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Éolien en mer : à Saint-Nazaire, le Premier ministre présente le futur de la filière

En visite sur le chantier du futur parc éolien au large de Saint-Nazaire, Jean Castex a annoncé le financement de nouveaux dispositifs d'étude de l'environnement marin ainsi qu'un nouveau parc offshore en Normandie.

Energie  |    |  Félix Gouty  |  Actu-Environnement.com

Le Premier ministre, Jean Castex, s'est rendu ce samedi 28 août en Loire-Atlantique pour constater l'avancée de la construction du parc éolien au large de Saint-Nazaire. Accompagné par Barbara Pompili, ministre de la Transition écologique, et Agnès Pannier-Runacher, ministre déléguée chargée de l'Industrie, il a en profité pour confirmer les objectifs en matière d'énergies renouvelables en France et délivrer des annonces majeures pour le secteur.

L'éolien en mer privilégié

Bientôt doté de 80 éoliennes posées de 6 mégawatts (MW) chacune, le parc éolien en mer de Saint-Nazaire sera le premier du genre opérationnel en France lors de sa mise en service l'an prochain. « La décarbonation de notre économie, c'est d'abord des décisions fortes et courageuses [mais] c'est aussi de la croissance et de l'activité » a déclaré le Premier ministre, lors d'un discours devant les gigantesques rotors entreposés à Saint-Nazaire. Il a en effet rappelé que la construction de ce parc éolien a déjà mobilisé, à lui seul, plus de 2 000 emplois en France, dont 1 200 dans la région Pays de la Loire, « premier pôle industriel français de cette nouvelle filière ».

 
L'éolien en mer est notre deuxième axe prioritaire de stratégie en matière d'énergies renouvelables.  
Jean Castex - Premier ministre
 
Et le Premier ministre d'ajouter : « l'éolien en mer est un atout écologique autant qu'un puissant facteur de réindustrialisation de notre pays ». En l'occurrence, le chef du Gouvernement a affirmé que le développement des parcs éoliens en mer constituait désormais le « deuxième axe prioritaire de stratégie en matière d'énergies renouvelables », devant l'éolien terrestre mais derrière le solaire. Les « vents sont plus forts et réguliers en mer que sur terre et les éoliennes sont plus grandes et plus puissantes », accentuant la production d'électricité, selon le Gouvernement. De plus, cerise sur le gâteau, le prix de l'électricité de l'éolien « offshore » (établi, en 2019, pour le futur parc de Dunkerque) serait arrêté à 44 euros le mégawatt heure (MWh) – contre 60 €/MWh pour l'éolien terrestre (et le solaire).

Un deuxième parc éolien offshore en Normandie

La mise en service du parc éolien en mer de Saint-Nazaire en 2022 n'est que le début. En tout, sept projets similaires ont déjà été attribués: à Saint-Brieuc, à Fécamp, à Courseulles-sur-Mer, au large de Dieppe, près des îles Yeu et Noirmoutier et, pour le dernier en date, non loin de Dunkerque. Ils comptabiliseront, au total, 3,6 GW de puissance raccordée. Quatre appels d'offre supplémentaires sont en cours pour : un parc éolien posé au large de Barfleur en Normandie, un parc éolien flottant au sud de la Bretagne, deux parcs éoliens flottants en Méditerranée et un parc éolien posé au large de l'Île d'Oléron. Ces projets devraient être achevés entre 2028 et 2030.

Lors de son déplacement, le Premier ministre a même annoncé le lancement prochain d'un nouvel appel d'offres pour un deuxième parc d'1 GW à Barfleur, dans la même zone que celle déjà sélectionnée à plus de 32 km des côtes normandes. « La zone identifiée lors du débat public [dans le cadre de l'appel d'offres pour le premier parc éolien à Barfleur] laisse un espace suffisant pour un second parc éolien », profitant ainsi d'une mutualisation partielle de raccordement, atteste le Gouvernement.

Une étude de l'environnement marin de la zone, dotée de « moyens additionnels importants », sera lancée prochainement, en parallèle d'une saisie de la Commission nationale du débat public (CNDP) pour consulter le public sur la question. Ce parc devrait être attribué aux alentours de 2023. « Le lancement d'un nouvel appel d'offre en Normandie permet de renforcer la visibilité pour cette filière industrielle, mais nous devons dès à présent préparer la suite en clarifiant les objectifs pour 2024 et les années suivantes » a toutefois réagi Jean-Louis Bal, président du Syndicat des énergies renouvelables (SER), dans un communiqué.

Vers un meilleur suivi de l'impact de l'éolien sur la biodiversité marine ?

Lors de leur visite à Saint-Nazaire, les ministres ont aussi présenté de nouvelles mesures concernant l'éolien en mer, notamment concernant son impact sur la biodiversité. Ainsi, le Gouvernement lancera « très vite » un nouveau programme d'études consacrées aux environnements marins, doté de 50 millions d'euros. Cette enveloppe comprend, par ailleurs, la création d'un nouvel Observatoire national de l'éolien en mer. À terme, celui-ci mettra à disposition « toute la synthèse des données scientifiques disponibles sur les effets de l'éolien en mer sur la biodiversité et les ressources halieutiques ».

Le Gouvernement a aussi saisi cette occasion pour dresser un état des lieux des études en cours – sans doute, en réponse à un récent rapport critique du Conseil national de protection de la nature (CNPN) à l'égard de l'éolien en mer. Le GT Ecume (groupe de travail sur les effets cumulés des projets d'énergies marines renouvelables sur l'environnement marin), mis en place en 2017, mène actuellement des travaux sur les effets cumulés des parcs éoliens en mer. Leurs résultats concernant l'éolien posé de la façade Manche Est-Mer du Nord seront disponibles, sous la forme d'une « méthode d'appréciation », fin 2023.

D'autre part, l'État réalise actuellement un suivi sur trois ans des oiseaux migrateurs terrestres et marins ainsi que des chiroptères en Golfe du Lion, en marge du débat public relatif aux prochains parcs en Méditerranée. En outre, de nouvelles campagnes aériennes de suivi des oiseaux et mammifères marins sont prévues à l'échelle des quatre façades maritimes de la France continentale.

Le futur des énergies renouvelables confirmé

Enfin, le Premier ministre a assuré le lancement, pour la période 2021-2026, de sept nouveaux appels d'offre annuels en matière d'énergies renouvelables au sens large. Ces derniers profiteront en tout de 19 milliards d'euros d'investissement sur les cinq prochaines années.

Ces appels d'offre, comptant pour une puissance totale de 25 à 57,6 GW supplémentaires, concernent :

- Deux volets de 1,85 GW chacun, de photovoltaïque (PV) au sol ;

- Deux volets de 1,85 GW chacun, d'éolien terrestre (susceptible d'augmenter dans le cadre d'éventuels opérations de repowering de parcs en fin de vie) ;

- Trois volets de 900 MW, chacun de PV sur bâtiment ;

- Trois volets de 150 MW chacun, de PV en autoconsommation ;

- 140 MW de « photovoltaïques innovants » ;

- 35 MW de petite hydroélectricité (à partir de 2023) ;

- Et 500 MW « technologiquement neutre » (ouvert à des projets solaires, éoliens ou d'hydroélectricité).

Les premières périodes de candidature s'ouvriront entre les mois d'octobre et de décembre 2021. La mise en œuvre de ces nouveaux projets devrait être mieux encadrée et simplifiée par les nouvelles mesures fixées par la loi « Climat et Résilience » récemment promulguée, a souligné le chef du Gouvernement. « Nous allons sans délai publier les décrets d'application à chaque fois qu'elle en prévoit (et) dont les effets vont s'échelonner au fil des prochains mois et années. »

Réactions6 réactions à cet article

 

L'éolien en mer ne sera jamais rentable, les couts d'installation et de maintenance sont au moins le double des couts sur terre ...
L'électricité doit être produite au plus prêt des centres de consommation, il y a énormément de pertes dans le transport.
Pourquoi ne pas remplacer les poteaux à haute tension par des éoliennes ?

laurent | 31 août 2021 à 09h25
 
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L'éolien ne participe pas à la décarbonation de notre énergie puisqu'il vient contractuellement en substitution d'une électricité déjà décarbonée, stable, pilotable, bon marché. Le discours du 1er ministre est odieux qui cache la réalité : l'éolien n'est qu'une bulle financière, les écolos et les gaziers sont en train de mettre le pays à plat et sous la botte de Poutine. Que fera-t-on quand moitié de nos sources d'électricité ne seront plus pilotables ou dépendront d'importations ?! Que fera-t-on quand les tarifs auront doublé ou triplé, avec des millions de personnes en précarité énergétique ?!

dmg | 31 août 2021 à 09h35
 
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Scandaleux, pauvre Castex !
Prétendre que l'éolien est lié à la décarbonation de notre économie (ou plutôt de notre électricité) est un mensonge éhonté, car l'électricité française est DEJA décarbonée puisque produite par des centrales hydrauliques et nucléaires.
Prétendre que l'éolien est un "atout de réindustrialisation de notre pays" est un 2ème mensonge, car les composants principaux des machines sont fabriqués hors de France, avec des matériaux critiques (terres rares) pour lesquels la Chine a le quasi monopole.
Tout au plus nos entreprise se contentent de la logistique (supports, implantation en mer...). Enfin les emplois correspondant sont des CDD : en effet les éoliennes fonctionnent sans personnel, seule la période de construction de quelques mois nécessite de la main d'œuvre ; dès qu'on arrêtera l'installation d'éoliennes, l'emploi chutera quasiment à zéro.
Mais tout cela coûte un "pognon de dingue" pour subventionner des installations à partir d'argent public, en faveur d'entreprises privées essentiellement d'origine étrangère.
Un scandale.

studer | 31 août 2021 à 10h03
 
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Les prix de 44 €/MWh cité par Castex pour le parc de Dunkerque (et non celui de St Nazaire) est exceptionnel car le site est très particulier (fonds marins peu profonds, proximité de la côte etc.). Il fait illusion quand on sait que le prix du MWh nucléaire est autour de 42 à 55 €, et que le marché actuel dépasse les 50 €.
Mais il y a deux omissions majeures qui démontrent la manipulation de l'opinion :
- Castex ne cite pas les 20 €/MWh supplémentaires liés au raccordement électrique des éoliennes au réseau, pris en charge par la taxe TURPE, c'est à dire par les factures des consommateurs !!
- Castex ne dit pas que cette électricité éolienne est "impropre à la consommation" puisqu'elle est "intermittente" c'est à dire produite indépendamment des besoins par le vent, et qu'on sait que l'électricité ne se stocke pas.
Castex fait donc plaisir aux écolos politiques (EELV, Pompili) qui sont des antinucléaires intégristes, à l'approche des élections, au détriment des citoyens qui croient financer ces installation pour le bien du climat, et même "à l'insu de leur plein gré" dans des conditions avantageuses.
Il est temps de sortir de cette mascarade.

studer | 31 août 2021 à 10h16
 
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Les prix de 44 €/MWh cité par Castex pour le parc de Dunkerque (et non celui de St Nazaire) est exceptionnel car le site est très particulier (fonds marins peu profonds, proximité de la côte etc.). Il fait illusion quand on sait que le prix du MWh nucléaire est autour de 42 à 55 €, et que le marché actuel dépasse les 50 €.
Mais il y a deux omissions majeures qui démontrent la manipulation de l'opinion :
- Castex ne cite pas les 20 €/MWh supplémentaires liés au raccordement électrique des éoliennes au réseau, pris en charge par la taxe TURPE, c'est à dire par les factures des consommateurs !!
- Castex ne dit pas que cette électricité éolienne est "impropre à la consommation" puisqu'elle est "intermittente" c'est à dire produite indépendamment des besoins par le vent, et qu'on sait que l'électricité ne se stocke pas.
Castex fait donc plaisir aux écolos politiques (EELV, Pompili) qui sont des antinucléaires intégristes, à l'approche des élections, au détriment des citoyens qui croient financer ces installation pour le bien du climat, et même "à l'insu de leur plein gré" dans des conditions avantageuses.
Il est temps de sortir de cette mascarade.

studer | 31 août 2021 à 10h47
 
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Mais quelle catastrophe ! Le lobby gazier n'en finit pas de financer les politiciens européens et français pour qu'ils soutiennent l'éolien ... évidemment pour vendre du gaz, car pour chaque kWh d'électricité éolienne, ils vendent automatiquement 4 kWh d'électricité au gaz.
Les conséquences : une enquête publique qui a totalmeent ignoré les objections des habitants. Il ne servait à rien dans ce cas de faire une enquête pblique. C'eût été plus clair. Des méthodes de mafieux. Avec Iberdrola (et Cosa Nostra) derrière Ailes marines, on ne pouvait pas espérer d'autre résultat. A lire : https://www.cairn.info/revue-securite-globale-2020-4-page-129.html

MR | 10 septembre 2021 à 21h01
 
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