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Accord de Copenhague : les engagements n'évoluent pas, le réchauffement continue

Les pays signataires de l'accord de Copenhague, ont transmis leurs engagements d'émissions au secrétariat de la Convention climat des Nations unies à l'échéance prévue du 31 janvier. En panne, le processus multilatéral attend un second souffle.

Gouvernance  |    |  Agnès Sinaï  |  Actu-Environnement.com
   
Accord de Copenhague : les engagements n'évoluent pas, le réchauffement continue
© Shocky
   
Ils s'y étaient engagés à Copenhague, ils l'ont fait. Les signataires du texte élaboré à l'arraché le 19 décembre 2009 avaient jusqu'au 31 janvier 2010 pour préciser leurs objectifs de réductions d'émissions, laissés en blanc dans les tableaux annexés aux trois pages de l'accord. Les pays dits de l'Annexe II, Chine, Inde et Brésil en tête, ont confirmé leurs intentions : l'Inde entend réduire son intensité carbone – c'est-à-dire ses émissions de gaz à effet de serre par point de PIB – de 20 à 25% d'ici à 2020 par rapport à 2005. Le Brésil s'engage à contrôler la déforestation en Amazonie et dans le Cerrado, au point d'éviter 668 millions de tonnes de CO2 équivalent d'ici à 2020. Entre la conservation des forêts et des pâturages et le recours à l'efficacité énergétique, aux biocarburants et à l'hydroélectricité, le Brésil affiche l'ambition de réduire de plus d'un tiers ses émissions actuelles d'ici à 2020. La Chine, quant à elle, confirme ce qu'elle avait déjà annoncé : une amélioration de 40 à 45% de son intensité énergétique de 2005 d'ici à 2020. L'Afrique du Sud s'engage à une déviation de – 34% de ses émissions d'ici à 2020 par rapport à un scénario business as usual.

En affichant de tels engagements, les pays du BASIC (Brésil, Afrique du Sud, Inde, Chine) coupent l'herbe sous les pieds des Occidentaux. Ils confirment les annonces qu'ils avaient déjà avancées lors de la conférence de Copenhague, mais, en retour, exigent des pays industrialisés des engagements contraignants, dans le cadre multilatéral onusien. Le ministre indien de l'environnement, Jairam Ramesh, l'a redit à New Delhi lors d'un sommet des pays du BASIC, le 24 janvier : les négociations devront se poursuivre sous la bannière des Nations unies. Chine, Inde, Afrique du Sud et Brésil réclament une réunion d'étape dès le mois de mars, et au moins cinq réunions préparatoires avant le sommet de Cancun (Mexique) en décembre.

De leur côté, les Occidentaux et leurs alliés russes et japonais affichent toujours les mêmes positions, sans aller plus loin. En moyenne, elles ne dépassent pas les -20% d'ici à 2020 par rapport à 1990, à l'exception notable de la Norvège, qui affiche toujours l'ambition de -30% de ses émissions d'ici à 2020 par rapport à 1990, et du Japon, avec une intention de -25% pour la même période. L'Union européenne campe sur ses -20%, -30% ''si les autres pays s'engagent à réaliser des efforts comparables'', bascule qui traduit l'irrésolution actuelle des Européens en matière de climat et de choix énergétiques. Les Etats-Unis attendent la validation du processus législatif interne pour confirmer leurs -17% par rapport à 2005. Le Canada s'est aligné sur le même objectif. L'Australie annonce une fourchette de -5% à -20% d'ici à 2020 par rapport à 2000. La Nouvelle Zélande de -10% à -20% d'ici à 2020.

Lors de la conférence de Copenhague, une note confidentielle du secrétariat de la Convention climat avait filtré. Sur la base de l'addition des intentions des uns et des autres, ce mémo avait mis en évidence deux constats embarrassants. Le premier montrait que la somme des engagements des pays de l'annexe II était supérieure à celle des pays de l'annexe I. Le deuxième comparait le total des engagements au scénario de l'Agence internationale de l'énergie dans son rapport, le World Energy Outlook de 2009. Selon ce rapport, les émissions globales devraient être plafonnées à 44 gigatonnes de CO2 équivalent d'ici à 2020 pour assurer les préconisations du GIEC et plafonner la hausse de la température globale à + 2°C. Sur la base des annonces confirmées le 31 janvier, il resterait un surplus de 1,9 à 4,2 Gt de CO2 équivalent dans l'atmosphère. Selon la note confidentielle du Secrétariat de l'UNFCCC (datée du 15 décembre 2009) 1, ces engagements ne pourraient pas produire l'inflexion nécessaire des émissions d'ici à 2020 et mettraient l'atmosphère sur la voie d'une concentration de carbone élevée, égale ou supérieure à 550 ppm, mettant la planète sur une trajectoire de réchauffement de 3°C minimum.

A ce risque de dérive du réchauffement global s'ajoute une incertitude à plus court terme, qui porte sur l'issue juridique de l'accord de Copenhague. Une boîte de Pandore s'est ouverte, qui permet aux Etats de se dégager des contraintes de Kyoto en se rabattant sur des engagements volontaires a minima. L'acquiescement de la plupart des pays développés à cette dilution du processus onusien multilatéral laisse penser que Copenhague aura été autant un échec qu'une opportunité inavouable : celle de s'affranchir de l'arbitrage des Nations unies et de tout accord contraignant en matière de climat. Et par là même, de remplacer les actes politiques auxquels la science et la précaution incitent, par de la rhétorique.

Réactions2 réactions à cet article

 
constatation

L'accord de copenhague n'est qu'une perte de temps car jusqu'a maintenant il n'y a pasjavascript:add_smilley(''); de changement.Notre terre a besoin d'une action immediate

lyl'shai | 08 février 2010 à 13h49
 
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La boîte de Pandore s'ouvrit...

Le "réchauffisme" Al-Gorien et d'autres tels que le WWF du prince Charles, a la vie dure.

Quand on vous dit et redit que les données climatiques ont certainement été manipulées dans le sens voulu, par des pseudo-scientifiques du CRU d'East Anglia,(dont le Directeur a dû démissionner) et qu'une commission d'enquête officielle doit vérifier la véracité, l'exhaustivité, des données utilisées, et la transparence, la revue préalable par des pairs...
Sans oublier de rappeler que les causes principales ne sont pas les GES, mais l'activité solaire et les courants océaniques qui répartissent les calories. Mais la théorie fumeuse du CO2 a été invoquée sur le prétexte d'une corrélation, alors que c'est une conséquence et non une cause (le CO2 dissous dépend de la T°). La terre se refroidit en ce moment avec le cycle solaire trop calme.
Rappelons aussi que le chef du GIEC, un indien, avait annoncé la fonte totale des glaciers Himalayens en 2035, et que cela était une erreur de lecture de quelques centaines d'années sur les données utilisées - comme si en plus, on pouvait prévoir à 300 ans près !
Bref, l'extrait de l'article :
"Une boîte de Pandore s’est ouverte, qui permet aux Etats de se dégager des contraintes de Kyoto en se rabattant sur des engagements volontaires a minima" ne fait que confirmer ceci : certains scientifiques et dirigeants ne se laisseront pas conter des fadaises par des pseudo scientifiques idéologues du Réchauffisme anthropique, alors que la neige et le froid qui se sont abattus sur l'Europe, la Chine, les USA montrent que la prévision est un art, Ô combien difficile !

A propos d'enquêtes, la vérité est en cours d'investigation dans le pays du CRU d'East Anglia, Commission Chilcott, sur les fondements de la Guerre déclarée à l'Irak par un certain Tony Blair, allié de GW Bush, l'homme qui imposa après le 11 septembre 2001 le Patriot Act, et déclara 2 guerres illégales. Les données scientifiques sur la présence des armes de destruction massive étaient-elles fausses ???? un certain Hans Blix a sans doute des choses à dire.

naullay | 12 février 2010 à 18h10
 
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