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Les énergies renouvelables, à l'aube du grand soir dans l'hémisphère Sud ?

Les initiatives lancées pendant la COP21 pour accroître les investissements dans les énergies propres et accélérer leur déploiement ciblent les pays du Sud. D'ici 2030, ces zones à fort potentiel pourraient conjuguer croissance et ENR... 07 décembre 2015

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Les énergies renouvelables, à l'aube du grand soir dans l'hémisphère Sud ?
Environnement & Technique N°354 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°354
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Une lame de fonds. C'est le terme utilisé par le secrétariat général des Nations unies (Ccnucc) pour qualifier la dynamique qui se crée à la COP 21 autour des énergies renouvelables. De nombreuses initiatives ont été lancées à cette occasion pour décupler les investissements dans les énergies décarbonées et accélérer leur déploiement, notamment dans les pays en développement. Longtemps annoncé, le "grand soir" des énergies renouvelables semble se dessiner, du moins dans les discours, dans l'hémisphère Sud.

 
Des gigatonnes de CO2 évitées chaque année ? La coalition "1 gigatonne", soutenue par la Norvège et le programme pour l'environnement des Nations unies (Pnue), a calculé le potentiel de réduction des émissions de CO2 de 6.000 projets d'ENR et d'efficacité énergétique. Ces projets, réalisés dans des pays en développement entre 2005 et 2012, pourraient permettre d'économiser 1,7 Gt par an d'ici 2020. Cette coalition encourage les pays à mesurer et reporter les réductions des émissions liées à leurs actions dans le secteur énergétique, car beaucoup d'entre elles ne sont pas quantifiées aujourd'hui.
 
"La pertinence économique des énergies renouvelables n'a jamais été aussi grande. Dans de nombreuses régions du monde, elles constituent aujourd'hui la source d'électricité la plus compétitive et représentent plus de la moitié des capacités de production construites à l'échelle internationale depuis 2011", explique le Ccnucc. Et de plus en plus, les avis convergent sur le fait que leur développement permettra de "réaliser la moitié du chemin" en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre (cf. encadré).

Mais auparavant, il faudra mobiliser les financements nécessaires : "Le monde investit actuellement 9 milliards de dollars par an dans l'accès à l'énergie, alors qu'une enveloppe de 49,4 milliards de dollars et une coopération accrue seraient nécessaires pour parvenir à un accès universel", prévient le Ccnucc.

Une alliance pour installer 300 GW d'ENR en 2030 en Afrique

Le jour de l'ouverture de la COP21, l'Inde a lancé son Alliance solaire internationale (ISA), dont l'objectif est d'accélérer le déploiement du photovoltaïque dans les pays riches en solaire. L'Inde espère ainsi réunir plus de 120 pays situés entre les tropiques du Cancer et du Capricorne.

Dans la foulée, l'Afrique annonce l'initiative africaine pour l'énergie renouvelable (Arei) qui vise à développer 300 GW d'ENR supplémentaires d'ici 2030 sur le continent africain, avec un premier palier à 10 GW d'ici 2020 (soit l'équivalent de toute la production électrique de la Côte d'Ivoire). "Pour 2020, nous avons besoin de 10 Md$ d'investissements. Les gouvernements français et allemands nous ont permis de mobiliser la moitié des ressources nécessaires", s'est félicité le ministre de l'Environnement égyptien, Khaled Fahmy. Les pays du G7 ont également annoncé des financements qui permettent d'atteindre, en promesses, les 10 Md$. Ces financements publics devraient permettre d'attirer des investisseurs privés.

Cette initiative vise à relever un double défi, inscrit dans les objectifs de développement durable (ODD) : développer à la fois l'accès à l'énergie et une économie sobre en carbone. Aujourd'hui, l'Afrique produit 150 GW d'électricité, dont 30 GW d'ENR. De fait, les deux tiers de sa population n'a pas accès à l'électricité. Et les besoins augmentent au fur et à mesure que les pays développent leurs économies. Selon les estimations, la demande devrait atteindre 1.800 TWh d'ici 2040, soit 5% supplémentaires par an.

Des projets lancés dès 2016

"L'accès à l'énergie est un droit humain", a souligné le ministre des Affaires étrangères et président de la COP21 Laurent Fabius. Ce droit pourra être assuré grâce "au choix d'un saut technologique. L'Afrique peut devenir le vaisseau amiral du déploiement des ENR, les conditions naturelles sont réunies pour ça". Et de citer en exemple le programme solaire égyptien, le parc éolien Turkana au Kenya "qui assurera la production de l'équivalent de 20% de l'électricité du pays", ou encore les barrages hydrauliques éthiopiens qui produisent la grande majorité des besoins du pays.

Une première liste de projets prioritaires devrait être connue rapidement, pour une mise en œuvre de l'alliance dès 2016. "Ces projets seront mis en place par et pour les Africains", a insisté le représentant de la Banque africaine de développement, partenaire de l'alliance. Pour faciliter l'émergence de projets pertinents, des plateformes énergétiques régionales travailleront à rechercher des économies d'échelles et à optimiser les ressources. Au programme : planification territoriale, convergence réglementaire et connexion des potentiels les plus prometteurs...

Une place des marchés ENR mondiale

Enfin, pour favoriser l'accès des projets ENR aux financements, l'Irena a lancé, le 7 décembre, une "place des marchés", c'est-à-dire un service de mise en relation entre porteurs de projets et investisseurs. Les premiers projets cibleront l'Afrique, les petits Etats insulaires et l'Amérique latine, a souligné Adnan Z. Amin, directeur général de l'Irena. "D'ici fin 2016, nous espérons avoir lancé une centaine de projets. L'objectif est de mobiliser, dans les trois années à venir, 10 Md$", a-t-il précisé, ce qui permettrait de doubler les investissements annuels nécessaires pour atteindre les objectifs climatiques.

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