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Éolien flottant : Floatgen n'a aucun impact fort sur l'environnement, selon Centrale Nantes et le CNRS

Floatgen est la première éolienne flottante installée dans les eaux françaises. L'École centrale Nantes a observé ses effets sur l'environnement marin depuis 2018. Elle ne relève aucun impact, hormis sur les mammifères marins et l'avifaune.

Biodiversité  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com
Éolien flottant : Floatgen n'a aucun impact fort sur l'environnement, selon Centrale Nantes et le CNRS

L'École centrale Nantes et le Laboratoire de recherche en hydrodynamique, énergétique et environnement atmosphérique (LHEEA) du CNRS ont publié, ce mardi 16 novembre, le premier rapport de suivi environnemental d'une éolienne flottante en France. L'étude a été menée durant trois ans, « de l'état initial du site à la phase d'installation des systèmes d'ancrage, au remorquage de l'éolienne sur site et à son raccordement au réseau électrique, puis pendant son exploitation et lors des opérations de maintenance », indique Centrale Nantes dans un communiqué. Son analyse couvre aussi bien l'impact physique de l'éolienne (notamment, au niveau acoustique) que biologique.

Premier suivi environnemental pour une éolienne flottante

L'éolienne suivie, nommée Floatgen, est un démonstrateur de 2 mégawatts (MW) développé par la société BW Ideol et géré par Centrale Nantes. Elle est installée à 20 kilomètres des côtes du Croisic (Loire-Atlantique) sur le site d'essais en mer multitechnologies (SEM-REV) d'un kilomètre carré de l'école nantaise. Connectée au réseau électrique, l'éolienne Floatgen produit de l'électricité depuis son installation en 2018. Elle sera démantelée en automne 2023 et un autre démonstrateur lui succèdera : l'éolienne flottante pyramidale de 5 MW d'Eolink.

« À ce jour, aucun effet ou impact fort n'a été relevé sur l'environnement marin parmi l'ensemble des domaines étudiés, atteste Centrale Nantes. De plus, aucun incident environnemental ni aucune pollution n'a été engendré, que ce soit dans les phases de travaux, d'exploitation ou de maintenance du démonstrateur. » Elle nuance néanmoins ces conclusions dans son rapport, avec quelques précisions.

Les impacts sur la biodiversité

Sur le plan acoustique, les travaux d'installation – en particulier, du fait du système de propulsion du navire d'installation – ont été à l'origine des « plus hauts niveaux de bruit » mesurés au cours du suivi. Lors de cette phase, les chercheurs ont observé une diminution de la fréquentation des mammifères marins, bien que « leur présence soit restée néanmoins quotidienne ». Durant la phase d'exploitation, les vibrations continues de l'éolienne n'ont eu qu'un « impact négligeable » sur la présence des espèces marines recensées, hormis pour le marsouin commun (Phocoena phocoena) et, plus légèrement, pour le petit rorqual (Balaenoptera acutorostrata).

 
Les communautés benthiques sont en bonne santé et dans un état similaire à l'état initial du site  
Les chercheurs de Centrale Nantes et du LHEEA
 
Concernant l'effet « récif » de l'éolienne, le rapport ne fait état que d'une seule espèce non indigène et invasive, « mais présente régionalement », repérée dans « un périmètre très circonscrit » : la crépidule (Crepidula fornicata). Une étude approfondie de la colonisation de la structure se poursuit. Néanmoins, après un an de suivi en 2019, les chercheurs affirment que les communautés benthiques (composés d'organismes marins vivant sur le fond marin) sont « en bonne santé et dans un état similaire à l'état initial du site ».

Douze cadavres d'oiseaux en deux ans

Enfin, en surface, douze oiseaux d'espèces diverses ont été retrouvés morts aux abords immédiats de l'éolienne, entre septembre 2018 et décembre 2020. La majorité d'entre eux sont des goélands (Larus sp.). « Le suivi est rendu délicat par les difficultés d'observation, l'ampleur des aires à étudier et les lacunes documentaires sur les risques de mortalité en domaine marin ou en présence d'une éolienne », confient les chercheurs. Ces derniers précisent qu'il n'existe aucun moyen d'évaluer la teneur de cette mortalité, mesurée seulement par recensement ponctuel de cadavres lors d'opérations de maintenance.

De plus, la cause du décès reste, pour chacun, indéterminée et peut résulter aussi bien d'une mort naturelle « du fait d'un effet refuge » de la structure, de « collision » ou de « piégeage », explique Centrale Nantes dans son rapport. Les chercheurs annoncent débuter dès maintenant des travaux d'analyse spécifiques à cette mortalité. Ils s'appuieront sur la mise en place d'un dispositif de détection de collisions et d'un protocole de recueil des cadavres. « Ces analyses sont indispensables et aucune piste ne peut être privilégiée à ce jour. »

Un rapport encore partiel

D'autres volets du rapport restent cependant incomplets. Le suivi des ressources halieutiques quantifiées sur le site du SEM-REV est « en cours de réalisation grâce au déploiement de prototypes de capteurs innovants ». Par ailleurs, les chercheurs attendent de mettre à jour leur étude en 2023, à la lumière du démantèlement de l'éolienne Floatgen. Pour finir, sur le volet paysager, ils ne proposent aucune analyse sociologique concernant l'acceptabilité des populations locales. Le rapport mentionne uniquement l'identification des « secteurs côtiers depuis lequel est visible l'éolienne » et d'une « confrontation », avec le public, entre la réalité visuelle sur place et des photomontages.

Réactions1 réaction à cet article

 

Dommage que le résumé en entête "hormis....."', soit chouia biaisé (deux cadavres d'oiseaux en 2 ans s'agissant de l'avifaune (si je lis correctement).
Mais cela a le mérite d'attirer le regard...et ce résultat est partiel.

BIP | 17 novembre 2021 à 20h19
 
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