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Eolien : l'Ademe encourage le maillage du territoire

L'Ademe propose un outil de cartographie du potentiel éolien local. Le but est de permettre aux collectivités d'intégrer l'éolien dans leur politique. L'enjeu est important, car le foisonnement permet de se passer de centrales thermiques de soutien.

Energie  |    |  Philippe ColletActu-Environnement.com

Le 4 mai, l'Agence de l'environnement et de la maîtrise de l'énergie (Ademe) a fait un point sur l'éolien et ses perspectives en France. A cette occasion, elle a présenté un outil permettant de cartographier le potentiel local, afin d'accompagner les collectivités territoriales dans la mise en œuvre de leur politique énergétique et leur planification territoriale à moyen et court termes. Le développement éolien à cette échelle semble particulièrement important aux yeux de l'Ademe, car elle insiste sur le fait qu'au niveau régional, le réseau électrique n'a aucune difficulté à intégrer la production éolienne. Le foisonnement des sites de production et les capacités d'anticipation du gestionnaire de réseau ne nécessitent pas la création de centrales thermiques en soutien, insiste l'Ademe.

L'outil de cartographie de la ressource éolienne se présente sous la forme d'un site internet qui permet d'évaluer le potentiel local à partir d'une carte de France. Il présente les vitesses des vents à différentes hauteurs et des indicateurs permettant de quantifier les variabilités de court et de long termes. Il est notamment possible d'obtenir pour chaque site un tableau du potentiel de production d'une éolienne de 1 mégawatt (MW) selon six hauteurs de rotor (de 60 à 120 m, par paliers de 20 m) et trois toilages (faible, moyen et fort).

A l'échelle régionale, la production est lissée

Par ailleurs, alors que les opposants insistent sur l'intermittence de l'éolien, l'avis de l'Ademe souligne son caractère "prévisible et gérable". L'Agence rappelle que le gestionnaire de réseau de transport anticipe la production éolienne à court terme pour l'intégrer efficacement. "Même si le vent local peut être difficile à prévoir, l'expérience du gestionnaire de réseau montre qu'à l'échelle régionale se produit un effet de lissage des variabilités de la production, appelé foisonnement", rappelle l'Ademe. Aujourd'hui, le foisonnement permet une précision suffisante pour assurer une bonne gestion de l'équilibre entre l'offre et la demande d'électricité. D'après les données RTE, "l'erreur de prévision de la veille pour le lendemain restera inférieure, au moins jusqu'à 2020, à l'erreur de prévision de la demande d'électricité", explique la note.

En conséquence, l'agence estime qu'au stade de développement actuel, la production éolienne "ne nécessite pas de centrales thermiques de réserve supplémentaires". La question ne devrait pas se poser tant que la capacité éolienne installée ne dépasse pas 20.000 MW. Fin 2015, la puissance totale raccordée au réseau français est de l'ordre de 10.300 MW. En outre, l'Agence rappelle que des solutions de gestion de l'équilibre offre/demande permettront de limiter le recours aux centrales thermiques d'appoint. Elle mise en particulier sur les smart grids qui apporteront de la flexibilité grâce aux possibilités d'effacement des consommations aux heures de pointe.

Pour rappel, l'arrêté relatif aux objectifs de développement des énergies renouvelables (EnR) publié le 26 avril fixe un plafond de puissance installée de 15.000 MW pour fin 2018 et un plafond compris entre 21.800 MW et 26.000 MW d'éolien terrestre à horizon 2023. Quant à l'objectif pour l'éolien en mer, il est plafonné à 500 MW pour 2018 et à 3.000 MW pour 2023.

Plus globalement, l'avis défend le "bilan environnementale largement positif" de l'éolien, grâce en particulier à ses "très faibles" émissions de gaz à effet de serre (GES) et autres polluants atmosphériques. Les émissions de CO2 sont évaluées à 12,7 grammes par kilowattheure (gCO2/kWh) pour le parc installé en France, contre 82 gCO2/kWh pour l'ensemble du mix électrique national. Avec un coût de production de l'ordre de 70 euros par mégawattheure (MWh) sur 20 ans, les machines actuelles affichent "une compétitivité croissante". Quant aux impacts sur les espèces, le bruit et les paysages, ils "font l'objet d'études et d'une réglementation qui permettent de les maîtriser et de les réduire", explique l'Agence. Autre point positif : "La filière éolienne dans son ensemble est créatrice de valeur ajoutée, d'emplois locaux et d'innovations techniques et sociales", estime l'Ademe, expliquant que plus de 10.000 emplois directs et un chiffre d'affaires à l'exportation d'environ un milliard d'euros par an sont en jeu.

Réactions7 réactions à cet article

 

Une fois encore on voit les esprits uniquement préoccupés de production électrique ignorer tous les dommages causés aux sites naturels ou culturels .
Répartir autoritairement plus de 15000 éoliennes revient à dénaturer les paysages pour une production dont on peut douter qu'elle atteigne les chiffres avancés par un organisme inféodé à cette industrie .Rappelons en outre que l'électricité ne fournit qu'un quart de l'énergie que nous consommons .
l'opposition est nette entre ceux qui s'inquiètent du patrimoine (-par ailleurs source de revenus considérables :le tourisme est la première source de devises )-et ceux qui n'ont aucune sensibilité dans ce domaine .

sirius | 13 mai 2016 à 19h40
 
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L'argument du foisonnement est totalement fallacieux : sur un territoire aussi grand que la France, la production éolienne peut varier de 80% à 20% de la puissance installée en moins d'une heure (statistiques ERDF). Alors, au niveau régional... Le recours au thermique est donc inévitable en cas de proportion importante. Il faut arrêter de prendre les consommateurs pour des prunes ! On n'a pas besoin en France d'éolien.
Les postures de l'ADEME, organisme d'état, sont inadmissibles : les 12 g CO2/kWh affichés pour les éoliennes ne prennent pas en compte le CO2 des thermiques mis en place pour pallier les intermittences de l'éolien ! Et surtout, le kWh éolien coûte 3 fois plus cher que le kWh moyen ERDF : c'est le consommateur qui paye la différence !
Ah ! Et les oiseaux tronçonnés par les pales n'ont qu'à lire la réglementation. Et les emplois créés...faut-il vraiment s'en vanter... combien de milliards d'euros partis en importation d'éoliennes ?

dmg | 14 mai 2016 à 21h55
 
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Ce que l'on désigne ici par l'euphémisme de " foisonnement " peut se dire plus simplement " prolifération ."

sirius | 14 mai 2016 à 22h11
 
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Très bon article, merci.

Stéphane | 16 mai 2016 à 11h41
 
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Cet article est très clair.

Ceux qui s'obstinent à ne pas comprendre, et qui attaquent le messager parce que le message ne correspond pas à ce qu'ils veulent entendre, ne sont pas honnêtes.

Un seul exemple : le coût du nucléaire grimpera en flèche, que ce soit par l'entretien des centrales actuelles vieillissantes ou la construction (on a vu ce que cela donne) de nouvelles, ou encore le stockage des déchets, question non résolue (et dire que l'anti éolien s'obstine à reprocher à l'éolien son bloc de béton de fondation !).

Oui donc, l'éolien devient compétitif. Que cela heurte certaines préconceptions, soit, ça n'en est pas moins vrai.

Et sur les centrales thermiques, vous en avez vu construire depuis qu'il y a 10 Gw d'éolien ? Le réseau s'est-il effondré ? Votre discours ne tient pas, même si vous le maintenez au nez de tous les professionnels qui travaillent sur le sujet chaque jour.

Vive l'éolien fait de manière responsable, en synergie avec notamment l'effacement, les autres enr et les économies d'énergie.

krakatoe | 17 mai 2016 à 09h33
 
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Un grand merci à l'ADEME pour nous ouvrir des voies novatrices et qui nous redonnent espoir dans un pays étouffé et gangrené par la technocratie nucléocrate au regard de notre politique énergétique. Le seul argument qui reste aux anti-éoliens est celui des paysages, mais rappelons que la tour Eiffel a soulevé les mêmes cris d'orfraie à son époque et que les paysage n'existent pas en soi, ils sont le produit anthropique de chaque époque et il nous appartient de ne pas manquer cette nouvelle étape du renouvelable. Etre contre l'éolien c'est être pour le nucléaire, il n'y a pas d'alternative, souhaitons que nos 58 réacteurs rafistolés tiennent bon, car en France en cas d'accident majeur qui jouerait le rôle de "liquidateur" ? actuellement c'est le grand silence mais je suis sûr que tous nos chantres du nucléaires se porteraient volontaires pour ne pas laisser à d'autres ce qui moralement doit leur revenir.

Raisonnable | 17 mai 2016 à 16h35
 
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"en France en cas d'accident majeur qui jouerait le rôle de liquidateur?" EDF a réussi à en trouver en 1959 à St Laurent des eaux lors de la 1ere fusion du coeur d'un réacteur le lendemain de la visite du Gal de Gaulle le 16 octobre 1969 (accident niveau 4, les Américains et les Russes n’ont rien inventé avec Three Miles Island et Tchernobyl!) mais personne ne sait ce qu'ils sont devenus. EDF s'est bien gardée de communiquer, d'autant plus que St Laurent a remis ça, à cause d’une pièce rouillée (fusion du cœur encore niveau 4 le 13 mars 1980) et rejet de plutonium dans la Loire. Merci pour les voisins, et leurs terrains contaminés pour qq siècles !
Outre le prix faramineux du Nucléaire (dont nous n'avons encore payé qu'une partie, le reste est largement à venir) il fait planer au-dessus de chaque Français le risque de devoir déménager pour quelques dizaines d'années (et pas la peine de compter sur votre assurance pour vous rembourser, le risque nucléaire est exclus, pas fous les assureurs!). Alors, de l'éolien à 60€ /MWh au lieu de l'EPR à 120 € (+ assurance + déchets + démantèlement + recherche actuellement payés par nos impôts), il n'y a pas photo !
Comme le reconnaît le directeur de l'IRSN , on n’est pas à l’abri d’un accident majeur !

430 Milliards par réacteur | 18 mai 2016 à 15h08
 
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