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Performances énergétiques des bâtiments : les gestionnaires de biens s'y intéressent timidement

Alors que la RT 2012 entrera en vigueur en octobre prochain, les gestionnaires de fonds immobiliers commencent seulement à intégrer la performance énergétique dans leurs critères de gestion sous prétexte d'un manque de valorisation tarifaire.

Energie  |    |  Florence Roussel  |  Actu-Environnement.com
   
Performances énergétiques des bâtiments : les gestionnaires de biens s'y intéressent timidement
   

Selon une enquête réalisée par Novethic, centre de recherche filiale de la Caisse des Dépôts, les sociétés de gestion immobilière commencent tout juste à se pencher sur la performance énergétique de leurs biens. Avec l'aide de l'association française des sociétés de placement immobilier (ASPIM), 22 sociétés représentant 80,3% du marché des fonds immobiliers ont fait part de leur politique et de leurs réflexions en la matière.

Résultats, 68% d'entre elles ne connaissent pas encore la performance énergétique réelle de leur patrimoine immobilier sous gestion. 64% déclarent toutefois avoir déployé un outil de mesure. Mais pour l'instant ces sociétés s'appuient principalement sur le diagnostic de performance énergétique (DPE) réalisé lors de la vente ou de la location d'un bien. Seules 57% ont réalisé des audits énergétiques et seules 36% d'entre elles ont accès aux consommations réelles sur facture. Avec si peu de mesures et d'informations, le passage à l'acte pour réduire les consommations n'est donc pas encore d'actualité de même que la diffusion des données aux parties prenantes.

Néanmoins, les sociétés ont déjà une idée de la manière d'utiliser ces données : ne sélectionner que des actifs qui répondent à des critères de performance définis en interne (réponse invoquée par 70% des répondants) et céder les actifs les plus énergivores (44%). L'option "sélectionner que des actifs non performants pour les rénover" n'est choisie que par 29% des sociétés ayant répondu à l'enquête.

L'absence d'une surcote verte comme principal frein

Pour les sociétés les plus investies, la prise en compte de la performance énergétique a été motivée le plus souvent par la prévention des risques liés à la non-conformité réglementaire notamment la RT 2012 (88% des répondants) et l'anticipation des risques d'obsolescence du patrimoine (71%). Une demande croissante des investisseurs institutionnels est également une source de motivation pour 67% des sociétés.

A contrario, les sociétés les moins avancées sur ce sujet justifient leur hésitation par le manque de traduction de la performance énergétique des bâtiments dans les loyers et les valeurs d'expertise. "Cette réponse symbolise les difficultés que la profession rencontre à anticiper les évolutions du marché à moyen terme. Si certains experts s'accordent aujourd'hui pour indiquer que la performance environnementale sera un critère important de valorisation d'ici quelques années, les gérants sont indécis et n'osent pas vraiment anticiper cette évolution.", analyse Novethic.

De plus, les professionnels attendent des précisions réglementaires sur l'année de référence et le périmètre concerné pour déployer les mesures nécessaires à l'atteinte de l'objectif de réduction de 38% des consommations énergétiques du patrimoine existant d'ici 2020 fixé par le Grenelle.

Pour l'instant le sujet émerge seulement dans le monde des sociétés de gestion d'actifs immobiliers. "Le temps du déploiement n'est pas venu pour la profession", estime Novetic. "Mais il devrait s'accélérer sous l'effet de la nouvelle réglementation thermique à l'image des évolutions constatées chez les foncières au cours des trois dernières années", ajoute le centre de recherche.

En effet selon le Baromètre 2011 du reporting sur l'éco-performance des bâtiments réalisé par Novethic et l'Ademe, la qualité de l'information sur la performance des parcs progresse chez les foncières. Neuf foncières sur quinze affichent dorénavant la performance énergétique ou CO2 moyenne de leur parc immobilier contre huit en 2010 et cinq en 2009.

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