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Conférence environnementale : identifier les impacts de la transition écologique sur les emplois

Une table ronde sera consacrée aux évolutions des emplois liées à la transition écologique, que ce soit le verdissement des métiers traditionnels ou les transferts d'emplois entre secteurs en déclin et éco-activités émergentes.

Gouvernance  |    |  Sophie FabrégatActu-Environnement.com
Conférence environnementale : identifier les impacts de la transition écologique sur les emplois

"La transition écologique apparaît comme un changement de modèle économique global, s'exprimant par des changements de modèles d'organisation, de production et de consommation pour la société toute entière", explique le document préparatoire de la table ronde Emplois et transition écologique de la Conférence environnementale, qui se déroulera les 20 et 21 septembre. "Tous les secteurs et domaines d'activités sont impactés, bien au-delà de ce qu'il est convenu d'appeler « l'économie verte »".

Le chantier qui sera lancé par cette table ronde est de longue haleine. Il s'inscrit dans la continuité du "plan national pour l'adaptation des emplois et des métiers à une économie verte", initié dans la foulée du Grenelle de l'environnement et piloté par le Commissariat général au développement durable (CGDD).

Des mutations plutôt que de nouveaux métiers

Des travaux ont déjà été menés dans onze domaines d'activités : agriculture et forêts, automobile, biodiversité-services écologiques, énergies renouvelables, eau-assainissement-déchets-air, métiers du bâtiment, systèmes éco-électriques, métiers de la mer, raffinage-carburants-chimie verte, tourisme, transports. Ils ont permis de dresser un constat : peu d'emplois "nouveaux" seront créés dans ces secteurs, il s'agira plutôt d'une "mutation à organiser de tous les emplois (les contextes et les gestes professionnels seront modifiés ou bouleversés par le développement durable : éco-concevoir, éco-construire, éco-gérer...)", souligne le ministère de l'Ecologie.

 
L'évolution des formations initiales La question de l'évolution des référentiels des formations initiales se situe au carrefour de deux tables-rondes : évolution des métiers et éducation à l'environnement.
Le Cereq est chargé d'établir un état des lieux de la prise en compte, par les différents certificateurs publics, des mutations induites par la transition dans les référentiels de diplôme, en formation initiale ou continue.
Dans un premier temps, sera passée au crible l'offre de diplôme de l'enseignement professionnel et technologique de l'Education nationale. L'Enseignement supérieur devrait suivre.
 
Parallèlement, un Observatoire national des emplois et métiers de l'économie verte a été créé pour identifier les éco-activités pourvoyeuses d'emplois à l'avenir, et les bassins d'activité concernés. L'Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) a été associée à ces travaux. Des expérimentations ont été menées dans plusieurs régions volontaires (Nord-Pas-de-Calais, Alsace, Corse, La Réunion) pour poser les conditions du développement des emplois de l'économie verte en région, disposer des qualifications nécessaires et promouvoir ces métiers.

Secteurs traditionnels : comment engager la transition ?

Pour approfondir ces travaux, le Centre d'études et de recherches sur les qualifications (Cereq) a été mandaté en février dernier par le CGDD pour analyser l'impact des problématiques environnementales sur les métiers et les formations. L'objectif : poser un diagnostic et identifier les actions à mener. Ces travaux portent sur les éco-activités mais aussi sur les secteurs traditionnels. En effet, nombreux sont ceux qui vont devoir évoluer, au fil des réglementations et politiques environnementales. Le cas le plus connu est celui du BTP, mais bien d'autres secteurs vont devoir s'adapter.

Dans le cadre du plan national pour l'adaptation des métiers, des études ont déjà été menées sur le verdissement du commerce et de la distribution, des secteurs de la banque, de la finance et de l'assurance… En partenariat avec l'Association pour la formation professionnelle des adultes (Afpa), le Cereq va développer "des méthodologies permettant d'analyser les besoins en nouvelles compétences des professions verdissantes et d'étudier la dynamique à l'œuvre dans le champ de la formation continue".

De même, il étudiera les stratégies de diffusion des nouveaux savoirs ou compétences au sein des entreprises, organisations professionnelles et organismes de formation. "L'objectif est d'accélérer le processus de verdissement de l'économie. Nous allons identifier les dispositifs qui fonctionnent et qui pourront être reproduits dans certains secteurs", explique Chantal Labruyère, chargée de mission au Cereq. Car une fois le diagnostic posé, c'est la partie la plus complexe qui débute. Les résultats modestes de l'initiative Feebat, visant à doter les professionnels du bâtiment des nouvelles compétences, le montrent.

Eco-activités : identifier les reconversions possibles

Les éco-activités constituent également un vivier d'emplois. Elles représentaient en 2011 près de 455.600 emplois, soit 6,7% de plus qu'en 2010 (en progression de 4,6% en moyenne par an depuis 2004). Trois secteurs, identifiés dans le cadre des travaux du Comité stratégique des éco-industries (Coséi), vont être passés au crible par le Cereq : les énergies marines renouvelables (EMR), l'éolien et les métiers de la mesure et de l'instrumentation. "Il s'agit de mener une réflexion autour du transfert de main d'œuvre avec les secteurs en déclins, qui pourraient présenter des proximités de qualification avec ces filières émergentes. Le tout, avec une approche territoriale, puisqu'il s'agit aussi de redynamiser les bassins d'emplois en difficulté", explique Chantal Labruyère. Par exemple, pour les EMR, les travaux cibleront la région Bretagne, qui affiche un fort potentiel de développement et compte déjà des projets industriels, notamment dans l'éolien offshore et l'énergie hydrolienne. Sur l'éolien, deux ou trois territoires à fort potentiel, comme la Picardie, vont être étudiés.

"Le troisième sujet d'étude est plus complexe : il ne s'agit pas d'une activité en soit ou d'un secteur économique mais plutôt d'un métier transversal, identifié par le Coséi. Avec les réglementations environnementales, de nombreux secteurs sont ou seront concernés par ces métiers : qualité de l'eau, de l'air, pollutions…".

En parallèle, le CGDD et la délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle (DGEFP) vont lancer des travaux sur les transférabilités professionnelles au sein des bassins d'emplois entre métiers des filières traditionnelles et métiers de l'économie verte. "Nous devons nous rencontrer prochainement pour articuler nos travaux", indique Chantal Labruyère.

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