentes à grandes échelle. Les subventions devraient exclusivement aller dans ce sens.
Une autre alternative serait la subvention à l'autoproduction en vue d'autoconsommation, mais là pas de lobby car pas de profit (sauf pour le consommateur)

ITC 78 | 24 janvier 2014 à 13h16
 
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