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Les énergies renouvelables de plus en plus compétitives

Une nouvelle étude de l'Ademe, qui dresse le panorama des coûts de production des ENR, montre que les énergies les plus matures, comme l'éolien terrestre, le photovoltaïque ou la biomasse, concurrencent directement les énergies conventionnelles.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat  |  Actu-Environnement.com
Environnement & Technique N°367 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°367
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En matière d'énergies renouvelables, "la performance économique vaut, à condition de choisir le bon vecteur", analysait Bruno Léchevin, le président de l'Ademe, lors de la présentation d'une nouvelle étude sur les coûts des énergies renouvelables, aux Assises européennes de l'énergie le 25 janvier. L'étude montre que les énergies renouvelables sont de plus en plus compétitives, mais aussi que, selon la qualité de la ressource disponible, le coût de l'investissement et le taux d'actualisation choisi, ces coûts varient fortement, du simple au double, voire plus.

 
L'étude met en valeur la nécessité d'une poursuite des soutiens publics pour développer ces filières et permettre de déclencher les investissements.  
Bruno Léchevin, Ademe
 
"Ces baisses de coût sont le résultat positif et attendu des politiques de soutien mises en place, souligne Bruno Léchevin. L'étude met en valeur la nécessité d'une poursuite des soutiens publics pour développer ces filières et permettre de déclencher les investissements. Aujourd'hui, le signal prix ne suffit pas, quelle que soit l'énergie, c'est le cas aussi pour les sources conventionnelles". En effet, le prix bas du carbone et le faible coût des énergies fossiles freinent les ambitions, tant pour l'électricité que pour la chaleur.

Electricité : l'éolien terrestre et le photovoltaïque sont les plus compétitifs

"L'éolien terrestre, avec une fourchette de coûts de production comprise entre 57 et 91 €/MWh (élargie à 50 et 108 €/MWh en incluant les conditions de financement les plus et les moins favorables), est le moyen de production le plus compétitif avec les moyens conventionnels comme des centrales à cycle combiné gaz", indique l'étude de l'Ademe. Et ces coûts devraient encore baisser avec l'arrivée sur le marché de nouvelles technologies qui permettent d'accroître la production annuelle et d'exploiter des sites avec des vitesses de vent plus faibles. Parmi elles, les éoliennes toilées qui permettent, grâce à un plus grand diamètre de rotor, de balayer une plus grande aire. Mais d'autres innovations sont attendues, notamment au niveau de la logistique, qui pourraient faire baisser les coûts de production de 10 à 15% d'ici 2025.

Les centrales au sol photovoltaïques les plus compétitives entrent elles aussi en concurrence avec les moyens conventionnels. Le coût de ces centrales est estimé entre 64 et 167 €/MWh. "Ils ont été divisés par six entre 2007 et 2014", souligne le président de l'Ademe, grâce à la baisse des coûts de production des modules. Et ces coûts devraient encore baisser considérablement : -35% d'ici 2025, grâce à l'amélioration des processus de production des équipements et l'augmentation des rendements des modules.

"Sur les bâtiments (petites et grandes toitures), les coûts de production les plus faibles avoisinent désormais les prix d'achat de l'électricité sur les segments résidentiels et tertiaires, ce qui va petit à petit permettre un développement économique de l'autoconsommation", analyse l'Ademe. Dans le résidentiel, les coûts oscillent entre 164 et 407 €/MWh pour l'intégré au bâti et 155 à 334 €/MWh pour le surimposé. Dans les secteurs commercial et industriel, ces coûts vont de 98 à 246 €/MWh.

Quant aux autres énergies électriques renouvelables, "certaines des filières les moins matures ont des gisements inexploités significatifs et verront leur coût d'investissement et leur taux d'actualisation diminuer avec leur développement", note l'Ademe. Parmi elles, l'éolien offshore qui affiche des coûts entre 123 et 227 €/MWh pour les installations posées et entre 165 et 364 €/MWh pour les éoliennes flottantes, qui pourraient baisser de 35% d'ici 2025.

Chaleur : un fort potentiel pour le bois et la géothermie

Pour la chaleur renouvelable, "souvent oubliée" selon Bruno Léchevin, le bois et la géothermie tirent leur épingle du jeu. Chez les particuliers, "les solutions bois reviennent moins chères (fourchette de 48 à 103 €/MWh, élargie à 47 et 108 €/MWh en incluant des conditions de financement les plus et les moins favorables) que leur concurrent conventionnel (gaz ou électricité, respectivement 84 et 153 €/MWh)", indique l'étude. Pour les appareils indépendants, les inserts, les foyers fermés et les poêles à bûches affichent des coûts moins élevés (entre 47 et 74 €/MWh) que les poêles à granulés (entre 85 et 108 €/MWh). En chauffage central, les chaudières à bûches à tirage naturel seraient les plus compétitives (entre 49 et 77 €/MWh), suivies par les chaudières turbo (52 à 73 €/MWh) et les chaudières automatiques (78 à 108 €/MWh).

Les pompes à chaleur air/eau ont un coût de production estimé entre 106 et 157 €/MWh, contre une fourchette entre 107 et 168 €/MWH pour les PAC eau/eau. Le solaire thermique individuel affiche encore des coûts élevés, entre 191 et 420 €/MWh pour les systèmes combinés.

Dans les bâtiments collectifs, l'industrie ou les réseaux de chaleur, "les ENR (notamment bois avec 48-110 €/MWh et géothermie avec 74-99 €/MWh) sont légèrement plus chères que le gaz (actuellement particulièrement bas) et souffrent du niveau encore trop faible de la fiscalité carbone", note l'Ademe. Mais à moyen et long terme, ces investissements pourront s'avérer judicieux, en tenant compte de la hausse du prix carbone et des énergies fossiles.

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