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Éolien en mer : les mêmes inquiétudes persistent depuis onze ans, selon la CNDP

Intégration locale, impact environnemental, manque d'informations : les débats publics des projets éoliens en mer tournent toujours autour des mêmes questions, laissées sans réponse par l'État, rapporte la Commission nationale du débat public.

Energie  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com
Éolien en mer : les mêmes inquiétudes persistent depuis onze ans, selon la CNDP

A l'aune du raccordement du premier parc éolien en mer, au large de Saint-Nazaire l'an prochain, la Commission nationale du débat public (CNDP) a tiré le bilan des quatorze consultations ouvertes en la matière depuis 2010, auprès d'un total de 30 000 Français. Elle en a conclu une série d'enseignements servant « d'éclairage des débats en cours sur le développement de l'éolien, en particulier de l'éolien en mer », mais surtout un constat : en onze ans, les inquiétudes du public à l'égard de l'éolien en mer restent les mêmes.

Paysage et biodiversité, les deux grandes inconnues

Parmi les interrogations et arguments énoncés en faveur ou, surtout, en contestation de l'éolien en mer en onze ans, deux sont revenus dans chaque débat. Le premier concerne l'inquiétude du public sur les impacts environnementaux et paysagers des projets éoliens. La CNDP note, en matière paysagère par exemple, que les simulations visuelles ou photomontages présentés par les responsables de projets sont presque systématiquement contestés et forcent la Commission à recourir à des expertises alternatives. Quant aux enjeux environnementaux, ils sont perçus par le public comme un « objectif secondaire face à la transition énergétique », compte tenu du fait que les critères environnementaux des cahiers des charges ne sont pas discriminants dans la sélection du porteur de projet. « Il est frappant de constater que depuis onze ans, le constat est identique : la France ne dispose pas de données environnementales, en particulier concernant l'impact sur la faune, ni d'éléments d'éclairages qui permettraient d'intégrer les enjeux environnementaux dans le débat », souligne la CNDP.

 
La faisabilité des projets de parcs éoliens repose sur leur intégration territoriale  
CNDP
 
Le second point central d'inquiétude du public repose sur l'intégration locale de l'éolien offshore. Les participants aux débats demandent régulièrement des preuves et des engagements plutôt que des estimations sur les retombées locales en termes de développement de la filière industrielle (perspective d'emplois, de formation, etc.) mais aussi vis-à-vis de la pêche. « Les représentants des pêcheurs demandent systématiquement à être associés de manière privilégiée au choix de la zone, et à ce que les conditions pour pouvoir pêcher au milieu des parcs soient clarifiées et, si la pêche n'est pas autorisée, que des compensations soient envisagées, précise la CNDP. Cette demande de précision exprimée dès le premier débat public n'a jamais reçu de réponse de l'État. » De plus, le manque de planification et d'objectifs à long terme des zones ciblées exacerbent la confusion du public, ancrée sur le point suivant : « Contrairement à ce qui avait été dit par l'État, il n'a pas été attendu de tirer les enseignements de parcs expérimentaux pour lancer des projets d'ampleur industrielle et commerciale. » Selon la Commission, « la faisabilité des projets de parcs éoliens repose donc sur leur intégration territoriale ».

Pas de débat sans information ?

De ce constat, la CNDP retient aujourd'hui des enseignements vis-à-vis, surtout, de la participation du public et de l'information à sa disposition. Si la Commission salue la nouvelle exigence légale, prescrite par la loi Essoc depuis 2018, d'ouvrir le débat avant l'identification de la zone et la définition des caractéristiques du projet « lui redonnant tout son sens », elle recommande deux modifications de la procédure. D'une part, impliquer les parties prenantes au choix de la zone seulement après le débat : « À défaut, non seulement le public pourrait considérer que le débat est faussé puisque le choix de la zone a été discuté avant le débat, mais les parties prenantes pourraient s'opposer à l'éventuelle remise en question de leurs choix par le public », atteste la CNDP. Et d'autre part, débuter les démarches de présélection administrative des candidats également après le débat : « Même si cette démarche est purement administrative et n'engage pas les décisions futures, elle peut entraîner de nombreuses confusions et des questionnements chez le public. »

 
Comment améliorer l'acceptabilité de l'éolien, selon les Français ? Les enseignements de la Commission nationale du débat public (CNDP) sur l'éolien en mer reflète l'opinion actuelle des Français sur l'éolien au sens large, selon les résultats d'un récent sondage Harris Interactive commandé par l'Agence de la transition écologique (Ademe). Sur les 2 708 personnes de plus de 18 ans interrogées, 25 % d'entre elles appellent à réduire l'impact des éoliennes sur la biodiversité, 24 % à mieux les intégrer dans le paysage et 19 % à renforcer la consultation et l'information du public en amont afin d'améliorer l'acceptabilité de l'éolien à leurs yeux.
 
L'information délivrée au public, sur laquelle se basent les débats, est actuellement insuffisante, affirme par ailleurs la CNDP. « Le défaut d'information constant sur les données environnementales en particulier, mais également sur le bilan écologique et économique des projets de parcs éoliens en mer ne permettent pas au public de pleinement exercer ses droits. » Pour y remédier, la Commission propose donc à l'État de développer la recherche sur les milieux marins et les impacts environnementaux des parcs éoliens en mer, par la création de comités scientifiques spécifiques par zones ; et de former un groupement d'intérêt scientifique (déjà créé au plan local, notamment dans la Manche et pour les îles d'Yeu et de Noirmoutier, dans l'Atlantique) pour centraliser l'ensemble des données issues de tous les parcs. Elle insiste, qui plus est, sur la nécessité de mettre à disposition du public les informations suivantes, qui font actuellement défaut, avant l'ouverture du débat : les données environnementales existantes, un bilan écologique complet du projet, un bilan économique, ainsi qu'une position « claire » de l'État sur l'éolien et les projets en eux-mêmes.

Réactions15 réactions à cet article

 

L'énergie électrique doit être produite au plus près de la consommation !
les éoliennes en mer sont un désastre économique, les couts de construction et de maintenance sont multipliés par DEUX sans compter la forte corrosion de l'air marin ... Il faut produire au plus près des centres de consommation à cause des pertes énormes sur le réseau de distribution (30%), chaque village devrait avoir son éolienne comme il a son château d'eau !

En remplaçant chaque poteau Haute Tension par une éolienne (et en enterrant les lignes) on diminuerait les nuisances environnementales et on produirait autant que les centrales ... Nous avons besoin d'un mix énergétique et d'une autonomie la plus locale possible. On peut installer des éoliennes mais pas n'importe où et pas n'importe comment comme ça se fait actuellement ...
Des éoliennes en mer pour alimenter des radiateurs électriques l'hiver et des climatiseurs l'été est une insulte au bon sens et à l'écologie !

laurent | 11 octobre 2021 à 09h44
 
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Ce serait bien de trouver au 1re chose car humainement, pour les riverains, ce n'est pas une bonne solution. Pour les pêcheurs je l'ignore, mais c'est dommage de les pénaliser vu que déjà, ce n'est pas facile, concurrence, et ce sont des pêcheurs locaux, ceux qui nous restent! A se demander si les petites centrales atomiques ne sont pas une bonne solution, il y a bien les sous-marins et les porte-avion nucléaires, apparemment ça fonctionne.
Il y aura je pense bientôt e nouvelles solutions, et cette gabegie financière tombera... à l'eau !

28plouki | 11 octobre 2021 à 09h55
 
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Enfin un avis émis par une instance parlementaire ! Et qui pointe du doigt ce qu'on sait depuis hélas trop longtemps : les opérateurs éoliens se préoccupent comme d'une guigne du public et de l'utilité de leurs projets, leur seul objectif étant financier, aux antipodes par exemple des motivations des porteurs du projet électronucléaire des années 70-80, conçu dans l'urgence de la crise de 1973. Verra-t-on le gouvernement en tirer les conséquences qui s'imposent, à savoir l'arrêt de subventions indignes à ce secteur ? On peut hélas en douter, le respect du citoyen n'étant pas sa caractéristique première. Le risque étant évidemment la création de commissions genre Convention Citoyenne pour le Climat : un paravent bien pensant, et business as usual...

dmg | 11 octobre 2021 à 10h03
 
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J'ai toujours peur que des gens non natifs du coin, s'étant emparé gràce à leurs différences de ressources de la lande et des dunes pour bétonner la côte, intervenir dans ces choix d'éoliennes en mer, qu'ils commencent par rendre la lande à l'état d'origine avant de l'ouvrir.
Il est évident que les pêcheurs traditionnels, caseyeurs, lignards aient accès aux aires d'éoliennes, le chalut repoussé aux limites par défaut.
Ces 2 départements 44 et 85 bien que très riches maintenant sont très démunis du point de vue énergie, un régime de vent tellement fort qu'on ne construisait jamais à moins de 300m peut compenser en partie, mais il faudrait aussi des tarifs préférentiels pour les locaux.
Quid de la vision de ces oiseaux géants, ben si couleurs discrète, on ne distingue pas grand chose de la côte vu la distance de l'île d'yeu tout le temps cachée par la brume sauf par temps de pluie, il en sera de même pour les éoliennes.
Est-ce que nous avons manifesté contre toutes les horreurs des 60 dernières années qui ont défiguré Paris? C'est trop dommage qu'ils aient pu exporter leur mauvais goût chez-nous.

pemmore | 11 octobre 2021 à 10h37
 
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@Laurent. Chiche : suppression des lignes THT, une production et une consommation réellement locales : à quelle échelle de localité ? Des éoliennes de 200m de haut à la place des poteaux THT de 30m : un maillage du territoire très hétérogène. Et que fait-on en hiver les jours sans vent ? Batteries chinoises à 200 €/kWh ? Recours aux groupes électrogènes ou aux centrales à gaz interdit évidemment.

dmg | 11 octobre 2021 à 11h57
 
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@ dmg : pour produire 1 Kwh nucléaire il faut dépenser au total 2 Kwh donc arrêter l'énergie nucléaire nous fera faire de grosse économie d'énergie et des milliards d'euros d'économie ... la "meilleure" énergie c'est celle qu'on ne consomme pas, la sobriété est vitale, L'énergie du futur c'est la photosynthèse, elle est gratuite, c'est la plus éco-logique, la plus évidente et accessible à tous les pays ! pas d'eau pas de végétation pas de vie pas de climat : https://www.mediaterre.org/actu,20210526073739,1.html

laurent | 11 octobre 2021 à 12h14
 
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Éolien en montagne : les mêmes inquiétudes persistent depuis 15 ans, selon les rapports et conclusions motivées des commissaires d'enquête publique. Agriculteurs, producteurs locaux voient leurs terres préemptées; les communes pauvres qui ont bradés leurs terrains communaux à des industriels de l'éolien regrettent leurs décisions passées. Des ruraux de la montagne ne voient plus ni l'avenir de leurs enfants ici et n'ont plus d'illusion sur un soi-disant tourisme vert au pied des éoliennes.

DUC | 11 octobre 2021 à 15h35
 
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@Duc,
j'aime pas polémiquer sans m'intéresser, vu sur un site du jura une colonie d'éoliennes à la queue leu leu, déjà que c'est moche, , mais techniquement stupide, visiblement la chasse aux subventions, elle ne peuvent tourner normalement que dans un sens du vent, sans doute un jour sur deux, en montagne c'est un désastre surtout que du point de vue hydroélectrique vous êtes bien pourvus, cette recherche d'énergie n'est pas utile, chaque région doit être capable de se suffire sur le plan énergie verte.
Dans l'ouest de la France, contrairement à des légendes de mauvais goût notre ensoleillement est conséquent 2600h/an sur st hilaire de Riez, le régime des vents aussi, mais aucune ressource d'énergie, commencent à arriver des fermes solaires, les éoliennes terrestres visiblement tournent difficilement car le vent peut changer de sens sans arrêt et l'ajustement est bien trop lent.
Je vais même dire qu'en montagne il y a une donnée qui a été oubliée, les vents ne sont pas forcément horizontaux mais suivent l'angle de la montagne, les éoliennes à axe vertical tout en étant discrètes, auraient un bien meilleur rendement et tourneraient alors alors que celles à axe horizontal seraient à l'arrêt.

pemmore | 11 octobre 2021 à 18h20
 
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@Laurent. Je suis absolument d'accord : il faut d'abord se poser la question de l'énergie que l'on consomme ! Pour parler des rendements... Celui d'une éolienne est au mieux de 25% dans la veine d'air, qu'il faut ensuite pondérer par la vitesse du vent : en moyenne, c'est ainsi bien plus faible que ce que l'on extrait de l'uranium (métal qui ne peut guère servir à rien d'autre à part faire des quilles de bateaux, il n'y a donc pas de gaspillage ici), malgré je vous l'accorde un rendement de Carnot plutôt défavorable (pire que la facteur 2 que vous invoquez, c'est plutôt 35%). Il faut arrêter avec ces mantras qui ne mènent à rien !

dmg | 11 octobre 2021 à 19h14
 
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@Laurent
Vous êtes stupéfiant ! Reprenons :
une centrale thermique (nucléaire, au gaz, au charbon...) a un rendement fixé par les lois physiques d'environ 33 %, certes. Mais on ne gaspille pas les 2/3 non transformés en électricité, on les rend à la nature sous forme de chaleur fatale !
D'autre part, énergie consommée et PIB (donc niveau de vie) sont intimement liés : donc ne plus consommer d'énergie revient à retourner à l'âge des cavernes, et encore, avant la découverte du feu !
Le slogan de Negawatt : "le meilleur kWh est celui qu'on ne consomme pas" est donc totalement absurde. Car sans consommation, pas de richesse produite, donc retour à la préhistoire.

studer | 11 octobre 2021 à 23h45
 
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Je lis cet article et je relève "impact paysager", "cachez moi ce sein que je ne saurai voir" ... du moins que je ne saurai voir de mon jardin. On a toujours plus de convictions quand il s'agit de son propre environnement plutôt que de celui du voisin. Les 2kms de barres paysagères construites à la Gde Motte, est-ce qu'on y trouve parmi les vacanciers de ces mêmes opposants aux éoliennes?
Là où je suis surpris, c'est quand je lis que les enjeux environnementaux sont considérés par le public comme objectif secondaire face à la transition énergétique... ah bon? Mais justement, si le plus important est la transition énergétique, tout moyen pour y parvenir devrait être bon alors, non?
Oui, mais loin de mon jardin....
J'en profite pour rebondir sur l'éolien en montagne et l'illusion du tourisme vert qui va être déprécié par ces vilaines hélices... ici, dans le massif des Vosges, le tourisme vert commence fréquemment à 500m de la route des Crêtes, le temps de garer son SUV, après 10kms de montée à la queue leu leu depuis Guebwiller ou Sélestat, puis d'aller à la ferme auberge manger un sanglier aux airelles, faire une petite promenade digestive de 2-3 kms en forêt, histoire de bien piétiner partout, puis redescendre en plaine pour 17h, par convois de SUV..... avec ce type de rite, le touriste vert se tire tout seul une balle dans le pied, il n'a pas besoin d'hélices pour tout casser.

nimb | 12 octobre 2021 à 10h03
 
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voila 30 ans que les associations de protection de la nature réclament la négociation d'un schéma d'implantation des éoliennes, sans résultat. Quand on sait que depuis ce temps d'autres acteurs dans l'Energie carbonée et nucléaire font pression pour cette implantation se fasse au plus mal, on comprends mieux pourquoi ca se passe d'une manière aussi conflictuelle .

paco55 | 12 octobre 2021 à 10h10
 
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@ studer : évident pas d'énergie pas de vie ! je parle simplement de la surconsommation et donc du gaspillage, comme l'éclairage public qui reste allumé toute la nuit !

laurent | 12 octobre 2021 à 10h40
 
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@Nimb,
bien sur que les mêmes habitants des barres qui longent la côte de la corniche vendéenne au nord de notre dame de monts qui se sont emparés du paysage en lésant les habitants derrière, seront les premiers à hurler contre le champ d'éoliennes marines de l'île d'Yeu à l'île de Noirmoutier.
Voler un paysage à des voleurs de paysage, j'adore l'Idée.

pemmore | 12 octobre 2021 à 12h19
 
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@laurent
alors on est d'accord ! En plus de la lutte contre le "gaspi" qui ne date pas d'hier (mais qui doit être davantage réglementée), il y a la recherche de performances énergétiques meilleures, souvent avec une autre technologie ou l'introduction d'IA.

studer | 12 octobre 2021 à 12h26
 
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