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Éolien en mer : le consortium mené par EDF exploitera le premier parc de Centre Manche

Le ministère de la Transition énergétique a attribué l'appel d'offres « Centre Manche 1 » à EDF Renouvelables et sa partenaire canadienne. Ce parc éolien posé, prévu pour 2031 au large du Cotentin, aura une capacité d'un gigawatt.

Energie  |    |  F. Gouty
Éolien en mer : le consortium mené par EDF exploitera le premier parc de Centre Manche

Et de cinq pour EDF Renouvelables ! Ce lundi 27 mars, la filiale du géant français de l'électricité a été sélectionnée, en compagnie de sa partenaire Maple Power (1) , par le Gouvernement pour mener à bien un nouveau projet éolien en mer. Et pas n'importe lequel : avec une capacité d'un gigawatt (GW), il s'agira du parc offshore le plus puissant à ce jour en France.

Le premier parc offshore d'1 GW

Le futur parc d'Éoliennes en mer Manche Normandie (EMMN), la société de projet des lauréats de ce quatrième appel d'offres (AO4), se composera d'environ 60 à 70 turbines posées de 15 mégawatts (MW) chacune et se situera à 32 kilomètres des côtes, au nord-est de Barfleur (Manche). Il constituera le premier parc installé en zone économique exclusive (ZEE), en dehors de la mer territoriale. S'appuyant sur un investissement de deux milliards d'euros, sa construction débutera en 2026 ou 2027, pour une mise en service prévue en 2031 (contre 2028 ou 2029, prévu initialement).

Ce parc, surnommé « Centre Manche 1 », devrait être le premier d'une paire. Un autre appel d'offres (AO8), dont la procédure de mise en concurrence est toujours en cours, envisage l'installation d'un second parc d'1,5 GW, surnommé « Centre Manche 2 », dans la même zone. EDF Renouvelables et Maple Power, regroupées au sein de Cotentin Énergies Marines, sont là aussi en lice. L'attribution de ce second parc sera décidée courant 2024, pour une mise en service prévue en 2032.

L'avantage d'un prix imbattable

Le futur parc « Centre Manche 1 » est le cinquième parc éolien offshore attribué à un consortium mené par la filiale d'EDF. Cette dernière se charge déjà du nouveau parc au large de Saint-Nazaire (AO1, 480 MW) ainsi que d'une ferme flottante pilote (intitulée « Provence Grand Large » et située près de Port-Saint-Louis-du-Rhône), et développe actuellement les parcs de Fécamp (AO1, 497 MW), de Courseulles-sur-Mer (AO1, 448 MW) et de Dunkerque (AO3, 600 MW).

Ce succès, EDF semble le tenir d'une proposition tarifaire « très compétitive », a souligné Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, dans La Presse de la Manche. Le prix d'achat de l'électricité, garanti sur vingt ans, proposé par EDF Renouvelables et Maple Power a été fixé à 44,90 euros le mégawattheure (€/MWh), a précisé la ministre. Il est similaire au prix promis par EDF Renouvelables pour le futur parc de Dunkerque (environ 50 €/MWh) mais est largement inférieur au prix appliqué à celui de Saint-Nazaire (150 €/MWh).

Lancement d'une étude sur l'avifaune locale

En complément de l'attribution du projet « Centre Manche 1 », le gouvernement s'est également décidé à réaliser une étude, intitulée « Migratlane », sur l'impact de tels parcs sur les couloirs migratoires de l'avifaune au niveau de l'arc Manche-Atlantique. Dotée d'un budget de 11 millions d'euros sur quatre ans, elle sera pilotée par le nouvel observatoire de l'éolien en mer et ses conclusions seront « rendues publiques ». En parallèle, l'Ifremer et le CNRS s'attèlent actuellement à « établir l'état de l'art des connaissances scientifiques sur les effets des parcs éoliens en mer et de leurs raccordements sur les milieux marins et côtiers ».
D'autres critères ont joué dans la balance. Le consortium d'EDF Renouvelables s'est notamment engagé, à travers un partenariat avec la chambre de commerce et d'industrie de la région (CCI Normandie), à confier à des petites entreprises régionales au moins 10 % des prestations liées au développement et 6 % des besoins attachés à la construction. « Une première dans la réalisation d'un projet de cette nature », a affirmé la ministre. Cette dernière évoque par ailleurs d'autres promesses comme le recyclage des pâles, le recours à une part d'investissement participatif local et une contribution à un fonds de protection de la biodiversité.

Vers une accélération des mises en concurrence ?

L'attribution du parc éolien « Centre Manche 1 » n'est pas le seul dossier à avoir été traité en la matière par le Gouvernement. Le ministère de la Transition énergétique a notamment annoncé la publication, en avril prochain, du cahier des charges de l'AO5, correspondant au projet « Bretagne-Sud ». Cet appel d'offres doit mener à l'attribution d'un parc éolien flottant de 250 MW, à l'ouest de Belle-Île-en-Mer (Morbihan), avant la fin de l'année. Par ailleurs, le ministère a ouvert une consultation nationale jusqu'au 12 juin. Destinée aux parties prenantes, elle porte sur « l'accélération des procédures de mise en concurrence et sur l'évolution des modalités de soutien public aux parcs éoliens en mer ». Enfin, comme le prévoit la loi d'accélération pour les énergies renouvelables, une procédure de consultation publique sera « bientôt lancée » pour anticiper la répartition des futurs parcs éoliens en mer par façade maritime et mettre ainsi à jour les documents stratégiques (DSF) correspondants.

1. Maple Power est une entreprise-jointe de la société canadienne Enbridge et du CPPIB, l'Office d'investissement du régime de pensions du Canada. Implantée au Royaume-Uni, elle se voue à développer des projets éoliens en Europe.

Réactions1 réaction à cet article

Mais combien de temps les services d'EdF vont accepter de se tirer dans les pattes pour complaire à un schéma politique aberrant ?! Un GW au large de Flamanville, ça veut dire une modulation incessante des réacteurs pour absorber la production erratique du parc éolien, encore pire si le second parc est construit, sur la même zone donc avec le même vent (rendement moyen de 40%, entre 0 et 80% au mieux), d'où un surcoût non négligeable. De cela évidemment on ne tient pas compte ! Quant au tarif mirifique de 44 €/MWh... machines importées donc creusement du déficit commercial de la France, raccordement au réseau (câbles sous-marin, électronique de puissance), entretien (entreprises étrangères) et démantèlement (durée de vie du parc de 20 ans au mieux) non mentionnés... Ces 44 €/MWh sont in fine au mieux un surcoût net du courant produit sur le territoire. Et on n'améliore pas le bilan carbone de la France...

dmg | 28 mars 2023 à 09h46 Signaler un contenu inapproprié

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