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Voici pourquoi l'éolien contribuera durablement à la vitalité des territoires

La production d'énergie éolienne progresse. Julien Suillerot, directeur des projets pour RES Group, en France, dresse un panorama de la création de richesses rendue possible au sein des territoires. Une belle démonstration de croissance verte !

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Environnement & Technique N°359 Cet article a été publié dans Environnement & Technique n°359
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Si la France n'a pas de gisement fossile ou si peu… elle a une bien belle idée, celle de réaliser son potentiel éolien, le 2ème en Europe. Certes, le mouvement est progressif, mais avec 21,1 TWh produits en 2015, le pays se place au 4ème rang des pays européens producteurs d'électricité éolienne. Cela représente plus de 5 % de la production électrique annuelle et jusqu'à 17% de pénétration instantanée dans le mix énergétique français (bilan RTE). Et les perspectives de croissance sont bonnes...

Ce que rapporte un parc éolien à la collectivité

Avec l'éolien, la collectivité perçoit des revenus à plusieurs niveaux. Le volet fiscal permet de rémunérer les échelons territoriaux : le “bloc communal” (communes + communauté de communes), le département et la région. Le bouquet fiscal se compose comme suit :

• Cotisation Foncière des Entreprises (CFE), reversée à 100% au bloc communal.
• Cotisation sur la Valeur Ajoutée des Entreprises (CVAE), reversée à 27% au bloc communal, à 48% au département et à 25% à la région. Elle dépend de l'exploitation du parc.
• Imposition Forfaitaire sur les Entreprises de Réseaux (IFER), reversée à 70% au bloc communal et à 30% au département. Son montant dépend du nombre de MW installés.
• Taxe foncière sur les propriétés bâties, plus anecdotique quant à son montant.

D'une façon générale, le bloc communal reçoit du centre des impôts départemental de l'ordre de 7.000 euros par MW installé par an. Il en va ainsi pour le département également. Pour information, les éoliennes installées actuellement en France ont une puissance de 2 à 3 MW.

La location des terrains est une source de revenus supplémentaire. Elle est perçue par la commune, s'il s'agit d'un terrain communal, ou par le propriétaire du terrain, s'il s'agit d'un terrain privé. De l'ordre de 2.000 à 3.000 euros par MW et par an, sont ainsi versés.

L'énergie éolienne au service de l'emploi local

Outre les revenus financiers, l'implantation d'un projet éolien génère aussi un surcroît d'activité localement, et fait intervenir nombre de TPE et PME de proximité.

Cela concerne, par exemple, les travaux de terrassement, de VRD et la fourniture du béton qui font intervenir des entreprises d'implantation locale et régionale. Les sous-traitants locaux interviennent aussi sur le réseau électrique du parc, le raccordement au réseau public, l'infrastructure de collecte des données de fonctionnement et de production du parc.

En raison d'un cahier des charges strict et qualitatif qui s'impose aux développeurs de projets éoliens, la construction d'un parc fait appel à de nombreuses compétences. Ainsi, le réseau électrique haute tension d'un projet doit nécessairement être enterré. Il s'agit dans ce cas d'interventions à forte valeur ajoutée nécessitant une main d'œuvre qualifiée.

À titre d'exemple, le parc de 27 éoliennes des “Portes de la Côte-d'Or”, en Bourgogne, a nécessité la construction d'un réseau enterré de 80 kilomètres. Le coût d'un kilomètre revenant à environ 70.000­-80.000 euros HT, on comprend aisément l'importance des investissements réalisés localement.

Dans ce cas précis, la présence d'un industriel français à proximité a même permis de fabriquer les 27 mâts d'éoliennes dans la région. Une aubaine pour le tissu industriel local, dont l'exemplarité pourrait être reproduite partout en France, si le pays se dotait d'un politique industrielle en conséquence. Soulignons que la fabrication des turbines que nous installons en Europe provient en très grande proportion de l'Allemagne, du Danemark et de l'Espagne… La France a décidé de passer son tour dans ce domaine jusqu'à maintenant. Mais il n'est pas trop tard.

De plus, on peut imaginer que la valeur ajoutée française contenue dans les éoliennes installées à travers l'Europe est très certainement de l'ordre de 2 à 3% (cellules électriques, câbles, électronique de puissance, pilotage…). Etant donné les volumes en jeu, cela favorise l'équilibre de la balance commerciale française de l'éolien.

Une filière qui développe des compétences durablement

Les effets induits par la présence de parcs éoliens sur un territoire concernent également le développement de compétences spécifiques localement, ce qui constitue une richesse en soit et favorise la présence de travailleurs qualifiés à meilleur pouvoir d'achat.

Ce point spécifique est loin d'être anecdotique, d'autant que les turbiniers, les développeurs de projets et le tissu de PME locales, investissent dans la formation des équipiers nécessaires à leur activité. Cela se traduit par la création de groupements d'entreprises pro-actives en matière de formation, de partenariats avec les écoles et les organismes de formation au sein des territoires.

Si l'intensité en main d'oeuvre des projets éoliens est forte pendant la phase de construction d'un parc, elle est moindre durant la phase d'exploitation qui mobilise 4 à 5 personnes en roulement, soit un équivalent de 1 à 2 personnes à temps plein.

Toutefois, les opérateurs du secteur implantent souvent des bureaux dans les régions dynamiques en éolien, afin d'assurer un suivi de proximité des parcs. Les emplois créés sont qualifiés et concernent l'électricité, les machines tournantes, l'électromécanique, le pilotage des installations… Selon les activités concernées et les phases des projets, les territoires d'accueil enregistrent un regain d'activité dans les domaines de l'hôtellerie, de la restauration et de l'implantation de nouveaux foyers.

L'éolien, point de départ à la transition des territoires

Pour finir ce tour d'horizon de la dynamique créée par le développement de l'énergie éolienne en France, soulignons la valeur “symbole” de l'éolien au sein des territoires.

Emblématique d'une énergie propre et inépuisable, il est fréquent que les éoliennes éveillent les consciences localement. D'expérience, j'ai pu voir des élus, des territoires et leurs populations s'engager davantage sur le chemin du développement durable et devenir ambassadeurs de « leurs » parcs éoliens. Un nombre croissant d'activités touristiques (visites de sites, parcours pédestre et VTT autour des éoliennes…) se créent autour des parcs les plus dynamiques.

Incités financièrement par le ministère de l'Environnement à devenir un Territoire à Énergie Positive (TEPOS) ou un Territoire à Énergie Positive pour la Croissance Verte (TEP-CV), l'arrivée d'un parc éolien peut être suivi d'autres projets porteurs d'avenir : chaufferie au bois, réhabilitation des bâtiments publics, mise en place de circuits courts d'approvisionnement alimentaire…

Au-delà, de nombreuses collectivités, syndicats et régies d'électrification, ainsi que certains départements ou régions, ont décidé de prendre part à ce dynamisme en investissant dans des parcs éoliens. Ils favorisent par ce biais les retombées locales. Les partenariats « public-privé » tels que les SEM permettent de mettre en commun des compétences complémentaires au service des projets et du développement éolien.

Il est des hésitations qui disparaissent lorsque des réalisations concrètes sortent de terre… L'implantation réussie d'un parc éolien est un signal fort qui peut libérer les énergies des territoires en transition.

Avis d'expert proposé par Julien Suillerot, directeur des projets éoliens pour RES Group en France.

Réactions2 réactions à cet article

 

Tout çà avec l'argent du contribuable qui devrait être mieux utilisé par des entreprises franco-françaises nous installant des produits franco-français éco-défendables ne défigurant pas les paysages et surtout ne nuisant pas à la valeur immobilière des habitations et encore moins à la santé des riverains

Sagecol | 24 mai 2016 à 07h35
 
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En somme l'éolien serait la panacée , la corne d'abondance moderne ,le tableau est merveilleux . On se demande alors pourquoi il se trouve autant de particuliers et de mairies pour refuser ces trésors .
Quant à annoncer l'essor du tourisme près de machines de 150 m. de haut ,c'est, sur ce point au moins, prendre les gens pour des naïfs . Quel amateur de nature sauvage ,de calme ,de silence, de méditation ira marcher dans ces zones industrielles d'un nouveau type ?
On peut vouloir défendre son industrie ,il est raisonnable de ne pas aller au- delà du vraisemblable .

sirius | 24 mai 2016 à 20h38
 
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