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EnR : les professionnels veulent jouer la carte de la technologie

Lors du colloque du SER, la question de l'industrialisation des énergies renouvelables et de l'emploi a été posée. Les professionnels croient au potentiel de la filière française, grâce à la R&D, à condition que l'État joue le jeu…

Energie  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
EnR : les professionnels veulent jouer la carte de la technologie
   

On a entendu tout et son contraire ces derniers temps sur le potentiel économique du secteur des énergies renouvelables en France. Entre les études qui promettaient des centaines de milliers d'emplois créés et celles qui avançaient un avenir beaucoup plus pessimiste, difficile de se faire une idée précise. ''Fantasmes et réalités'' était d'ailleurs le thème du colloque du syndicat des énergies renouvelables organisé le 1er février.

Les énergies renouvelables, filières porteuses ?

Pour Henri Catz, chargé de mission politique industrielle de la CFDT, ''l'étude Boston consulting group a avancé des chiffres mirobolants : 600.000 emplois créés par la mise en œuvre du Grenelle de l'environnement. Seulement elle ne prenait pas en compte le fait que ce sont avant tout des évolutions de postes et non des créations, et que la mise en œuvre du Grenelle pouvait également entraîner des suppressions de postes dans certains secteurs. À l'opposé, une étude estampillée DG Trésor concluait que, si dans un premier temps le bilan économique du Grenelle était positif, à long terme, il serait négatif''. La CFDT, qui a commandé également une étude sur le sujet, estime pour sa part que le développement du secteur énergétique entraînerait une ''croissance modérée de l'emploi'' mais que la production d'électricité conduirait à ''une forte croissance de l'emploi'' à condition que l'Etat soit volontariste.

De son côté, Michèle Pappalardo, commissaire générale au développement durable, n'a pas avancé de chiffres mais a rappelé que, parmi les 18 filières vertes porteuses identifiées par le CGDD, l'éolien offshore, le photovoltaïque, les agrocarburants de deuxième et troisième générations et les énergies marines faisaient partie de celles qui pourraient, à l'avenir, permettre à la France ''d'avoir les leaders de demain''.

L'atout technologique de la France

Même point de vue chez les professionnels, qui misent sur les avancées technologiques pour entrer dans la compétition mondiale. À l'instar d'Alstom wind & hydro, qui parie aujourd'hui sur les hydroliennes et les éoliennes offshore. ''Peut-on créer une filière industrielle française sachant que les leaders mondiaux sont allemands, espagnols ou danois ? Grâce au saut technologique qui va avoir lieu, tout le monde sera compétitif pour les projets de 2015-2020, analyse Philippe Cochet, vice-président de cette société, avant de préciser : il y a une réelle opportunité. L'atout de la France, c'est également son tissu industriel, composé de petites, moyennes et grandes entreprises''.

MPO, l'un des leaders mondiaux de l'industrie du disque (vinyle puis CD), mise lui aussi sur les énergies renouvelables, plus précisément sur la fabrication de cellules photovoltaïques. ''L'atout de la France, c'est la recherche. Il faut que les industriels s'engagent'', explique Loïc de Poix, président de MPO, rappelant la création, début 2010, d'un consortium composé d'industriels et d'instituts de recherche destiné à améliorer la fabrication et le rendement des cellules photovoltaïques. Thierry Miremont, DG de Photowatt, partage cet avis : ''notre puissance de feu, c'est la R&D. Si la guerre des prix est perdue sur la partie assemblage, nous pouvons avoir une vraie valeur sur la chaîne, en aval et en amont (fabrication de wafer, de cellules, engineering…)''.

Si Arnaud Mine, du SER, croit lui aussi aux possibilités de ''créer une industrie française avec le développement des nouvelles technologies'', pour celui-ci, ''il faut un volume de marché minimum en France. Avec un objectif annuel de 500 MW dans le photovoltaïque (ndlr : chiffre avancé par le gouvernement lors de la concertation), on ne crée pas une industrie. Un gigawatt, c'est le minimum''. Thierry Miremont craint lui aussi ''que les chiffres annoncés jettent un froid sur l'industrie française. Mais si la France reste bloquée à 500 MW, nous irons chercher les marchés ailleurs''.

L'export, c'est le pari que fait le groupe CNIM, spécialisé dans les ensembles industriels : ''nous travaillons sur le solaire thermodynamique. Cette technologie n'est pas destinée au marché français car elle nécessite un rayonnement direct. Nous avons une véritable carte à jouer : c'est une énergie naissante, moins de 2 GW sont installés aujourd'hui dans le monde''.

La success story portugaise mise en avant

La preuve que c'est possible, c'est ce que semblait vouloir dire le SER en invitant à sa tribune Carlos Pimenta, l'ancien secrétaire d'Etat portugais à l'environnement. Celui-ci a raconté avec enthousiasme la success story des énergies renouvelables au Portugal : ''en 2010, les énergies renouvelables ont contribué à 53 % de l'électricité consommée, grâce notamment au fort développement des éoliennes''. En cinq ans, le Portugal a multiplié par sept sa production d'énergie éolienne, l'hydroélectricité, le solaire et l'énergie de la houle ont également connu une forte croissance. Le pays entend également se doter d'un réseau national de stations de chargement de batteries pour véhicules électriques. Vingt-cinq municipalités se seraient déjà lancé dans leur développement.

Résultat : ''des emplois ont été créés dans la construction des machines et dans la maintenance mais aussi dans des métiers de haute technicité comme la prévision du vent, la gestion de réseaux intelligents. Il y a désormais un important réseau d'entreprises portugaises dans ces secteurs, qui travaillent dans le monde entier''.

Réactions1 réaction à cet article

 

Enfin l’inertie fait son travail juste une réaction physique nous en phase de restitution, mais dans ce cas nous parlerons de perte de temps.

pigeon | 03 février 2011 à 17h55
 
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