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Quand l'audiovisuel passe au vert…

Audiens, TF1, France 5, l'ADEME, la DRIRE et la Commission du film d'Ile-de-France ont présenté le 28 avril à la presse et aux professionnels de l'audiovisuel le projet Ecoprod. L'idée : avoir des productions plus respectueuses de l'environnement.

Gouvernance  |    |  Sophie Fabrégat Actu-Environnement.com
   
Quand l'audiovisuel passe au vert…
   
La série américaine 24 heures chrono est citée en exemple… Celle-ci serait en effet la première production télé à afficher un bilan carbone neutre. Pour la saison 7, l'équipe de production a réussi à réduire de 43 % ses émissions de carbone, sur les 2.179 tonnes équivalent carbone émises par le programme. Pour parvenir à ce résultat, économies d'énergie, de transport et autres matières (papier…) ont été décidées. La compensation carbone se charge des émissions restantes. Le héros Jack Bauer serait-il donc vert, troquant son irremplaçable véhicule tout terrain par une voiture hybride ? Les partenaires de la démarche Ecoprod semblaient dans l'affirmative le 28 avril dernier. Nos confrères anglo-saxons sont beaucoup plus en avance que nous, constatait Christine Oberdorff, journaliste pour Ushuaia TV. Nous devons lancer à notre tour une petite révolution verte dans le monde de l'image.
Audiens, TF1, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (ADEME), la direction régionale de l'industrie, de la recherche et de l'environnement Ile-de-France (DRIRE) et la Commission du film d'Ile-de-France se sont donc réunis pour tenter de relever eux aussi ce défi : développer des productions audiovisuelles plus respectueuses de l'environnement.

Un secteur énergivore

Une étude qualitative menée en 2009 en région PACA a permis de mieux cerner l'impact environnemental des tournages. Si chaque production est différente et a donc un impact plus ou moins important, quatre sources relativement énergivores ont été identifiées : les transports de personnel et de matériels, la production et la consommation d'électricité, les décors et la table de régie. Le fonctionnement et les besoins de chaque type de production-publicité, cinéma, télévision, documentaires- sont différents et donc les impacts et les solutions vont aussi être différents (plus ou moins de personnel et de matériel et donc plus ou moins de transport, de consommation d'énergie et de production de déchets), conclut l'étude collective.

Certains acteurs ont décidé d'aller plus loin en analysant précisément leur impact. C'est le cas de TF1 qui a réalisé en 2007 un bilan carbone. Conclusions ? L'impact premier concerne l'équipement technologique, note Gilles Maugars, directeur technique et des systèmes d'information de la chaîne. Autrement dit, le téléviseur des téléspectateurs ! Mais le groupe ne se dédouane pas pour autant : nous travaillons sur la baisse de la consommation d'énergie des téléviseurs éteints et allumés avec les fabricants, explique le professionnel, avant d'ajouter : le deuxième poste nous concerne directement : c'est la fabrication des programmes. Même constat chez France 5 qui s'est engagé également dans un bilan carbone. Depuis dix ans, nos programmes sensibilisent au développement durable. Petit à petit, nous avons souhaité appliquer les principes du DD en interne : économies d'énergie, de papier… Nous avons souhaité aller plus loin en réalisant un bilan de nos émissions carbone.

Le dire et le faire…

Car le débat est bien là : TF1 et France Télévision ont un rôle de sensibilisation au développement durable auprès du public. Mais pour être cohérents avec ce message, nous devons nous préoccuper du poids environnemental de nos programmes, analyse Gilles Maugars.
Ou comment mettre en symbiose le dire et le faire ? résume Valérie Martin, responsable communication de l'ADEME. Quand on développe des programmes sur l'environnement, il y a un devoir de mettre en cohérence les paroles et les actes. Avec un petit temps de retard, le secteur de la communication commence à s'engager dans une démarche développement durable. De plus en plus de medias s'engagent dans une démarche carbone.
Pour Corinne Rufet, présidente de la Commission du film d'Ile-de-France, il y a une véritable conscientisation individuelle mais pas collective. Il y a un vrai déficit d'organisation.

Proposer des solutions aux productions

Selon Pascal Tomasini, directeur de la production de la série télévisée Plus belle la vie, à l'occasion du millième épisode, nous nous sommes posé la question de notre impact environnemental. Résultat : 70.000 litres d'essence et plus d'un million de kWh consommés. Pour limiter la consommation carburant, nous avons pris contact avec les constructeurs : les véhicules propres n'existent pas pour l'instant. Pour le poste électricité, nous ne savons pas quoi faire. Réduire la lumière ? On se heurte alors à un problème artistique. L'alternative n'existe pas aujourd'hui. Il faut que les fournisseurs nous en proposent. On ne sait pas quel levier actionner.
D'où l'intérêt du projet Ecoprod qui vise à proposer des solutions adaptées aux différentes situations : la démarche d'Ecoprod passe par les très grandes entreprises, en particulier les diffuseurs, et les toutes petites. Nous allons développer des outils pour tous. Nous devons proposer des solutions économiquement attractives car il n'y a pas de solution durable sans incidence sur l'organisation et l'économie de la production, explique Olivier René Veillon, directeur général de la Commission du film Ile-de-France.
Le site Internet du projet 1 devrait proposer à terme un centre de ressources axé sur quatre volets : le partage des bonnes pratiques, le développement de solutions techniques et organisationnelles, un outil d'aide à la décision et une partie formation et sensibilisation.
Ecoprod a d'ores et déjà entamé des démarches pour proposer des solutions. Par exemple, des discussions ont été entamées pour qu'EDF mette à disposition des productions des branchements forains pour remplacer les groupes électrogènes souvent utilisés et très énergivores.

Réactions1 réaction à cet article

 
La première vraiment ?

Ca fait tout de même 3 saisons que Yann Arthus-Bertrand annonce avoir fait le bilan carbone de ses documentaires "Vu du Ciel" sur France 2 et les compenser avec différents projets via son association Good Planet.
Même annonce quant à son film à venir

L'idée semble un peu réchauffée (même si indispensable)

grégoire | 07 mai 2009 à 20h51
 
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