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Le GIEC mise davantage sur les EnR que sur le nucléaire ou le captage et stockage de carbone

Le GIEC estime que jusqu'à 77 % des besoins énergétiques mondiaux pourraient êtres couverts par la biomasse, le solaire, l'éolien, l'hydroélectricté, la géothermie et les énergies marines, à condition d'une forte volonté politique.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Le GIEC mise davantage sur les EnR que sur le nucléaire ou le captage et stockage de carbone
   

Le potentiel technique des énergies renouvelables est très largement supérieur à la demande énergétique mondiale actuelle, tant à l'échelle de la planète que dans la plupart des régions du monde, note le groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat dans le Rapport spécial sur les sources d'énergie renouvelable et l'atténuation des effets des changements climatiques à l'intention des décideurs. Un résumé de ce rapport a été présenté le 9 mai à Abu Dhabi et les conclusions ont été approuvées par les représentants des pays membres du GIEC. Certains scénarios montrent que moins de 2,5 % du potentiel technique des énergies renouvelables est actuellement utilisé dans le monde. ''En d'autres termes, plus de 97 % demeure inexploité, ce qui signifie clairement que la question de la disponibilité des ressources en énergies renouvelables ne se pose même pas'', notent les experts.

 
Développer les EnR pour limiter le réchauffement à 2°C ''Un taux de pénétration accru des énergies renouvelables sur le marché pourrait aboutir à une réduction totale des émissions de gaz à effet de serre équivalente à 220 à 560 gigatonnes de dioxyde de carbone (GtC02eq) entre 2010 et 2050'', estime le GIEC. La fourchette haute des scénarios évalués permettrait de maintenir les concentrations de gaz à effet de serre à hauteur de 450 parties par million. ''Nous pourrions ainsi nous rapprocher de l'objectif visant à maintenir le réchauffement climatique en dessous de la barre des 2° C au cours du XXIe siècle''.
 
Le GIEC a analysé, au travers de plus de 160 scénarios, le potentiel de six grandes familles d'énergies renouvelables (bioénergie, solaire, géothermie, hydraulique, marine, éolienne). Chacun des scénarios s'appuie sur une série de variables (évolution de l'efficacité énergétique, croissance de la population et de la consommation individuelle). Ainsi, la plupart des scénarios estiment qu'à l'horizon 2050, la contribution des énergies renouvelables à une offre énergétique sobre en carbone sera supérieure à celle de l'énergie nucléaire ou des combustibles fossiles qui font appel au piégeage et au stockage du carbone. Mais ''un accroissement notable des énergies renouvelables constitue un véritable défi tant technique que politique'', a déclaré le Professeur Ottmar Edenhofer, coprésident du groupe de travail III lors de la présentation du rapport.

Jusqu'à 77 % des besoins énergétiques mondiaux en 2050

Quatre scénarios ont fait l'objet d'une étude approfondie. Le plus optimiste prévoit que les énergies renouvelables compteront pour au moins 77 % des besoins énergétiques mondiaux à l'horizon 2050, permettant de fournir de 314 à 407 exajoules (EJ) par an. Pour comparaison, 314 EJ correspondent à plus de trois fois l'approvisionnement énergétique annuel des États-Unis en 2005.

Concernant les technologies de la ''bioénergie'', le GIEC note que''certains systèmes bioénergétiques, notamment ceux qui impliquent de convertir les terres aux cultures destinées à la production d'énergie et à la biomasse agricole, peuvent être à l'origine d'émissions de gaz à effet de serre bien supérieures à celles contre lesquelles ils sont censés lutter''. Les systèmes de conversion avancés destinés, par exemple, à convertir des résidus ligneux en combustibles liquides, peuvent quant à eux permettre de réduire de 80 à 90 % les émissions par rapport aux combustibles fossiles. Aujourd'hui, la bioénergie représente 10 % de l'approvisionnement énergétique mondial, soit environ 50 EJ par an. Le GIEC estime qu'elle pourrait fournir 100 à 300 EJ d'ici 2050.

Le solaire (photovoltaïque et thermodynamique) couvre aujourd'hui moins d'un pour cent de l'approvisionnement énergétique mondial. Les scénarios étudiés oscillent entre un rôle marginal de l'énergie solaire directe en 2050 et une des sources majeures d'approvisionnement énergétique (130 EJ par an). ''La réalité dépendra des capacités d'innovation soutenue et de réduction des coûts, ainsi que de la mise en place de politiques publiques propices'', note le GIEC. La majorité des scénarios postulent néanmoins pour une part en-dessous des 10 %.

La géothermie, développée aujourd'hui à hauteurd'environ 0,7 EJ par an, pourrait satisfaire en 2050 plus de 3 % de la demande mondiale en électricité et environ 5 % de la demande mondiale en chauffage. ''Le potentiel technique mondial de la géothermie est comparable au niveau d'approvisionnement en énergie primaire à l'échelle de la planète en 2008. Toutefois, dans aucun des scénarios analysés l'énergie géothermique n'atteint les limites de son potentiel technique'', estime le GIEC.

L'énergie hydraulique constituait en 2008 près de 16 % de l'approvisionnement mondial en électricité. Les scénarios à long terme prévoient que la part de l'énergie hydroélectrique dans l'approvisionnement mondial pourrait diminuer de 10 à 14 %.

La puissance installée éolienne couvrait fin 2009 presque 2 % des besoins mondiaux en électricité. Il faudra élargir la distribution géographique des technologies déployées (actuellement Europe, Amérique du Nord, Chine et Inde) pour pouvoir atteindre les niveaux envisagés dans la fourchette haute des scénarios. La part de l'énergie éolienne au niveau mondial pourrait alors augmenter de plus de 20 % à l'horizon 2050.

Enfin, les technologies liées à l'énergie marinen'étant pas mâtures, ''il est peu probable que ces techniques naissantes puissent contribuer de manière significative à l'approvisionnement énergétique mondial avant 2020''. Les prévisions de déploiement indiquent un approvisionnement énergétique équivalent à 7 EJ maximum par an d'ici 2050.

Soutenir les EnR : investissements publics, infrastructures de réseau

Si dans certains cas, les énergies renouvelables sont d'ores et déjà compétitives d'un point de vue économique, leurs coûts de production restent souvent supérieurs aux prix du marché. Pour la plupart d'entre elles, les coûts ont baissé au cours des dernières décennies et les auteurs anticipent des progrès techniques importants et de nouvelles réductions de coûts, note le GIEC.

Les experts du climat estiment qu'en prenant compte des coûts environnementaux externes dans le prix de l'énergie, le nombre d'énergies renouvelables économiquement rentables pourrait augmenter. ''Les politiques publiques qui prendront en compte les avantages supérieurs des énergies renouvelables en termes économiques, sociaux et environnementaux, notamment leur capacité à réduire les émissions atmosphériques et améliorer la santé publique, constitueront un facteur déterminant dans la poursuite des objectifs envisagés dans les scénarios de déploiement les plus optimistes''.

Deuxième frein au développement des énergies renouvelables : leur intégration aux réseaux de distribution. ''L'optimisation de la capacité des infrastructures passe obligatoirement par la mise en oeuvre de technologies modernes. En outre, il convient d'établir un équilibre entre l'offre et la demande, par exemple en s'appuyant sur des outils perfectionnés de prévision de l'offre et de la demande et de programmation des installations, notent les experts. En conjuguant différentes sources d'énergies renouvelables et en élargissement géographiquement les zones de ressources, on pourrait avantageusement atténuer la variabilité des approvisionnements et diminuer les incertitudes d'alimentation des réseaux électriques''.

Réactions3 réactions à cet article

 

77% c'est une plaisanterie, il suffit simplement de volonté politique et nous aurions facilement 100%. Commençons dès maintenant par arrêter le gaspillage énergétique qui est mondialement considérable.

arthur duchemin | 10 mai 2011 à 11h43
 
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Alimenter le réseau 220 volts, mais est-il adapté d'avoir un réseau de tension unique pour les particuliers ?
En effet il serait plus économe de s'éclairer, d'alimenter son ordinateur portable en 12 volts continus solaire, de se chauffer au solaire thermique et au bois en granulés ou plaquette.
Reste les plaques électriques, le lave-linge, le réfrigérateur en 220 volts alternatifs.
J'ai laissé la TV de côté car je ne sais pas si la technologie Led ne pourrait pas évoluer plus économiquement vers le 12 volts.

Lionel Nusslé | 22 mai 2011 à 23h34
 
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C'est encourageant, mais il faut faire mieux et plus vite. Certains scientifiques disent que le seuil à ne pas dépasser est 350 ppm de CO2 dans l'atmosphère et non 450 ppm. Actuellement, on est à 388 ppm.
Il faut réduire les consommations dans tous les domaines. Bravo enercoop

Christine | 22 juin 2011 à 09h37
 
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