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Renouvelables : le WWF veut convaincre les dirigeants que la transition est lancée

Le WWF veut convaincre les dirigeants mondiaux que la transition énergétique mondiale est amorcée de manière irréversible. L'ONG leur demande de penser avec les données d'aujourd'hui et d'abandonner les vieux modèles.

Energie  |    |  Philippe Collet  |  Actu-Environnement.com

"La transition énergétique est en marche, mais nos dirigeants ne le savent pas (encore) !", estime le WWF qui publie ce jeudi 1er septembre un rapport pour "faire prendre conscience [à nos dirigeants] de l'ampleur, souvent sous-estimée, de cette transformation et rappeler la nécessité d'accélérer le pas". Le rapport, publié en amont du G20 qui se tiendra en Chine les 4 et 5 septembre, s'adresse aux chefs d'Etat, aux ministres et aux chefs d'entreprises.

"Demandez à un chef d'Etat ou à un ministre quelle est la part des énergies renouvelables dans la nouvelle génération d'électricité dans le monde en 2015", interpelle le WWF, répondant dans la foulée "vous n'obtiendrez probablement jamais la bonne réponse : 90%". Intitulé "15 signaux prouvant que la transition énergétique est en marche", le rapport juge "irréversible" la transformation en cours vers un nouveau système énergétique mondial.

L'envol des renouvelables

Le WWF place en tête des signaux la part atteinte en 2015 par les renouvelables dans la nouvelle génération d'électricité mondiale. Selon l'Agence internationale à l'énergie (AIE), celle-ci s'est élevé à 90%, l'éolien représentant la moitié de cette part. Au-delà de ce chiffre, le WWF insiste sur la rapidité de la progression enregistrée au cours des dernières années. Les renouvelables ont connu "un développement exponentiel ces dernières années, passant de 50% en 2014 à 90% de la nouvelle électricité en 2015", explique le document, qui évoque un "point de bascule (…) autour de la COP21". Il s'agit maintenant d'accélérer le pas en remplaçant par des renouvelables les centrales à énergie fossile vieillissantes, plaide l'ONG. Par ailleurs, le WWF souligne que "jusqu'à présent, les prévisions institutionnelles ont totalement sous-estimé le déploiement des renouvelables et leur développement à venir". C'est notamment le cas de l'AIE qui "n'a pas pris en compte le boom des renouvelables dans ses projections depuis des dizaines d'années, ne pouvant qu'ajuster ses prévisions en fonction de l'expansion réelle des renouvelables".

Le document rappelle aussi qu'en 2015, les investissements mondiaux totaux dans l'électricité et les carburants renouvelables ont atteint un nouveau record avec 285,9 milliards de dollars, selon REN21. Cette hausse de 5% par rapport à 2014 permet aux investissements dans les renouvelables d'atteindre le double de ceux consacrés aux nouvelles capacités de production d'électricité par charbon et par gaz naturel (130 milliards de dollars). Le document souligne que la Chine est devenu un géant du secteur. Les investissements de l'Empire du milieu dans les renouvelables ont atteint 102,9 milliards de dollars fin 2015. Parallèlement, "la Chine a déjà dû atteindre son pic de consommation de charbon", explique le document, précisant que "la consommation de charbon [du pays] a chuté de 3,7% en 2015, diminuant pour la deuxième année consécutive", selon les données chinoises officielles. Plus globalement, l'ONG estime que le charbon est sur le déclin, rappelant notamment que Peabody, le premier producteur mondial de charbon privé, a fait faillite au début de l'année.

En conséquence, la part des renouvelables dans la production électrique progresse. Le WWF met également en avant l'exemple de l'Allemagne et les 32,6% de renouvelables dans sa consommation domestique d'électricité en 2015. Plus symbolique, les renouvelables ont couvert 87,6% de la consommation d'électricité domestique (55,95 gigawatts) le dimanche 8 mai 2015. "Si le niveau actuel du charbon dans le mix énergétique allemand reste un problème à résoudre, le pays compte parmi les champions du déploiement des renouvelables, occupant la deuxième place du classement mondial de la capacité totale dans ce domaine par habitant", explique l'ONG. De plus, au niveau planétaire, "les émissions de CO2 liées à l'énergie stagnent pour la deuxième année consécutive en 2015, malgré une croissance économique globale de 3%".

Une économie porteuse

Le rapport met aussi en avant certains enjeux économiques. Ainsi, il pointe la progression des emplois associés au secteur qui "contraste avec d'autres marchés où l'emploi est en berne". Selon l'Agence internationale des énergies renouvelables (Irena), le secteur a atteint 8,1 millions d'emplois en 2015, en hausse de 5% sur un an. L'Asie compte pour 60% d'entre eux, explique le rapport, précisant que le top 5 des employeurs est constitué de la Chine (3,5 millions emplois), l'Union européenne (1,2 million), le Brésil (918.000), les Etats-Unis (769.000), et l'Inde (416.000). Le photovoltaïque est le secteur le plus porteur avec 2,8 millions de salariés dans le monde.

Le secteur financier tire aussi profit du développement des renouvelables. "Le marché des obligations vertes a connu une croissance impressionnante, de près de zéro en 2007 à 118 milliards de dollars à la mi-2016", explique le WWF. Là encore, la Chine pourrait jouer un rôle majeur dans les années à venir. En décembre dernier, la Banque populaire de Chine a défini son premier standard d'obligations vertes et 8,2 milliards de dollars d'obligations labellisées vertes ont été émis au cours du premier trimestre 2016 (soit la moitié des émissions de green bond mondiales sur la période).

Enfin, "plus de 170 grandes entreprises, dont certaines à haute consommation énergétique, se sont engagées à adopter des objectifs de réduction d'émissions conformes à la limite des 2°C de réchauffement", explique le WWF s'appuyant sur un rapport du Carbon Disclosure Project (CDP). Par ailleurs, au 1er août 2016, 176 grandes entreprises se sont engagées à aligner leurs objectifs de réduction d'émissions avec la "science du climat" et une trajectoire en dessous de 2°C. Le WWF, qui pilote l'initiative Science-Based Targets (SBT) avec le Pacte mondial de l'ONU, le World Resources Institute et CDP, prévoit que 2.000 entreprises adopteront l'initiative d'ici 2030.

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