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Enedis lance de nouvelles offres de raccordement pour les énergies renouvelables

Le gestionnaire de réseau de distribution Enedis lance de nouvelles offres de raccordement intelligentes. Les exploitants de parcs renouvelables s'engagent à effacer leur production en cas de pic et bénéficient de coûts de raccordement réduits.

Energie  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com

Le gestionnaire de réseau de distribution Enedis a présenté, vendredi 23 février, deux nouvelles offres de raccordement dites "intelligentes", pour réduire les délais et les coûts de raccordement des énergies renouvelables. Pour y souscrire, les producteurs acceptent d'être flexibles, en limitant ponctuellement leur production en cas de pic de l'offre ou de demande basse. Cette solution permet ainsi de s'appuyer sur les capacités de réseau existantes et de limiter le développement d'infrastructures nouvelles.

Ce type d'offre a déjà été testé depuis 2017 sur un parc éolien et une centrale photovoltaïque, dans le cadre du démonstrateur Smart grid Vendée. Les deux offres seront prochainement industrialisées dans le projet régional Smile"A l'horizon 2030, grâce à ces nouvelles solutions, Enedis pourra raccorder sur le réseau existant 720 MW d'énergies renouvelables supplémentaires", indique le gestionnaire de réseau.

Une garantie d'injection

"Jusqu'à présent, la solution de raccordement de référence est dimensionnée pour acheminer [la] production électrique maximum [d'un parc renouvelable], même en cas de pic de production. Selon la puissance à raccorder, et l'emplacement par rapport au réseau existant, cette solution de raccordement peut, dans certains cas, être longue et coûteuse", explique Enedis. Avec ces offres, il s'agit de raccorder le nouveau site de production au réseau existant le plus proche. Enedis calcule les prévisions de consommation et de production locales à partir de données météorologiques et autres. Ce simulateur alerte Enedis lorsque la capacité d'accueil du réseau risque d'être dépassée. L'ordre est donc donné au producteur de réduire sa production, par l'agence de conduite régionale d'Enedis.

Une première offre garantit au producteur de pouvoir injecter en permanence une certaine puissance sur le réseau. "Cependant, à chaque fois que le réseau le permettra, le producteur pourra injecter davantage", précise Enedis. C'est cette offre qui va être industrialisée dans le cadre de Smile.

Une deuxième offre sera industrialisée ultérieurement. Avec celle-ci, le gestionnaire du réseau de distribution s'engagera auprès du producteur sur un volume maximal de limitations, sous forme d'une énergie annuelle. "L'avantage, pour le producteur, sera de pouvoir traduire facilement, en termes financiers, cette énergie non injectable dans l'économie de son projet".

300.000 € d'économies pour une centrale photovoltaïque

Cette offre intelligente a été testée par Vendée Energie, sur la centrale photovoltaïque de Talmont-Saint-Hilaire (MWc), située sur un ancien centre d'enfouissement technique. "L'étude du raccordement au réseau public de distribution (RPD) réalisée par Enedis a montré très rapidement que celui-ci ne pouvait se faire dans des conditions économiques acceptables, remettant en cause la faisabilité économique de l'opération". Enedis a donc proposé une offre dans laquelle l'exploitant accepte un effacement ponctuel de l'électricité produite par la centrale. Cela a permis de réduire la longueur du raccordement de 3.300 mètres à 40 mètres. Et de fait, le coût est passé de 494.000 € à 179.000 €… "La part du coût du raccordement dans l'investissement du projet a été ramenée de 9,1% à 3,3%". En contrepartie, l'exploitant s'engage à "effacer au maximum sa production de 250 MWh/an sur trois ans lorsque le réseau est en contrainte. Cela correspond à une perte maximale de chiffre d'affaires annuel de 21.500 € (4% du CA initial)". Il doit pour cela équiper sa centrale d'une régulation.

Réactions3 réactions à cet article

 

Enfin une proposition intelligente qui aurait pu être mise en œuvre bien avant les Smart Grids, de plus cette solution est gagnant-gagnant.

jjherou | 27 février 2018 à 09h21
 
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Cette proposition n'a absolument rien d'intelligente au contraire, et cela garantit à Enedis d'avoir la main sur la production photovoltaïque durant de longues années, pour limiter son essor. Mon intuition me dit que nous n'en avons pas encore fini avec le nucléaire si les progrès sont bridés et les monopoles conservés (coucou EDF).

Antoine Vallet | 27 février 2018 à 18h08
 
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C'est une mauvaise solution, dont le but est de brider l'apport des énergies renouvelables variables pour limiter le suivi de charge des réacteurs nucléaires, connu pour fragiliser ceux-ci et accélérer leur vieillissement (augmentant par là-même le risque de rupture d'acier sous pression lors des transitoires thermiques). La stratégie d'EDF-Enedis est de limiter l'apport massif des ENR variables sur le réseau national.
Il faut au contraire injecter massivement les ENR localement, sur les réseaux locaux intelligents en les couplant aux réseaux de gaz, de chaleur et de froid partout où cela est possible, en utilisant ceux-ci pour stocker et convertir (en H2 ou en chaleur ou en froid ou en électrolyte rédox) les excédents d'électricité pour la cogénération et le stockage.
Le nucléaire n'est pas prioritaire car il est importé, cher, dangereux, peu modulable et produit des déchets nucléaires ou des barres de combustibles à stocker. Il doit être réduit le plus rapidement possible (techniquement, économiquement et socialement) pour laisser la place à la cogénération ENR et aux réseaux intelligents ENR, et permettre le déploiement d'une vraie politique d'efficacité énergétique (réseaux énergétiques couplés intelligents, remplacement du chauffage électrique) et de sobriété énergétique (isolation thermique massive, bâtiments bois bioclimatiques solaires, transports en commun, déplacements doux).

Thierry de Larochelambert | 03 mars 2018 à 14h49
 
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