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Transition énergétique : le SER attend une traduction rapide et lisible des ambitions

La loi de transition énergétique fixe des objectifs ambitieux pour les énergies renouvelables. Mais la voie et les moyens pour y parvenir restent à définir. Le syndicat des énergies renouvelables (SER) dresse ses recommandations.

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com

Les moyens seront-ils à la hauteur des ambitions ? C'est la question que se posent les industriels des énergies renouvelables au lendemain de l'adoption de la loi de transition énergétique. Alors que le ministère de l'Ecologie concerte à tout va, le syndicat des énergies renouvelables (SER) fait le point sur ses attentes.

Le secteur a en effet été fragilisé par les instabilités réglementaires de ces dernières années. Les travaux sur la transition énergétique, démarrés en 2013, ont prolongé l'incertitude pour les filières renouvelables. Si la loi fixe désormais un cap, la programmation pluriannuelle de l'énergie (PPE) et les nouveaux mécanismes de soutien dessineront la voie pour y parvenir. Les professionnels s'attendent à un ralentissement des projets au premier semestre 2016, dû à la mise en place tardive des nouveaux mécanismes de soutiens. Ils espèrent donc un agenda précis et une véritable lisibilité pour les années à venir.

PPE, complément de rémunération et prix carbone

"Au rythme actuel, les énergies renouvelables n'atteindront pas 23% de la consommation finale d'énergie en 2020, comme s'y était engagée la France. On sera plutôt autour de 18%, analyse Jean-Louis Bal, président du SER. Si l'on veut atteindre 32% en 2030, qui est un objectif ambitieux mais réalisable, il faut démarrer dès à présent".

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La PPE fixera la trajectoire de développement des énergies renouvelables sur la période 2016-2018 et 2019-2023. "Ce sera un signal décisif pour les différentes filières, explique Damien Mathon, le délégué général du SER. Nous souhaitons des trajectoires ambitieuses à court et moyen terme, sans reporter à plus tard la montée en puissance des ENR". Pour le syndicat, il faut prioriser les filières les plus compétitives en volumes (éolien terrestre, photovoltaïque) sans oublier de programmer des échéances pour les filières émergentes, pour lesquelles des baisses de coût sont attendues, à l'instar de l'éolien offshore.

Les zones non interconnectées (ZNI), qui feront l'objet de PPE spécifiques, ne doivent pas être oubliées prévient le SER. "Nous demandons des PPE à la hauteur des enjeux. Pour l'heure, nous avons quelques regrets par rapport aux textes soumis en concertation".

Le syndicat suit sans enthousiasme les travaux sur le complément de rémunération, qui viendra progressivement remplacer le tarif d'achat à partir du 1er janvier prochain. "Pour rappel, le SER n'y était pas vraiment favorable, mais ce sont les lignes directrices européennes qui l'exigent. C'est un véritable bouleversement pour le secteur", souligne Damien Mathon. Alors que le projet de décret a été dévoilé il y a quelques jours, et que les premiers projets d'arrêtés de filière ont été rendus publics, le SER plaide pour un mécanisme "lisible et finançable", qui ne pénalise pas les PME. "La prime de gestion [qui doit couvrir les coûts d'accès au marché notamment] devra être bien dimensionnée pour permettre l'apprentissage de ce nouveau mécanisme". Au final, ce dispositif devra obtenir l'aval de Bruxelles.

En dernière minute, les débats parlementaires ont permis d'introduire dans la loi une trajectoire à 2020 et 2030 pour le prix carbone (respectivement 56 € et 100 € la tonne de CO2, contre 14,5 € aujourd'hui et 22 € pour 2016). Le SER espère une traduction dans les prochaines lois de finances de ces ambitions, afin de flécher les investissements. "La loi prévoit également d'exempter la biomasse de taxe carbone, il faut que cela se traduise dans la loi de finance", explique Jean-Louis Bal.

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